Le second round a commencé

Depuis près d’un an, les salarié.e.s et la population ripostent « en dehors des clous » de la pseudo « lutte de classe classique » faite de journées d’actions parfois reconductibles ou « grèves perlées » sans issue. Affaire Benalla, gilets jaunes, grève du bac des professeur.e.s, grève des Urgences, grèves locales en rafale, le tout à l’insu des « partenaires sociaux », tel est le fil conducteur. En réaction, l’État, la droite et l’extrême-droite rivalisent de racisme anti-musulman, à peine voilé, pour diviser.

Le second round a commencé

Nous venons d’évoquer la campagne immigrophobe venue d’en haut. L’initiateur en a été le ministre Blanquer, en fâcheuse posture depuis la grève du bac. Sur ce, Macron a soufflé le chaud et le froid, avant de livrer ses « valeurs » à Valeurs actuelles. Au même moment, un ancien candidat du FN-RN s’en est pris à une mosquée et a blessé grièvement deux personnes. Les medias, cette fois, se demandent si cela peut être vraiment considéré comme un attentat. Ici, pas de parquet antiterroriste, à la différence des tueries portées au compte de « l’islamisme ».

Macron s’est tout de même décidé à aller à Rouen plusieurs semaines après l’incendie de Lubrizol, un site classé Seveso, dont les retombées sont et seront incalculables.

Il a dû subir les huées, les interpellations d’habitantes en se retenant, ravalant ses injures publiques contre la population

En boucle, les manifestant.e.s ont scandé «Macron démission ! » [1]

Pourtant, en juillet 2018, Macron était donné vainqueur face aux cheminot.e.s, dont la grève, on s’en souvient, avait été confisquée et « perlée » par une poignée de représentant.e.s CGT-CFDT-SUD- UNSA.

En janvier prochain, les « nouveaux entrants » à la SNCF ne seront plus embauchés au Statut et ne bénéficieront plus du régime de retraite spécifique. Enfin, c’est ce qui est prévu. Seulement voilà, sortant des « clous » de la négociation institutionnelle entre direction et représentants syndicaux locaux, dans la foulée du droit de retrait général des conducteurs, les cheminot.e.s du centre de maintenance du TGV de Châtillon-Montrouge sont entré.e.s en grève totale et « illégale », sans prévenir.

Au jour d’aujourd’hui, cette vague provoque déjà des débrayages dans les ateliers du TGV de Villeneuve Saint Georges et du Landy. Elle a un impact immédiat sur le trafic, du fait du flux-tendu qui s’est instauré à la SNCF sous le règne de monsieur Pepy, lequel tombe ainsi dans son propre piège. (Il y a vingt ans, une grève dans les ateliers n’avait pas ou peu de répercussions sur le trafic avant une semaine, le « flux tendu » n’était pas encore mis en place).

Le déclencheur de la grève à Châtillon (voir en annexe ), c’est la suppression annoncée de 12 jours de repos. C’est l’expression particulière du mouvement général qui prend corps, pour les acquis, pour les salaires, pour les effectifs. C’est la réaction au management infernal qui a poussé plusieurs agent.e.s à mettre fin à leurs jours, sur leur lieu de travail et qui provoque des démissions en chaîne.

La colère qui se répand comme une traînée de poudre, ce sont aussi les pompiers professionnels[2] face aux forces de l’ordre, elles-mêmes encadrées par le soi-disant « syndicat » Alliance.

Manœuvrant en recul, Macron insinue que sa réforme ne toucherait que les « nouveaux entrants ».

Aussitôt, Delevoye tente de revenir sur le devant cette scène car il n’est pas favorable à ce qu’il surnomme « la clause Grand-père » [3] pour ensuite préciser qu’elle est au menu des interminables pourparlers avec les grands chefs des confédérations syndicales qui réclament quelques os à ronger.

Ainsi, Martinez tempête-t-il contre les rencontres « bilatérales » prévues par Delevoye … pour mieux revendiquer des rencontres « multilatérales », le sourcil froncé et la moustache en ordre de bataille. Un Grenelle des retraites mais, à l’envers, puisque la feuille de route, ce ne sont pas les revendications ouvrières mais les exigences de Macron et du MEDEF (Mouvement des Entreprises de France dont l’officieuse branche « Salariés » est l’État-major de la CFDT)

Cette réforme-clé a été reportée au printemps, au prétexte des municipales de mars prochain. Or, cette élection se présente sous un mauvais jour pour LREM. Les boulets locaux de ce « parti » et de droite, et de droite, n’ont guère envie de porter les casseroles de leur emblématique succursale du Capital financier et tenteront de se présenter sous l’étiquette « concombre masqué » c’est-à-dire « apolitiques » et « rassembleurs ». Mais d’ici là …

Dans leur grande majorité, les salarié.e.s ne veulent NI LOI, NI REFORME des retraites. Ils veulent qu’on leur rende leurs SALAIRES et leurs EFFECTIFS.

À suivre…



Dimanche 3 novembre 2019



Châtillon en force !

COMMUNIQUE SUD RAIL FO SECTION MATERIEL

COMMUNIQUÉ SUD et FO TECHNICENTRE SAINT PIERRE DES CORPS :

NOUS SOMMES CHÂTILLON !!!

Dans un tract, les grévistes justifient leur mouvement :

« Nous ne pouvons plus accepter de travailler avec des salaires proches du smic et gelé depuis cinq ans, en sous-effectif et avec des agents qui démissionnent de plus en plus. La direction considère notre grève illégitime car nous ne serions pas dans le cadre du délai de 48 h pour le service minimum, mais c'était le seul moyen de se faire entendre. »

(Extrait du PARISIEN du 27/10/2019)

PAS DE REPRESSION AUX COLLEGUES DE CHÂTILLON !!!

SOLIDARITE TOTALE AVEC EUX POUR L’ENSEMBLE DE LEUR LUTTE !!!


[1] https://twitter.com/i/status/11896038440....

https://twitter.com/fbleuhnormandie/status/11896038440...

[2] https://www.liberation.fr/checknews/2019/10/16/l-homme-en-colere-blesse-a-la-jambe...

[3] La clause Grand-père réserverait la réforme aux « nouveaux entrants »

Modifié le dimanche 03 novembre 2019
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