Loi de sécurité globale pour gouvernement aux abois

Voilà un mois maintenant que les mobilisations contre la loi de sécurité globale continuent. Malgré l'adoption de la loi en première lecture, l'ensemble de la population rejette avec force ce projet menaçant qui donnerait la plus totale impunité à une police à la solde d'un gouvernement aux abois.

Loi de sécurité globale pour gouvernement aux abois

Les violences policières, nous les voyons au grand jour, grâce à nos téléphones portables et aux reportages des journalistes, depuis les manifestations contre la loi El Khomri en 2016, contre la loi « travail » mais elles s'exercent quotidiennement depuis 40 ans dans les banlieues, dans les cités. Des violences aussi racistes et islamophobes.

Il est évident qu'aujourd'hui le pouvoir est paniqué par la colère immense de la population. Après les crimes perpétrés contre Adama, Cédric, Zineb, Steve ou le viol de Théo, après les dizaines de mutilé.e.s dans le mouvement en Gilets jaunes, après les menaces, les coups, les arrestations, le pouvoir ne peut plus reculer et accélère sa course répressive.

Face à la menace d'une révolte qui pourrait s'amplifier, le ministre de l'Intérieur sort l'artillerie lourde, une loi dite de sécurité globale qui prévoit en 32 articles :

  • d'étendre les pouvoirs de police judiciaire aux polices municipales des communes de plus de 20 agents de police pour une durée de trois ans. (articles 1er à 6) leur conférant ainsi le même pouvoir que la police nationale

  • d'étendre les missions confiées aux entreprises de sécurité privée de manière à pouvoir intervenir sur la voie publique (articles 7 à 19)

  • d’organiser la surveillance globale de la population aux moyens de caméras individuelles portées par les agent.e.s et l'utilisation de drones ; de permettre à tout agent.e municipal.e de visionner les images des caméras de surveillance (articles 20 à 22)

  • de pénaliser d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende la diffusion d'images des agent.e.s de police et des militaires pouvant servir à leur identification lors de leurs interventions (article 24)

  • de permettre à un représentant des forces de l'ordre de pénétrer librement et sans autorisation avec son arme de service, même s'il n'est pas en service, dans un établissement recevant du public (article 25)

  • de permettre aux militaires de faire usage de leurs armes dans le cadre de la sécurité intérieure (article 26)

  • de transformer les « adjoint.e.s de sécurité » en « policier.e.s adjoint.e.s » (article 27)

  • d'étendre l'habilitation à procéder à des tests d'alcoolémie sans qu'il n'y ait besoin d'un officier de police judiciaire dans le cas d'un accident de circulation, et de permettre à tout agent.e assermenté.e de procéder à ce test inopinément même lorsqu'il n'y a pas infraction du code de la route (article 29)

  • de pénaliser de 6 mois d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende la fourniture de moyens pyrotechniques ; de 15 000 d'amende et d'un an d'emprisonnement le fait d'acquérir, détenir, manipuler ou utiliser des articles pyrotechniques sans y être autorisé.e. (article 30)

Ainsi, en pleine crise sanitaire et plus de 60 000 mort.e.s, dans une pénurie de place et de services hospitaliers entretenue depuis plus de 30 ans, alors que le chômage et la pauvreté sont en hausse exponentielle, la priorité du gouvernement est de protéger les policier.e.s avant tout, avant d'assurer à toutes et tous la protection sanitaire qu'on est en droit d'attendre, avant d'assurer des moyens d'existence et de subsistance pour l'ensemble de la population, avant de donner à des services publics vitaux les moyens de fonctionner !

Poursuivant leur logique d'accroissement des inégalités sociales, Macron, Castex et Darmanin font allégeance aux tenants du dernier rempart qui les maintient en place, répondant ainsi au chantage d'un syndicat extrémiste majoritaire au sein de la police nationale qui organise des opérations « coup de poing » dérogeant aux mesures appliquées à l'ensemble de la population (manifestations et rassemblements sauvages non déclarés et pendant le couvre-feu). C'est l'illustration parfaite de la totale impunité dont jouissent les forces de l'ordre à l'heure actuelle !

Face à cette violence de classe, nous n'avons plus d'autre choix que de nous lever, de combattre et de vaincre leurs auteurs !

Catherine Noury
20 décembre 2020

Modifié le mardi 12 janvier 2021
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