Lettre ouverte aux syndicalistes de la CGT

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 115 - Mardi 27 août 2019

La CGT connaît une des plus grandes crises de son histoire. Trop souvent selon nous, cette crise est attribuée à la dispersion des salariés due aux délocalisations et au développement du travail précaire, de l’individualisation, etc mais encore à l’état d’esprit des salariés, « moutonnier » et « individualiste ». Nous ne trancherons pas ce débat aujourd’hui. Constatons une nouvelle fois le silence des grandes instances face à une répression inouïe qui mutile et peut tuer mais aussi le partenariat de ces mêmes dirigeants avec le pouvoir et ses réformes. La CGT est en danger !

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Commençons par revenir sur les Statuts de la CGT

« Le mouvement syndical, à tous les échelons, s’administre et décide de son action dans l’indépendance absolue à l’égard du patronat, des gouvernements, des partis politiques, des sectes philosophiques ou autres groupements extérieurs . »

« Sa neutralité à l’égard des partis politiques ne saurait impliquer son indifférence à l’égard des dangers qui menaceraient les libertés publiques »

L’indépendance absolue à l’égard des gouvernements ?

Elle est bafouée par les pourparlers avec les représentants du gouvernement actuel qui « discutent » avec les dirigeants de la CGT et des autres OS des modalités d’application de ses réformes et brise le cadre paritaire des rapports entre Patronat et Syndicats.

Comme le disent souvent des camarades syndicalistes « discuter le poids du boulet et la longueur de la chaîne, pas question ! »

Les dangers graves qui menacent frontalement les libertés publiques ?

La direction actuelle de la Cégète, même quand elle essuie les gaz toxiques (cf. le Premier mai), n’exige pas l’arrêt de la répression policière du pouvoir en place et encore moins l’amnistie de tous les emprisonnés du fait de cette violence physique de Macron-Philippe-Castaner, la levée des poursuites, l’arrêt des garde-à-vue illégales et du recours aux armes de guerre dites non-létales contre les manifestants. Qui ne dit mot…

Pourtant, les syndicalistes de la CGT sont, le plus souvent, la locomotive de toutes les grandes manifestations et montrent leur détermination à « ne rien lâcher ».

De plus en plus, cette locomotive, ce sont les travailleuses et travailleurs eux-mêmes, aux urgences par exemple, dans les lycées et dans bien des entreprises, au premier rang desquels des « sans carte syndicale ».

C’est de l’extérieur de la CGT qu’ont ressurgies, dans l’action, les revendications deRéindexation des salaires et minima sociaux sur les prix, d’abolition des taxes à la consommation.

Est-ce à dire qu’on pourrait se passer de l’outil syndical, du syndicalisme fédéré et confédéré ? Nullement !

Mais si le syndicalisme fédéré et confédéré, avec ses syndicats, ses UL, ses UD, ses fédérations cesse d’être un SYNDICALISME LIBRE DE REVENDICATION ET D’ACTION COLLECTIVE, il se vide de son contenu, de sa raison d’être et, dans le meilleur des cas, est relégué dans la contestation la plus diffuse. Ses statuts deviennent lettre morte et, de plus en plus, les gens se disent que la Confest associée au Capital et à son représentant la plus direct qu’est Macron. Commence alors l’hémorragie des effectifs… et, à force de ressembler à Berger, l’hémorragie aux élections professionnelles au profit de la CFDT, sur fond d’abstentions de plus en plus massives.

La première chose à faire, c’est ROMPRE AVEC MACRON et autres DELEVOYE, ROMPRE VRAIMENT AVEC « LES REFORMES ».

Cela commence par : aucune négociation, ni amendement sur les « réformes » capitalistes.

La première chose à faire, c’est un FRONT UNIQUE POUR LA DEFENSE DES LIBERTES PUBLIQUES ET DROITS DEMOCRATIQUES , dont la CGT peut prendre l’initiative, en conformité avec l’esprit et la lettre de ses statuts, mais aussi en mémoire de STEVE et ZINEB, en l’honneur de tous les blessés graves.

EN AVANT !


Mardi 27 août 2019



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Modifié le mardi 27 août 2019
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