Quels sont les obstacles ?

France26 millions de chômeurs dans l'UE
_ Selon les indicateurs Eurostat du 1er mars 2013, l'Union Européenne des 27 comptait plus de 26 millions de chômeurs en janvier 2013 - contre 16 millions en janvier 2008 - le chômage atteignant des taux record en Grèce (27,0 %), en Espagne (26,2 %), au Portugal (17,6 %), en Irlande (14,7 %) ou en Italie (11,7 %).

En France, 1 000 nouveaux chômeurs par jour !
_ La situation est la même en France où le chômage a augmenté de plus de 10 % en un an pour atteindre le chiffre de 5,7 millions de chômeurs inscrits à Pôle-Emploi. Le taux de chômage s'élève à 10,6 % de la population active et à 26,9 % pour les jeunes de moins de 25 ans. A en juger par la liste des annonces de fermetures d'usines et des liquidations d'emplois, la situation n'est pas prête de s'améliorer : PSA (8 000 postes supprimés dont 3 000 à Aulnay avec fermeture du site, 1 400 à Rennes ainsi que 3 600 hors production) ; Goodyear (1 173 postes) ; Air France (5 000 postes) ; Texas Instrument (517 postes) ; SFR (856 postes) ; Alcatel-Lucent France (934 postes), etc. A cette liste, il faut ajouter les milliers de salariés qui se font jeter quotidiennement comme des malpropres. Avec en moyenne 1 000 nouveaux chômeurs par jour depuis avril 2012, il est urgentissime que les syndicats se réclamant de la classe ouvrière organisent la riposte.

l'A.N.I., l'arbre qui cache la forêt
_ En réponse au chômage de masse, aux bas salaires et à la paupérisation, le remède miracle de certaines directions syndicales a pour nom ANI (Accord National Interprofessionnel). Cet accord scélérat, qui a été signé le 11 janvier 2013 par toutes les organisations patronales (MEDEF, CGPME et UPA) et par 3 confédérations syndicales (CFDT, CFTC et CGC) sur 5, sonne la poursuite et l'accélération de la casse du Code du travail. En effet, l'ANI crée des " accords de maintien dans l'emploi " qui permettent de licencier les salariés refusant de voir leur salaire baisser ou leur temps de travail augmenter, ou encore des " accords de mobilité interne " qui autorisent l'employeur à licencier le salarié pour motif personnel -et non plus économique !- si celui-ci refuse une mobilité interne, un changement de lieu ou de poste de travail.

Certes, les directions confédérales de la CGT et de FO ont refusé de signer l'ANI et ont appelé, avec la FSU et Solidaires, le 5 mars 2013, à manifester contre l'accord et sa traduction dans la loi. Mais cela ne suffit pas pour se démarquer des syndicats enclins à l'ANI. En participant activement pendant des mois aux " négociations ", les directions de la CGT et de FO ont légitimé et laissé oeuvrer gouvernement et patronat. Parce que la division des tâches a un sens pour les bureaucraties, dès le lendemain de la manifestation du 5 mars, FO ordonne à ses représentants de la fédération Métaux de signer (avec la CGC et la CFDT) l' " accord compétitivité Renault " qui n'est rien d'autre que l'ANI appliqué localement. l' " accord compétitivité Renault " c'est pour les salariés : 8 260 suppressions de postes d'ici fin 2016 ; une augmentation du temps de travail de 6,5 % par an ; un gel des salaires en 2013 (sans aucune garantie pour 2014 et 2015). En " contrepartie " de la saignée, la direction s'engage notamment à ne pas fermer de sites, à produire 710 000 véhicules en France (c'est le même volume de production qu'en 2008 !), et à revenir partiellement sur le caractère obligatoire des mobilités internes. En définitive, ce sont les actionnaires qui se frottent les mains : Carlos Ghosn a annoncé, grâce à cet accord, une " économie " de près de 400 millions d'euros par an !
_ l'axe des bureaucraties syndicales dirigées par le PS, le PCF, ses rejetons du Front de Gauche est celui défendu par la CFDT : réformisme et capitulation. En tout cas, il s'agit de soutenir les politiques gouvernementales et de servir les intérêts de la bourgeoisie.

Pour certains, l'échec de la convergence des luttes s'expliquerait par un manque de combativité des salariés, par des revendications qui seraient différentes d'un secteur à un autre, ou parce qu'il n'y aurait pas assez de vraies luttes, ce qui interdirait de songer à leur convergence. Ces explications sont autant de raccourcis qui permettent d'éviter de poser la seule question qui vaille : c'est la politique de capitulationdivision des bureaucraties syndicales qui est le principal obstacle à la convergence des luttes. Pourquoi donc recourir à des faux-fuyants et ne pas dire la vérité aux travailleurs ?
Modifié le dimanche 31 mars 2013
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