Sous tutelle du FMI et de l'UE

GrèceAprès les terribles incendies qui ont ravagé la Grèce durant l'été 2008, après les manifestations monstres qui ont suivi l'assassinat par la police du jeune Alexandros
Grigoropoulos le 6 décembre 2008, voilà le peuple grec qui se dresse contre les capitalistes et leur gouvernement qui, avec le soutien du FMI et de l'Union Européenne,
veulent leur faire payer le poids de leur crise. Le gouvernement "socialiste" du PASOK accepte la mise sous tutelle du pays tout entier par le FMI et l'UE et a décidé en
conséquence l'application d'un arsenal de mesures anti-ouvrières, anti-fonctionnaires pour satisfaire aux appétits des capitalistes qui ont décidé de faire supporter le
poids de leur crise par les peuples.
Depuis le début janvier, les agriculteurs
bloquaient les routes
avec leurs tracteurs, recevant le
soutien des éleveurs et des producteurs
de lait. Ils exigeaient de la part du gouvernement
des mesures de contrôle
des prix. Le 10 février, à l'appel de la
confédération des fonctionnaires (ADEDY)
qui compte 500 000 membres, première
grande journée de grève accompagnée
de grandes manifestations à
Athènes et dans toutes les grandes
villes, le PAME - fraction syndicale du
KKE (le PC) - avait fait un rassemblement
à part, la pression des travailleurs
a conduit à la fusion des deux cortèges.




La mobilisation ouvrière






La direction de la Confédération des
syndicats du secteur privé (GSEE - dont
la direction est liée au PASOK - Parti
socialiste) qui n'appelait pas au 10
février lance un appel commun à la grève
générale avec ADEDY pour le 24
février et à nouveau les agriculteurs
dressent des barrages routiers malgré
les appels au calme du Premier ministre,
appels relayés par des dirigeants
paysans liés au PASOK ou au KKE. Ce
24 février, la grève est générale, l'intense
propagande gouvernementale
menée sur le thème : " Le pays est en
faillite, il faut sauver le pays tous
ensemble " est restée sans effet. Tous
les moyens de transport sont arrêtés,
Les autobus, les trams, les métros, les
avions, les bateaux, rien ne roule, ne
vole ou ne navigue, le pays est bloqué.
Cette mobilisation sans faille est à la
hauteur de l'enjeu.




"le plan de stabilisation"






Papandréou a donné le contenu de
son " programme de stabilisation ". Il
avait annoncé que son plan passait par
" des coupes sanglantes " De ce point
de vue, il n'a pas menti, qu'on en juge :
Augmentation de l'âge du départ à la
retraite de 65 ans actuellement à 67 ou
68 ans, blocage des salaires et des
pensions dans la Fonction publique,
diminution de 10 à 20 % du salaire des
fonctionnaires par la suppression de primes...
Ce plan est approuvé par le
Parlement européen et le FMI. Le président
de la Commission euro-péenne,
José Manuel Barroso, y voit " la confirmation
de l'engagement du gouvernement
grec à prendre toutes les mesures
nécessaires ", tout en engageant le
gouvernement grec à entreprendre des
réformes en profondeur, en particulier
sur les retraites. Mais nombreux sont
les experts financiers sceptiques sur " la
capacité du gouvernement à appliquer
le plan ". Alors que Papandréou demandait
" aux hommes et aux femmes de ce pays de partager notre cause commune,
qui est de sauver notre pays ", ajoutant
que " l'écrasante majorité de nos
concitoyens est prête à le faire en dépit
du prix à payer", les retraités sont descendus
spontanément dans la rue à
l'annonce de ce plan pour crier leur
colère, bouleversant le calendrier des
journées d'action annoncé par les deux
principales confédérations syndicales
des secteurs public et privé (ADEDY et
GSEE).




Au bord de l'explosion






" Les experts financiers " ont quelques
raisons d'être sceptiques. Le 5 mars, la
Grèce est à nouveau paralysée par les
grèves alors que le plan d'austérité de
Papandréou est présenté au Parlement.
Ce plan est voté par le PASOK tandis
que les députés du KKE quittent la
séance en le dénonçant. Et le 11 mars,
une nouvelle grève générale embrase
tout le pays et toutes les corporations :
enseignement, transports administrations,
médias ...

Après une journée d'action le 22 avril,
une nouvelle grève générale est annoncée
pour le 5 mai, et les gouvernements
de l'Union Européenne s'affolent. Les
pays nommés sous l'acronyme
de " Pigs " (1) vont-ils suivre
le même chemin ? Les
gouvernements socialistes de
Zapatero en Espagne (qui
compte officiellement plus de
20% de chômeurs), de
Socrates au Portugal, celui de
Berlusconi en Italie, de Brian
Cowen en Irlande vont-ils
plonger dans la tourmente ?
Et en France, les directions
confédérales, celles du PS et
du PCF vont-elles longtemps
pouvoir juguler la volonté de
combat et d'unité des salariés contre le
plan de Sarkozy de destruction des
retraites ?




Elie Cofinhal

01 mai 2010

Modifié le jeudi 20 mai 2010
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