Renault-Flins : le retour des OS

Industrie automobileLa question des salaires est au coeur des revendications dans toutes les entreprises. Le 10 mars dernier, 170 000 métallos, chiffre donné par la CGT, étaient en grève pour, en particulier, l'augmentation des salaires, ainsi que contre la remise en cause des acquis.
Entretien avec Éric, ouvrier sur les chaînes de Renault-Flins, syndicaliste CGT, et, en encart, tract diffusé lors de la manifestation du 10 mars par les ouvriers en grève de Peugeot-Citroën Aulnay.
La Commune : "Quelle est aujourd'hui la situation sur le site de Renault-Flins ?"

Éric : " Il y a trois ans, la direction a revu complètement la grille de classification de tout le personnel. Par exemple, moi, j'ai été embauché en 1993 au coefficient 175, soit au salaire de base d'environ 1200 €. À l'époque de mon embauche, au bout de 18 mois d'ancienneté, tu devenais en général P1 CS (professionnel au maximum du coefficient). Or, depuis trois ans, a été mis en place un nouvel accord permettant au patron d'embaucher, pour ce niveau, avec un CAP minimum, là où il n'y avait pas besoin jusqu'alors de qualification et de diplôme. Conséquence : ces jeunes embauchés finiront, au mieux, à 185 de coefficient et resteront pratiquement toute leur carrière à P1 CS.

" À mon époque, nous avions quand même l'espoir d'avoir un déroulement de carrière, de sortir un jour de la chaîne. Pour les nouveaux embauchés depuis 2001, l'horizon est désormais limité aux seules chaînes de montage.


Un recul de 20 ans

" C'est un recul de 20 ans en arrière. En effet, après la grande grève des OS de 1984, les ouvriers avaient obtenu un déroulement de carrière plus favorable qui leur donnait, comme je l'ai dit, l'espoir de sortir des chaînes. Aujourd'hui, la direction a remis en cause cet acquis obtenu de haute lutte.

" C'est, à Renault-Flins et sur tout le groupe Renault, le retour au système des OS.

" J'ai un chef d'équipe qui est P1 CS, alors que les anciens chefs d'équipe ont un statut d'employé, avec des coefficients de 240, 260, 280, etc.

" Les déroulements de carrière des années 70 sont terminés. La baisse des niveaux d'embauche en termes de coefficients touche ainsi toutes les catégories, de l'ouvrier à l'employé et même aux cadres.

" C'est la dernière trouvaille de la direction pour faire baisser le coût du travail, donc les salaires : un jeune embauché OS touche, au début, un salaire de base inférieur au SMIC !

" Pour les ouvriers de Flins, comme ailleurs, la préoccupation, c'est celle de l'augmentation du pouvoir d'achat, donc des salaires en tant que tels. Il faut savoir que mon salaire est aujourd'hui constitué pour 40 % de primes ! C'est pour cette raison que nous partageons l'état d'esprit général dans la métallurgie et le privé, que nous voulons l'augmentation conséquente, sérieuse, de nos salaires, et non un système de multiplication des primes données de manière aléatoire. "



Propos recueillis par Pedro Carrasquedo.

(à lire : "Peugeot-Citroën Aulnay en grève")
Modifié le mardi 21 juin 2005
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