Produisons français, version 2011

version 2011 | Licenciements dans l'automobileDes milliers de suppressions de postes se préparent dans toute l'industrie automobile. La défense ouvrière
contre ces plans anti-ouvriers est dorénavant vitale. Comment combattre efficacement ? Un tract
massivement diffusé dans la région de Valenciennes appelle à la grève le 7 juillet prochain. Il indique :
" Sevelnord, Renault Douai, Française de Mécanique, MCA, Faurecia, Les syndicats CGT de Sta Ruitz,
Wagon, Visteon, Sieto, Peugeot UMV, Toyota, Thyssen Krupp,Inoplast, Wymetal, Lisi Automotive former,
Mercedes appellent à la mobilisation " Fort bien. Sur quelle orientation ?
La réponse est écrite noir sur blanc
: " qu'importe, il est possible dès
aujourd'hui, par la mobilisation,
d'imposer la fabrication d'un nouveau
véhicule pour que, dès 2013 et 2014, il
puisse être mis en fabrication. Ce sont
des milliers de suppressions de suppressions
d'emplois et licenciements
qui sont en jeu ! ".


Le tract se conclut : " Il nous faut
gagner la bataille de l'automobile ".
Comment ? Par la lutte contre les licenciements
? Par l'échelle mobile du
temps de travail ? Non. Par un nouveau
modèle de véhicule. La ligne de ce
tract, disons-le tout net, c'est
envoyer les ouvriers de l'automobile
dans le mur. La ligne de :
" pour la fabrication d'un nouveau
véhicule ", c'est, quels que soient
ses initiateurs rien d'autre que la
forme et le fond, à peine déguisés
du fameux " produisons français "
de sinistre mémoire.


Elle signifie : " avec un nouveau
véhicule, ça fera de l'emploi, ça
permettra de pérenniser les
actuels postes de travail et de
sauvegarder les sites ". Le PCF
(et la CGT) avaient ce mot d'ordre
dans les années 1980. C'est la
ligne du chauvinisme, du patriotisme
économique, du cocorico industriel. Et
ça n'est pas d'aujourd'hui!


Philippe Herzog, l'économiste du PCF
avait élaboré dans les années 80 cette
" issue nationale " consistant à " relancer
les productions, mobiliser les ressources
pour créer des emplois et des
richesses nouvelles ". Le fameux " produisons
français ".




Un nouveau août 1914



Outre que bien entendu, dans le cadre
de la crise internationale de
surproduction capitaliste cette orientation vient en aide aux bourgeoises nationales
en resserrant les rangs autour d'elles
face à la concurrence des voisins, elle a
" l'inconvénient " si l'on peut dire
d'organiser la concurrence, donc la
division des travailleurs entre eux. Si nos
camarades anticapitalistes d'Outre-Rhin
adoptaient la même ligne de " pour un
nouveau véhicule " BMW ou Mercedes,
ce serait une manière pour nous de
participer de la guerre économique. Un
août 1914 de l'automobile en quelque
sorte. Cette orientation n'est pas et ne
doit pas être la notre car elle désarme
les travailleurs.



Le Programme de transition indique :
" Le droit au travail est le seul droit
sérieux que l'ouvrier ait dans une société
fondée sur l'exploitation. Cependant,
ce droit lui est enlevé à chaque instant.
Contre le chômage, tant " structurel "
que " conjoncturel ", il est temps de lancer,
en même temps que le mot d'ordre
des travaux publics, celui de l'échelle
mobile des horaires de travail (...) Le
travail disponible doit être réparti entre
tous les ouvriers existants, et cette
répartition déterminera la longueur de la
journée de travail. Le salaire moyen de
chaque ouvrier reste le même qu'avec
l'ancienne semaine de travail
(...) "

Certes, le Programme de Transition de
Léon Trotsky n'est pas et ne doit pas
être le programme du NPA mais d'une
part il n'est pas interdit de s'y référer s'il
nous aide dans la lutte de classes
actuelle.




Deux axes



Loi d'interdiction des licenciements,
échelle mobile des heures de travail
sont les deux axes politiques qui répondent
sérieusement à la situation et eux
seuls doivent servir de socle à l'unité
syndicale.


Ajoutons que se prononcer pour
" un nouveau véhicule " ne suffit
pas d'un autre point de vue : il n'y
a de plus-value que de plus-value
réalisée. En clair, si la nouvelle
voiture n'est pas vendue, si celle
du concurrent est moins chère,
alors on retombe dans le même
problème : les suppressions
d'emplois. La crise capitaliste est
mondiale, comme la production et
le marché. Il n'y a pas de solution
locale, régionale et même
nationale à cette crise sur le terrain
" technique " ; seule l'action
ouvrière indépendante du patronat
et des gouvernements peut donner
la solution à l'arrêt des licenciements et
fermetures de sites. Le reste n'est que
rideau de fumée dressé par les
bureaucraties syndicales et leurs alliés.
En outre, cette histoire de nouveau
véhicule est une manière pernicieuse
d'accréditer la thèse que les patrons de
l'automobile s'y prennent mal, qu'ils ont
une mauvaise gestion de la crise et que
d'autres solutions de bonne gestion sont
possibles. C'est la ligne ou du moins
l'idéologie du PCF, directement ou
indirectement qui est ainsi répandue ; et
le premier besoin des travailleurs pour
gagner, c'est la clarté.



Pedro Carrasquedo

22 juin 2011





Modifié le lundi 05 septembre 2011
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