Les faux départs de Sharon

PalestineAprès avoir annoncé que l'armée sioniste ferait évacuer les colonies de la bande de Gaza et avoir reçu, pour cela, les chaleureuses félicitations de tous les inspirateurs de la " feuille de route " du prétendu règlement du conflit opposant Israël au peuple palestinien, Sharon n'a eu aucun mal à convaincre tout ce beau monde et son opinion publique qu'il fallait respecter le calendrier religieux qui interdisait toute évacuation ou déménagement aux dates officialisées par le gouvernement israélien.Ainsi, les colons continuent à trôner en plein coeur de la bande de Gaza et menacent, à grand renfort de simagrées, de s'opposer à l'armée ou de mourir sur place, sachant très bien que leurs compères en uniforme n'appuieront jamais sur la gâchette. Pour compléter cette mise en scène qui se voudrait dramatique, et qui ne l'est que pour le peuple palestinien, le gouvernement de Jérusalem a rappelé : " l'armée ne doit pas oublier que les colons et nous formons une même famille ". En vue de désamorcer la remontée de colère palestinienne, il a été contraint de libérer 400 prisonniers palestiniens.

Les colonies s'étendent toujours

Dans le même temps, l'extension des constructions de bâtiments pour les implantations sionistes en Cisjordanie a reçu l'approbation explicite de Bush. Celui-ci a également salué une résolution qu'aurait approuvé Qorei, Premier ministre de l'Autorité palestinienne, et qui stipule qu'il " ne saurait y avoir d'accord sans respect lors des négociations éventuelles, de la ligne frontière dite de 1967, c'est-à-dire à la veille de la guerre des six jours ". Autrement dit, la ligne d'armistice définie en 1949 après la première guerre israélo-arabe.
Pour plus de précision, il convient de rappeler aux lecteurs que le peuple palestinien a vécu depuis 1947, veille de l'indépendance sioniste, sur un territoire en peau de chagrin. Le plan de partage de l'ONU lui octroyait un territoire inférieur de moitié à celui où il vivait avant. La guerre de 48-49 lui a fait per­dre encore un bon quart de qui lui avait été attribué, et celle de 1967 a entraîné l'occupation totale par l'armée israélienne de ce qui restait, c'est-à-dire la Cisjordanie et Gaza. Et depuis les accords d'Oslo de 1993, les implantations des colonies, en principe interdites par lesdits accords, ont proliféré au point de former un territoire continu profondément enfoncé en Cisjordanie en particulier, et servi de prétexte pour englober sans cesse de nouveaux espaces à l'intérieur du Mur de la Honte dont l'édification va bon train.

Concessions d'un côté ...

La particularité de la situation, c'est l'arrêt momentané des attentats-suicides (pour combien de temps ?), ce qui représente une vraie concession du côté palestinien, et la multiplication des paroles lénifiantes et des promesses du côté du gouvernement sioniste. En clair, l'objectif de Sharon est de gagner du temps pour gagner de l'espace. Et les échéances des législatives palestiniennes de juillet prochain sont, elles aussi menacées d'ajournement, mais pour une autre raison : la direction officielle de l'OLP craint une claque électorale plus importante encore que celle qu'elle a subie aux récentes municipales qui ont vu le Hamas évincer l'OLP de nombreuses communes. C'est aussi ce qui fait le plus peur à Sharon et à ses alliés, qu'ils soient d'extrême droite ou so­ciaux-­démocrates, puisqu'Israël est le seul État au monde où cohabitent les deux types de partis au sein d'un même gouvernement.

... Provocations de l'autre

Chercher à exaspérer, par une attente sans cesse prolongée, les Palestiniens qui ne voient rien venir, et générer ensuite chez eux une flambée de colère accompagnée de violence qui fournira le prétexte à la fois pour renforcer la répression dans les Territoires occupés et annuler la promesse du retrait en arguant que les efforts auront été unilatéraux, voilà un autre objectif de Sharon. Et en profiter pour remettre une couche de ciment sur la truelle du Mur et sur les nouvelles constructions en Cisjordanie, tel est un autre calcul du responsable du massacre de Sabra et Chatila. Nombreux sont les amis du peuple palestinien qui ont compris que la Cisjordanie est pour Sharon un objectif de conquête définitive pour lequel il serait prêt à abandonner Gaza, mais plus nombreux qu'avant sont ceux qui voient qu'il n'a pas non plus l'intention d'abandonner Gaza. C'est la fameuse expression " avoir le beurre et l'argent du beurre " qui s'applique ici. l'hypocrisie des gouvernements du Quartet (États-Unis, Grande-Bretagne, France, ONU et Russie), leur entêtement à faire semblant de discerner des gestes de bonne volonté chez l'État sioniste, n'en sont que plus insupportables.
Modifié le lundi 20 juin 2005
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