Le CPE à Renault-Flins : Solidaires de la jeunesse ...

À l'évidence, les manifestations du 28 mars ont atteint des records historiques de participation, partout en France. Ce jour-là, les parents, les grands-parents, des familles entières étaient descendues dans la rue pour soutenir lycéens et étudiants. Mais il y avait aussi des milliers de travailleurs du public et du privé, parfaitement conscients de l'enjeu et solidaires de la jeunesse. Ainsi, malgré le refus d'appeler à la grève générale des directions syndicales, la classe ouvrière a indiqué qu'elle était aux côtés de la jeunesse. Témoignage d'Éric Clérin, militant CGT, ouvrier à l'usine Renault de Flins (Yvelines).La Commune : Quels sont les effectifs de l'usine Renault de Flins à ce jour ?

Éric Clérin : Au total, nous sommes 4 500 dont 2 500 à la production. À la production, il y a beaucoup de jeunes. En plus, il y a en permanence 2 000 intérimaires, contrats de qualification et CDD. Cela veut dire en clair que 50 % des gens qui sont à la production sont des précaires.

L. C : Que pensent les ouvriers de l'usine du CPE ?

É.C : Tous autour de moi pensent que c'est une saloperie. Beaucoup disent d'ailleurs : " on a déjà des salaires de CPE ". Dans l'usine, les conversations tournent pour l'essentiel autour de cette question et tous disent que les jeunes ont raison de ne pas se laisser faire.

L. C : Comment s'est passée la " journée nationale d'action " du 28 mars ?

500 grévistes le 28 mars, de l'aveu de la direction.

E. C : Il convient d'abord de préciser, pour mieux comprendre, qu'il n'y a pas eu d'appel clair à la grève, ni de présence des délégués sur le terrain, le 28. C'est dans ces conditions que la direction a dénombré 500 grévistes : des jeunes ouvriers pour la plupart, ce qui est loin d'être négligeable, et 100 en manifestation à Paris. Je dois souligner que les manifestants de l'usine étaient surtout des militants syndicaux. Ajoutons à cela que nous assistons actuellement à un mouvement de syndicalisation massive des jeunes.

L. C : Peut-on considérer alors qu'il s'est agi, le 28, dans l'usine, d'un mouvement de grève essentiellement spontané ?

E. C : Absolument. C'est un mouvement spontané qui a été nourri par les étudiants venus quelques jours auparavant distribuer des tracts devant l'entrée de l'usine pour nous expliquer leur combat. Cette intervention des étudiants a été très appréciée à l'usine.

L. C : Quels sont les syndicats qui ont appelé aux journées du 28 mars et du 4 avril ?

E. C : La CGT et la CFDT. Quant à FO, à Flins, ils ont refusé d'appeler à tout débrayage, le 28 et le 4. La position de FO- Renault Flins est : " ne pas gêner le patron ", " pour la pérennité de l'usine ".

L. C : Quelles perspectives d'action donne la CGT dans l'automobile ?

E. C : La CGT a organisé, jeudi 6 mars, des Assises de l'automobile sur les délocalisations et les restructurations dans ce secteur d'activité. Mais toute la discussion a tourné autour du CPE et il y a eu un vent de fronde des militants par rapport à la journée du 11 avril qui sera une journée d'action des seuls lycéens et étudiants.

Ne pas les laisser seuls ...

De nombreux militants, et en particulier les camarades de Peugeot-Citroën, ont interpellé les dirigeants et leur ont dit : " c'est irresponsable de laisser les gamins tout seuls ". La seule réponse de nos dirigeants a été : " les gens ne sont pas prêts à la grève générale ", pour couper court, en somme, à toute discussion sur cette perspective de la grève générale.

Propos recueillis par Daniel Petri,
le 6 avril 2006.
Modifié le mardi 19 septembre 2006
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