Pas un seul licenciement !

Plan « Power 8 » à AirbusLe Plan " Power 8 " tombe sur Airbus : 10 000 suppressions de postes sur les 55 000 que compte le groupe. Elles sont réparties ainsi : 4 300 en France, 3 700 en Allemagne, 400 en Espagne, 1 600 en Grande-Bretagne. Le même plan prévoit aussi des abandons de site : Saint-Nazaire en France, Lanpheim et Varel en Allemagne. Sans compter la cession à terme de sites tels que Méaulte en France, Filton en Grande-Bretagne, Nordenham en Allemagne. En pleine présidentielle, chacun y va de sa solution. Tour d'horizon.Il est de bon ton, à gauche comme à droite, de stigmatiser le rôle des actionnaires privés, tels Daimler-Chrysler pour l'Allemagne, Lagardère pour la France. Dont acte. Mais alors, pourquoi ne pas rappeler que c'est le gouvernement Jospin (Strauss-Kahn était ministre de l'Économie, Ségolène Royal et Marie-George Buffet étaient également ministres) qui a privatisé l'Aérospatiale qui donnera naissance à l'actuel Airbus ? A-t-on entendu Ségolène Royal ou Marie-George Buffet se vanter d'avoir créé en 2001 EADS, (maison-mère d'Airbus), vendue à l'actionnariat privé pour 80 % et donc de participation publique ultra-minoritaire ? Voilà décidément une drôle d'amnésie à l'heure du bilan.

Participation des ré­gions ?

Pendant que Sarkozy déclare qu'" il ne faut pas laisser tomber Airbus " et propose un nouveau pacte d'actionnaires où l'État serait mieux représenté, Ségolène Royal préconise à la fois " un soutien renforcé des États qui doivent recapitaliser cette entreprise " et " l'entrée des régions dans le capital de l'entreprise ". Dans la foulée, le président (PS) de la Région Midi-Pyrénées, avec huit autres présidents de Régions dirigées par le Parti Socialiste, a proposé publiquement que les régions françaises, à l'image des länder allemands, entrent dans le capital d'EADS. Il précise même : " nous sommes capables de réunir 250 millions d'euros à cet effet ". On est pourtant loin du compte puisqu'au cours actuel qui valorise EADS à plus de 20 milliards d'euros, ces 250 millions représentent moins de ...1 % du capital. Comme Martin Malvy propose que les régions françaises prennent entre 5 et 10 % du capital, il faudrait réunir au bas mot 1 à 2 milliards d'euros. Sur le dos de qui ?
En effet, outre que la participation des länder elle-même n'a pas empêché, que l'on sache, le plan " Power 8 ", un soutien financier de l'État ou des Régions reviendrait tout simplement à demander à tous, aux contribuables, au niveau national ou selon Madame Royal, au niveau régional, de payer pour conforter
et garantir quelques profits privés.
Mais, il y a plus : cette proposition de faire entrer les régions a valeur encore plus profonde et politique. Souvenons-nous : le projet de Traité constitutionnel conférant dans ses extraits la mise en place de " l'Europe des régions " qui visait ainsi à réaliser l'éclatement du cadre national comme ultime rempart à la mise en place d'un marché libre et non faussé dans tous les secteurs.

De fait, Madame Ségolène Royal voudrait ainsi, à l'occasion du dossier EADS, " faire entrer par la fenêtre ce que les citoyens ont sorti par la grande porte du suffrage universel ".Comme le rappelle, à juste titre, le journaliste Jacques Cotta, auteur de 7 millions de travailleurs pauvres.

" Halte aux licenciements boursiers ? "

Le PCF, pour sa part, en plus de l'amnésie qui frappe sa candidate à propos de la privatisation d'Airbus par la gauche plurielle, propose un " moratoire suspensif " (et non un abandon total) du plan " power 8 " et estime " insupportable " que " les emplois industriels dans toutes les catégories soient sacrifiés sur l'autel des marchés financiers ". De là, en relation avec la direction confédérale de la CGT, ces banderoles " Halte aux licenciements boursiers ". Est-ce à dire que si les licenciements n'étaient pas boursiers mais exclusivement industriels, le PCF serait d'accord ? Qui plus est, y a-t-il autre chose que des licenciements boursiers, en définitive ?

Pas un seul licenciement, pas une seule suppression de site !

Il y a belle lurette, près de cent ans d'ailleurs, que la fusion du capital industriel et bancaire a donné naissance au capital financier, " une oligarchie financière qui enveloppe d'un réseau serré de rapports de dépendance toutes les institutions économiques et politiques sans exception de la société bourgeoise d'aujourd'hui ". Lénine, l'impérialisme stade suprême du capitalisme, 1916.

Quelle découverte, donc, pour Madame Buffet et le bureau confédéral de la CGT, et pas seulement sur Airbus ... Comme le rappelle Arlette Laguiller : " c'est le mode de fonctionnement habituel du système capitaliste, un système dont le moteur est la recherche du maximum de profit pour ses actionnaires ".

C'est pourquoi, avant même de réclamer la renationalisation d'Airbus sans indemnités, ni rachat pour ses actionnaires, bien avant même ce mot d'ordre qui, pour juste qu'il soit, ne saurait répondre à la situation immédiate et urgente des salariés, il faut exiger avec les travailleurs : pas un seul licenciement sec ou déguisé, pas une seule suppression de site !
Modifié le lundi 02 avril 2007
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