Mélenchon, ministre de la récupération

Nous persistons, nous signons : Mélenchon - Corbières et leur équipe ne sont pas dans le camp des travailleurs, des jeunes, des chômeurs et leurs familles. Ils tentent de parasiter ce qu’il est convenu d’appeler le mouvement social, tel un cheval de Troie. Tout indique désormais que, via les médias, ils sont propulsés par la bourgeoisie, à leur insu ou non. Récupération et division sont leurs deux chevaux de bataille, au mépris de toutes celles et tous ceux qui ont vu en eux une « alternative ». Le trompe - l’œil est leur spécialité. Dans quel but ?

Jean-Luc Mélenchon et Mathieu PigasseJean-Luc Mélenchon et Mathieu Pigasse
(photo : Best Image/Montage Closer.fr)

Pour propulser un leader, les médias agissent sur deux leviers : la diabolisation ou « bashing » et le piston. La diabolisation permet d’ériger le leader en « seul contre tous ». Le piston sert à exagérer son importance et à le bombarder « véritable opposition ». Dans les deux cas, le leader est projeté au-devant de la scène. Tout ceci n’est que mise en scène. Du même coup, ceux qui, comme nous, dénoncent l’opération Mélenchon du point de vue de la défense des intérêts des travailleurs, risquent de passer pour des alliés « objectifs » de Macron ou pire encore. Au mieux, selon ce « logiciel », nous passerons pour ceux qui se trompent de cible. Il y aurait deux camps : le camp de Macron et le camp de Mélenchon et même si nous ne sommes pas d’accord avec le programme de Mélenchon, il faudrait se placer dans son camp, qui « pèse »… 5% des voix réelles.

Le poujadisme distingué et repeint en vert

Mélenchon veut se faire passer pour un populiste. Historiquement, le populisme fut un courant politique qui luttait contre le tsarisme en Russie et s’appuyait sur la paysannerie. Cette notion a été remaniée par les médias, d’une part et par certains penseurs. Dans la réalité, cela n’existe tout simplement pas. Mélenchon est juste un pilleur d’idée dont la véritable référence se nomme Mitterrand. Partisan de la CSG et de son intégration dans le budget de l’État, partisan d’assemblées « tirées au sort », chauvin jusqu’à la moelle, partisan des OPEX (opérations militaires extérieures) de « la France », partisan du travail précaire, Mélenchon entend devenir le dernier rempart de l’ordre établi. Pour ce faire, il use de la méthode qui fut celle de Guy Mollet puis de François Mitterrand : se placer le plus à gauche possible pour se rabattre ensuite le plus à droite possible.

Division – diversion - récupération

Son attitude par rapport à la journée du 12 septembre est instructive : piratage intégral. À peine cette journée d’action annoncée par la CGT, Mélenchon annonce « son » 23 septembre. Cela s’appelle un contre-feu à base de : division – diversion – récupération. Ses affiches pour le « 23 » vont jusqu’à reprendre le sigle CGT. Mélenchon, pour qui tous les moyens sont bons, n’hésite pas à violer le principe d’indépendance des syndicats pour « avancer » dans sa quête du pouvoir.

Propulsé par la bourgeoisie

Dans cette longue marche, il a des amis qui pourraient surprendre ceux à qui il a fait croire (après Hollande) que la finance est son ennemi : Il faut se reporter à la presse people pour apprendre que : « Matthieu Pigasse, grand patron des activités françaises de la banque d'affaires Lazard, s'enflamme pour Jean-Luc Mélenchon. » Mathieu Pigasse n’est pas n’importe qui : banquier d'affaires, patron en France de la banque d'affaires Lazard, ancien conseiller de Dominique Strauss Kahn, actionnaire et patron de plusieurs titres de presse (Le Monde, l'Obs, Les Inrocks...). Cela suit la promotion de Rachel Garrido sur la chaîne C8 de Bolloré. De plus en plus, pour reprendre la vieille expression, JLM va être propulsé par la bourgeoisie pour pallier la « carence » de Macron… (Il est vrai que, vu l’état minable des médias politiques, il faut désormais trouver des informations dans…La presse pipole). Tous les moyens sont bon pour Mélenchon, y compris la mise sur orbite de sites de rencontre où le sexisme peut se donner libre cours. N’en parlons même pas, ce serait du « Mélenchon Bashing ».

La hasardocratie

Il y a plus sérieux, en effet : « Le PS a longtemps tenu sur le vote utile. Aujourd'hui c'est fini, ce n'est plus ça. C'est La France Insoumise qui est le cadre de la composition à venir » s’est vanté Coquerel, bras droit de Mélenchon. Il est donc fortement question de transformer la mouvance FI en parti politique, dès le mois d’octobre. Le « 23 » sert aussi à cela. Les délégués pour créer ce parti seront tirés au sort : la démocratie représentative est remplacée par l’arbitraire de la hasardocratie. Qui supervisera le tirage de ce loto politique ? Un parti, pourquoi faire sinon pour se préparer à gouverner ? Gouverner pour le compte de qui et de quoi ? Il suffit de regarder du côté de Syriza en Grèce, Maduro au Venezuela et de Podemos en Espagne, pour le deviner. Au compte de l’ordre établi, de la finance « européenne », contre ce que Mélenchon appelle « la pagaille ». Tout ce qui brille n’est pas d’or.



Luciano Menzi,
7 septembre 2017

Modifié le lundi 11 septembre 2017
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Article sur le site de la L.I.S.



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