Palestine : l’apartheid sioniste en action

Israël officialise en juillet 2018 sa politique d’apartheid. La jeunesse, loin de se soumettre à cette politique, se mobilise malgré une répression sauvage. Alors que la tourmente de la pandémie bat son plein, les sionistes continuent les destructions et expulsions. Et comme cela ne semble pas suffisant, l’état sioniste fait barrage aux soins pour le peuple palestinien.

Palestine : l’apartheid sioniste en action

La loi « Israël État nation du peuple juif » a été adoptée le 19 juillet 2018. Elle fait désormais partie des lois fondamentales de l’État sioniste, complétant la déclaration d’indépendance de 1948 et la loi de Jérusalem. Avec elle, l’hébreu devient la langue officielle et l’arabe une langue dotée d’un « statut spécial ». Nous sommes ainsi devant un État théocratique, un État composé de deux systèmes séparés : un premier pour la population juive, « favorisée », et un second pour les Arabes israéliens, les Druzes et les Palestiniens. Ceci fait officiellement d’Israël un régime d’apartheid fondé sur la suprématie juive. C’est la promotion d’une vision ethnicisante de la société.

Le texte de loi de l’ « État nation » contredit de façon très claire la déclaration d’indépendance de 1948. Celle-ci prévoyait une complète égalité des droits sociaux et politiques à tous les citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe, ainsi que la pleine liberté de conscience, de culte, d’éducation et de culture.

La finalité de la politique sioniste est de faire disparaître le peuple palestinien culturellement, historiquement et physiquement. Les services de renseignement israélien mènent une guerre contre les groupes qui ont encore la volonté de réaliser un travail social, culturel et académique ancré sur les valeurs et luttes anti-sionistes. Dès fin 2019, les renseignements sionistes ont mené une large campagne, pourchassant des centaines de jeunes, femmes, hommes en Palestine, à Jérusalem et à l’intérieur de la Ligne Verte. Des étudiantes de l’université Birzeit, dont Mays Aboo’Ghouch, Samah Jradate, puis Liane Kayed et Shadha Hassan au milieu de 2020, ou encore Muhammed Aboo-Ghouch et Jhirine al Araj en début 2021, ont été arrêté.e.s. Pendant toute cette période, des centaines de jeunes ont été interrogé.e.s et des dizaines ont été arraché.e.s à leur foyer. Certain.e.s détenu.e.s ont été présenté.e.s sous des prétextes fallacieux : Liane Kayed est accusée « d’activisme terroriste » pour avoir vendu des falafels pendant une manifestation du mouvement étudiant Al Qotb.

Détruire le droit de penser, de se mobiliser mais aussi détruire l’habitat pour forcer les Palestiniens à fuir.

Le village de Khirbet Humsach a été détruit une première fois en novembre 2020 quelques heures avant les élections nord-américaines. Alors que des activistes palestiniens avaient commencé à le reconstruire, les troupes sionistes ont débarqué tôt le matin du 2 février 2021, détruit définitivement les rares maisons encore debout et expulsé les derniers habitants palestiniens du village. En 2020, Israël a détruit au moins 847 habitations et déplacé plus d’un millier de villageois en pleine pandémie. 

Bien sûr, le Covid ne freine rien. Les Palestiniens sont empêchés, privés de soins. A ce jour, 80 % des lits hospitaliers de Gaza sont occupés par les patients Covid. A Hébron, l’armée israélienne a détruit un centre palestinien de dépistage du virus. Et si Netanyahu essaie de redorer son blason en vantant les chiffres d’habitants vaccinés, la vérité est que les Arabes israéliens y sont largement sous-représentés. « Le programme de vaccination contre le covid-19 dévoile une discrimination institutionnalisée qui définit la politique du gouvernement israélien vis-à-vis des Palestiniens », déclare Amnesty International.

Promu par l’impérialisme nord-américain, Israël continue d'élargir ses soutiens qui sont autant de coups de poignards dans le dos du peuple palestinien. Après les Émirats arabes unis et Bahreïn, le dernier exemple de « normalisation » des relations diplomatiques de l’État d’Israël est le « rapprochement » israélo-marocain. Rompues en 2002, les relations diplomatiques entre Rabat et Tel Aviv ont officiellement repris le 10 décembre 2020 En retour, l’administration Trump a reconnu quelques jours auparavant la totale souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental. Et cela, quel que soit le prix diplomatique et politique à payer devant le peuple sahraoui et le gouvernement algérien dont la population et la jeunesse sont en rébellion ouverte depuis deux ans.

Francis Charpentier
21 février 2021

Modifié le mercredi 24 mars 2021
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