La chasse aux pauvres est ouverte à Bayonne

La misère progresse en France et dans le monde. Face à cette misère croissante et de plus en plus visible, le capitalisme et ses serviteurs ont entrepris de faire en sorte qu’elle devienne le moins apparente possible. Cette chasse aux pauvres commence par des cibles faciles, les Sans Domicile Fixe et les réfugié.e.s.

Lors des dernières élections municipales, le maire sortant, Etchegaray de l’UDI, a été réélu avec 53% des voix. Il conduisait une liste fourre-tout mêlant Les Républicains (LR), des représentants de la « société civile » marqués à droite et des sympathisants abertzale (patriotes basques).Ces derniers justifièrent leur soutien à cette liste de droite par le refus de la tête de liste de gauche de voter une subvention aux écoles privées basques. En bref, peu importe l’odeur de la soupe à partir du moment où l’on peut partager la gamelle.

Les SDF de Bayonne peuvent remercier ces opportunistes ! Le 18 septembre 2020, l’équipe municipale a pondu un arrêté anti-Sans Domicile Fixe. Le maire a justifié cette décision abjecte en expliquant qu’il avait reçu des plaintes de particuliers et de commerçants : les chiens et les regroupements effraieraient la population. La vue de femmes et d’hommes qui survivent dans la rue est certainement dérangeante pour ces délateurs et potentiels électeurs. C’est une aubaine pour la municipalité qui se soucie si peu du sort des plus pauvres de Bayonne. La mode étant à la sécurité, le maire a fait l’amalgame entre dealers et habitants de la rue, et a montré du doigt les chiens qu’il juge comme dangereux. A une certaine époque, pour se débarrasser de son chien, on l’accusait d’avoir la rage ; aujourd’hui on accuse les chiens pour mieux se débarrasser de leurs maîtres. Interdiction de stationner en ville, interdiction de se rassembler. L’objectif est d’isoler les SDF pour mieux les voir partir, briser le lien social qu’ils partageaient avec une partie des habitants. Dans le même temps, la mairie a embauché huit policiers municipaux supplémentaires, le maire rêvant tout haut de pouvoirs supplémentaires pour sa police : « elle [la police] devrait pouvoir procéder à des interpellations vers les SDF qui troubleraient l’ordre public ».

Malgré cet arrêté inique, la mobilisation ne s’est pas fait attendre, même si on sait que le combat sera long : en effet, tous les arrêtés de ce type ont été validés par la justice.

Bayonne ne fait pas exception dans cette volonté politique de voir disparaître celles et ceux victimes du capitalisme et de ses valets. Etchegaray rejoint le très réactionnaire Estrosi, chantre de la lutte contre les plus pauvres. De nombreux nouveaux maires ont fait de même. Toutefois, certains ont abrogé ces mesures réactionnaires, comme à Strasbourg.

Les réfugié.e.s de la place de la République à Paris et les SDF de Bayonne sont les mêmes victimes de la politique réactionnaire de ce gouvernement et de ses soutiens.

Francis Charpentier
10 décembre 2020

Modifié le mardi 12 janvier 2021
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