Bloc notes, La Commune n° 123

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Macron, président des 5 % des ménages les plus riches

Un Français sur 10 perçoit des minima sociaux : revenu de solidarité active (RSA), prime d’activité, allocation spécifique de solidarité (ASS) pour les chômeurs, minimum vieillesse (ASPA).

Le gouvernement envisage de tous les fusionner en un seul et même revenu universel d’activité (RUA) ; à l’origine, même les allocations pour le logement (APL) et l’allocation aux adultes handicapés (AAH) y étaient intégrées, ce à quoi le gouvernement a, pour l’instant renoncé (eh oui, même la bourgeoisie était alors impactée !). La loi sur le RUA est en cours de discussion sera promulguée en fin d’année.

Sous couvert de simplification pour favoriser le recours à ces minima, c’est la baisse des montants de ces minimas qui est bien évidemment en ligne de mire. Comme pour les retraites, il y aurait de nouveaux bénéficiaires (les jeunes) mais à ce jour aucune simulation n’est disponible et le mécanisme d’indexation reste inconnu !

L’étude de l’Observatoire des conjonctures économiques (OFCE), présentée le 5 février 2020, porte sur les effets estimés des politiques fiscales et sociales du gouvernement Macron sur les ménages français. Le résultat est sans appel : Macron accroît les inégalités sociales.

Pour 2020, l’effet des politiques du gouvernement est négatif ou nul jusqu’à 1410 euros de revenu mensuel, seuil où il devient positif. L’effet cumulé sur 2018-2020 est tel que le niveau de vie des 5 % des ménages plus riches augmente de 2,6 % tandis que celui des 5 % des ménages les plus pauvres baisse de 2,1 % ! Traduit en euros, cela donne 2 950 euros de plus en moyenne pour les 5 % les plus riches et 240 euros en moins pour les 5 % les plus pauvres !

8 Mars, journée internationale des femmes travailleuses

Les pensions de retraite des femmes ne cessent de baisser par rapport à celles des hommes en France : en 2017, la retraite d’une femme était de 38,3% inférieure à celle d’un homme ; en 2019, ce chiffre est passé à 42% !

Ce 8 mars, nous lèverons très haut les poings contre la réforme des retraites, car les femmes sont celles qui en subiront le plus fortement les conséquences : augmentation de la féminisation de la pauvreté, de la précarité de leurs emplois et de la paupérisation des retraitées.

Les violences sexistes et sexuelles sont un des étendards du mouvement des femmes. Les violences sexuelles dans le sport montrent la vulnérabilité à laquelle sont exposé.e.s les femmes et les enfants. À chaque fois qu’une victime parle, d’autres cas surgissent par dizaines. Paniqués, les gouvernements décident d’en faire leur priorité : cela montre à quel point ce n’était pas le cas précédemment.

Christophe Ruggia, Roman Polanski et autres font partie du même problème. Ce n’est pas l’art, le cinéma ou l’opportunité qui est un problème : c’est le capitalisme et le patriarcat. En 2019, la France a enregistré une hausse de 12 % de violences sexuelles alors même que la politique de prévention du gouvernement reste toujours aussi indigente. Syndicats, partis politiques et associations doivent exiger un plan global avec budget, éducation sexuelle, prévention … cette question doit faire partie des programmes des candidats aux élections.

Le coronavirus tue … les gouvernements tuent l’hôpital public !

Alors que les gouvernements du monde entier nous demandent de ne pas paniquer en raison du coronavirus, la population reste la principale victime du système capitaliste qui fait de la santé une entreprise parmi d’autres. Si l’origine du virus reste une énigme, par contre on sait très bien quelles mesures les gouvernements n’ont pas prises. Ceux-là même qui préconisaient un système mondial de collecte et de surveillance des informations pour suivre les maladies infectieuses et leurs conséquences n’ont rien fait : pour les capitalistes, la prévention ne rapporte pas de bénéfices.

Tou.te.s les soignant.e.s ne cessent de le dire depuis des mois, voire des années : le système public de santé en France est au bord de l’explosion. Face à la demande de soins en hausse (21,4 millions de consultations annuelles aux urgences), les gouvernements successifs répondent par la fermeture des lits (de 17 500 depuis 2013 selon le ministère de la Santé à 64 000 entre 2013 et 2016 selon une enquête de Libération), la fermeture des services (en particulier les services d’urgences) et le manque de personnel (10 000 postes manquants pour les seules urgences, hors médecins).

Dans ces conditions, comment vont donc se faire la détection et le traitement du coronavirus ?



Rocío Uceda,
25 février 2020

Modifié le vendredi 20 mars 2020
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