Horaires décalés

SNCF : vers la privatisationTout se bouscule à la SNCF. En l'espace de deux jours : mise en route du TGV Rhin-Rhône, travaux sur les voies, premier train privé en gare de Lyon (le Thello) et entrée en vigueur du SA 2012 qui bouscule tous les horaires. D'un même et seul axe : la marche forcée à la concurrence sur l'ensemble du réseau ferré et, par voie de conséquence, fin de la SNCF comme service public au service du public.Comme toujours, les protagonistes
de ces sales coups prétendent
agir dans l'intérêt des usagers
et pour l'intérêt général. Pour parfaire
leur dispositif de " big bang " des
horaires, ils ont fait appel à une médiatrice
de choc : Nicole Notat, ancienne "
dame de fer " de la CFDT et qui avait
soutenu en 1995, face à des millions de
grévistes, le plan Juppé anti-Sécurité
sociale.

Partir plus tôt, rentrer plus tard



Quelques exemples relevés dans la
presse nous permettent dès à présent
d'éclairer le sort fait aux usagers par ce
SA 2012 (service annuel 2012) :

Dans le Nord- Pas de Calais, 100%
des TGV et 93% des TER changent
d'horaires. Une lycéenne témoigne : "
je prends le train tous les jours pour
aller au lycée à Lesquin. Avec les nouveaux
horaires il faut que je sois debout
à 5h30 si je veux arriver à l'heure ".
Autre cas, relevé à Creil. Une lycéenne
qui prépare un Bac pro à Amiens
explique : " au lieu de prendre mon
train à 6h53, je l'aurais à 5h33 "
(Sources, le Parisien du 12/12/11)

Des omnibus transformés en express
Le Parisien (12/12) relève également :
Le Mans, Nantes, Bordeaux,
Toulouse, Angoulême, Amiens... Un
peu partout en France, des milliers d'usagers,
mécontents des répercussions
des changements d'horaires sur leur
quotidien, entament ce matin une grève
du billet. C'est le cas de plusieurs
centaines d'habitués de la ligne Tours-
Blois-Orléans et jusqu'à Paris-
Austerlitz. En guise de titre de
transport, certains vont présenter un
billet de la colère au format d'un ticket
que le Collectif des gares du Val de Loire distribue dans les grandes gares
de la région Centre. La raison : la diminution
voire la suppression des arrêts
dans les petites gares comme Chaingy,
Saint-Ay (Loiret), Suèvres et Ménars
(Loir-et-Cher).

Sous couvert de cadencement (trains
devant partir à intervalles réguliers, par
exemple tous les quart d'heure, toutes
les deux heures, etc), des trains omnibus
deviennent des trains express. Les
élus locaux semblent être remontés
comme des coucous.

" Au Touquet-Paris-Plage (Pas-de-
Calais), le député-maire UMP Daniel
Fasquelle a lancé une pétition afin de
conserver deux trains sur la ligne Paris-
Boulogne le vendredi et le dimanche
soir " (Le Parisien - 12/12) Les élus
auvergnats s'insurgent quant à eux
contre le changement de terminus des
trains en provenance de Clermont,
Vichy ou Moulins, lesquels achèveront
désormais leur parcours en gare de
Paris-Bercy et non en gare de Lyon,
pour y laisser la voie libre au TGV Paris-
Rhin-Rhône.

Cadencement, de quoi s'agit-il ?



S'agissant du cadencement, on peut
lire dans l'Humanité du 12 décembre :
" Le cadencement a aussi un intérêt
industriel. En rationalisant la circulation
ferroviaire, il permet " d'optimiser la
capacité " du réseau, autrement dit, de
faire circuler plus de trains et de répondre
à la hausse prévue du trafic de
voyageurs, comme le souligne Réseau
Ferré de France(RFF). Une modernisation
nécessaire, à laquelle RFF est aussi
intéressé puisque, en tant que gestionnaire
du réseau, il se finance par la
vente de sillons aux compagnies ferroviaires.
" Le cadencement permet à
RFF de construire un catalogue d'horaires
bien organisés pour ceux qui nous
achètent des horaires, les régions, la
SNCF, Eurostar, les compagnies de
Fret " explique Christophe Piednoel,
porte-parole de RFF ". Ce même article
rapporte : " le document de présentation
du cadencement sur le site internet
de RFF affirme que ce système " permet
aux acteurs publics et ferroviaires
de mettre en place la prochaine ouverture
à la concurrence dans un esprit de
transparence et d'équité ", " d'assurer
aux nouveaux opérateurs ferroviaires
un accès non discriminatoire au réseau
et de les inviter à participer à l'élaboration
de l'horaire "

Pour mémoire, RFF vend des " sillons
" aux compagnies ferroviaires. Un
sillon est un créneau horaire sur un
tronçon (exemple : Paris-Orléans de 12
heures à 14 heures). C'est à cette
logique " concurrentielle " qu'obéit le
cadencement. C'est d'autant plus grave
que les " nouveaux opérateurs " seront
associés à l'élaboration des horaires.

Face à cette dérive, il n'y a pas lieu de
tergiverser :
- Retour immédiat au
monopole de la SNCF sur les
chemins de fer
- Abrogation du RFF
- Retour à la SNCF de
toutes les activités ferroviaires
privatisées
- Maintien du statut
des cheminots


Daniel Petri, 13 décembre 2011
Modifié le mercredi 28 décembre 2011
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