Les Ouïghours : un peuple en danger de mort

Les Ouïghours : un peuple en danger de mort

Les Ouïghours sont un peuple turcophone, à majorité musulmane sunnite, habitant la région autonome ouïghoure du Xinjiang en Chine. Réprimés durant tout le XXe siècle, les Ouïghours sont désormais les victimes de ce qu'il faut appeler un génocide, mis en oeuvre méthodiquement par le gouvernement chinois, sous prétexte de lutte contre le terrorisme islamiste.

Rappel historique : de la République du Turkestan au « problème » ouïghour

En 1933, la République islamique du Turkestan oriental est proclamée à Kachgar ; en février 1934, elle est détruite. 1944 voit naître une seconde république du Turkestan. Cela dure cinq années jusqu’en 1949 avec la fuite du Kuomintang à Taïwan et la déclaration de la République populaire de Chine.

Plusieurs révoltes émaillent ces dernières décennies. En avril 1990, un soulèvement a lieu dans la ville d’Akto. La répression est féroce ; les troupes chinoises tirent dans la foule et font 60 morts. En 1997, une nouvelle révolte est matée encore plus sévèrement : 167 morts.

Depuis les attentats de 2001, le gouvernement chinois a un motif tout trouvé pour justifier la répression organisée contre le peuple ouïghour. Prenant le prétexte de faire la chasse à des groupuscules terroristes, le peuple ouïghour devient la cible des exactions des forces de maintien de l’ordre chinoises.

La répression organisée suit de très près l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, secrétaire général du Parti Communiste Chinois en 2012 et président de la République de Chine en 2013. Mais c’est en 2016 que la politique d’internement et de répression commence vraiment, avec l’arrivée de Chen Quanguo. Celui-ci, après s’être fait la main au Tibet. accède alors au poste de secrétaire du Parti Communiste au Xinjiang. Dans la plus pure tradition du régime de Pékin, il met en place une série de mesures coercitives afin de venir à bout du « problème » ouïghour.

Des camps « d’apprentissage »

Comme savent parfaitement faire les autorités chinoises, sont ouverts des camps dits de formation sous couvert d’apporter aux Ouïghours des connaissances nouvelles. Un million de détenus sont passés par ces centres qui ne sont que des lieux de torture, d’endoctrinement et de mort. Les conditions de détention sont plus proches de camps de concentration que de « lieux d’étude », comme les décrit le gouvernement chinois. Les camps sont surveillés par des caméras quel que soit le lieu où se trouvent les prisonniers.

Les femmes ouïghoures, objets de toutes les attentions

Les femmes ouïghoures paient un lourd tribu à la folie meurtrière de Pékin. Elles sont, comme les hommes, enfermées dans les camps où elles vivent des conditions de détention iniques. Tursunay Ziyawwudun témoigne à la BBC des expériences traumatisantes lors des neuf mois passés dans un camp de détention. Elle se rappelle des incursions discrètes de gardiens et d’hommes extérieurs au camp. Ils pénétraient dans les cellules des femmes pour les violer loin des caméras ou les vendre à ces hommes. Tursunay en a malheureusement fait la triste expérience.

Dans ces mêmes camps, des femmes subissent une stérilisation forcée. L’une d’elles a déclaré à la télévision française qu’une substance lui avait été injectée à plusieurs reprises par des médecins dans une prison de l’ouest du Xinjiang. Après les injections, les femmes n’avaient plus leurs règles. Des femmes ont pu témoigner que, pendant leurs incarcérations, elles ont été forcées d’avorter de leurs bébés. Stérilisations et avortements forcés permettent à Pékin de contrôler la croissance naturelle d’une population qui représente 1 % de la population totale de la Chine ; une façon de réduire à néant le peuple ouïghour.

Des enfants volés à leurs parents

Après avoir emprisonné les parents, l’État chinois « prend en charge » leurs enfants. Considérés comme orphelins virtuels, ils sont enfermés pour être reformatés dès le jardin d’enfants à apprendre le mandarin, à dénoncer leurs familles et à oublier la langue des parents.

Ces violences politiques extrêmes perpétrées par les autorités chinoises contre les Ouïghours sont organisées, planifiées et témoignent d’une véritable intention de détruire le peuple ouïghour.

Le silence de la communauté internationale laisse peu d’espoir pour l’avenir des Ouïghours. L’empire du milieu n’est pas à sa première expérience dans la destruction d’un peuple. Il a, avec la complicité des dirigeants du monde entier, les coudées franches pour aller au bout de ce qui ressemble à un génocide.

30 mai 2021

Modifié le mercredi 30 juin 2021
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