Chronique d'un sanglant apartheid

PalestineDurant ce mois de décembre, la répression sioniste dirigée contre la résistance palestinienne a atteint une intensité considérable. A la politique de destruction massive du printemps dernier à Jénine et autres lieux (opération " près de chez vous ") s'est substitué un long étranglement des Palestiniens dans leur vie quotidienne.

De la Cisjordanie

En témoigne éloquemment la situation de la bourgade de Beit Fourik dont Le Monde du 11 décembre nous rapporte qu'elle est encastrée entre des colonies, à 6 kilomètres de Naplouse, au coeur de la Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967 et théoriquement sous le contrôle de l'Autorité palestinienne selon les défunts accords d'Oslo de 1993.

l'approvisionnement en eau potable a été interrompu, les Israéliens ayant coupé le conduit en provenance de Naplouse. Les 11 000 habitants de Beit Fourik en sont réduits à attendre le secours d'une organisation humanitaire, USAID, qui fournit des citernes en plastique après avoir obtenu difficilement un permis de circuler auprès de l'armée. Les trois-quarts des enfants n'ont plus d'instituteurs, ceux-ci étant retenus à Naplouse et placés en incapacité de tout déplacement. 60 à 70% de la population active est au chômage, du fait de l'interdiction pour les travailleurs, non seulement de se rendre en Israël, mais même à l'intérieur de la Cisjordanie. 1 100 villageois autrefois employés dans l'un ou l'autre des territoires sont ainsi réduits à la misère la plus noire avec l'équivalent d'un euro par jour (seuil de pauvreté absolue selon les critères des organisations économiques officielles). Précisons que les colonies incrustées partout ont le monopole des panneaux indicateurs, ce qui fait que la présence géographique des Palestiniens est carrément niée. Naplouse est indiquée sur les panneaux, mais sous son nom hébreux.

A la bande de Gaza

Déplaçons-nous au sud, dans un autre territoire : la bande de Gaza, également occupée depuis 1967, séparée de la Cisjordanie par Israël, ce qui renforce encore son aspect de bantoustan surpeuplé (une des plus fortes densités de population au monde) est truffée de colonies ultra-protégées. Dans l'une des principales bourgades palestiniennes, Khan Yunnes, le 12 décembre, cinq travailleurs palestiniens devenus chômeurs pour les mêmes raisons que ceux de Beit Fourik, ont voulu franchir le mur qu'Israël a dressé à la lisière de son Etat. Ils l'ont fait dans l'espoir de trouver un travail en territoire sioniste. Ils étaient 2 frères et 3 cousins âgés de 20 à 32 ans. Un char sioniste les a pris pour cible et les a tous abattus.

Selon un témoin, l'une des 5 victimes, moins touchée que les autres, a survécu de longues heures avant de mourir, l'armée refusant l'arrivée des ambulances et lui interdisant toute chance d'être sauvée. Et ces crimes contre l'Humanité, toujours impunis, sont quotidiens.

Crimes et humiliations répétés

Israël pousse le vice et l'esprit de méthode anti-palestinien jusqu'à confisquer les camions d'aide fournis par la très officielle " commission européenne pour la bande de Gaza et la Cisjordanie ", privant ainsi la population de médicaments et de nourriture, privant également les fonctionnaires palestiniens du versement de leur salaire. Les Israéliens doivent 700 millions d'euros aux Palestiniens à ce titre, et ils les conservent par devers eux. Il s'agit d'une attitude tout à fait semblable a celle de Bush vis-à-vis du peuple irakien. l'aide des pays arabes a baissé en 11 mois de 55 à 11 millions d'euros, l'Autorité palestinienne ne paie plus ses fonctionnaires.

Sharon le boucher et son gouvernement empêchent l'organisation d'élections dans les Territoires occupés, ne fût-ce que par le couvre-feu et les interdictions de déplacement qu'ils imposent, bloquant tout arrivée d'observateurs surveillant le déroulement de ces élections hypothétiques. La grande échéance officielle, le 28 janvier 2003, date des élections en Israël, met en suspens la moindre respiration du moindre individu, et ce avec le silence complice des gouvernements prétendant oeuvrer à une " solution équitable ". C'en est assez, et il est clair que la question du Moyen-Orient, avec son double volet irakien et palestinien, va connaître des phases chaotiques sans commune mesure avec ce qui a déjà eu lieu ce dernier demi-siècle.
Modifié le vendredi 24 juin 2005
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