La pente est de plus en plus rude

Editorial l'emploi est redevenu la préoccupation numéro un des Français, selon un sondage de rentrée de la Tribune - CSA. Il faut dire que les plans licenciements, les restructurations et fermetures d'usines ne cessent de s'accélérer : sur les six premiers mois de l'année, 60 000 postes de travail ont été détruits, selon les chiffres officiels du ministère du Travail.

Ce n'est pas ce qui va arranger les affaires du gouvernement Chirac-Raffarin. Ainsi, le quotidien patronal Les Echos écrit à son propos, le 12 septembre :
"Comment reprendre la main ? Pour Jean-Pierre Raffarin, la question est cruciale et sa réponse guère évidente. (...) Le chef du gouvernement ne cesse d'enregistrer les mauvaises nouvelles : après la canicule, et à quelques mois des élections régionales et européennes, il voit ses marges de manoeuvre réduites quasiment à néant par la mauvaise conjoncture : la France est au bord de la récession, il y a les déficits et la Commission européenne qui rechigne.

Sa côte de popularité s'effrite (- 7 points à 39 % d'opinions favorables selon le dernier sondage BVA - Paris - Match.) (...) "

Le tout sous le titre : " La pente encore plus raide pour Raffarin ", en référence à la désormais célèbre lapalissade du Premier ministre.

Ce gouvernement a en effet la marge de manoeuvre politique de plus en plus étroite. Il sait parfaitement qu'il ne doit son salut et le passage de la loi Fillon sur les retraites, non à sa force intrinsèque mais bien aux manoeuvres des dirigeants syndicaux de la CGT, de la FSU, de FO et de l'UNSA pour empêcher les fonctionnaires, les enseignants, les salariés d'entrer dans la grève générale. Au premier rang de ces manoeuvres de division : la stratégie bien rodée, il faut le reconnaître, des "journées d'action " et autres "temps forts " qui, en épuisant, en divisant, en dispersant, en éparpillant la force des grévistes pendant plus de 10 semaines a permis au gouvernement de ne jamais avoir face à lui, unis et déterminés les millions de grévistes plusieurs jours en même temps...

Chirac-Raffarin savent parfaitement ce qu'ils doivent aux Thibault-Blondel et consorts sans lesquels l'Assemblée de godillots des députés UMP n'aurait jamais suffi à imposer à "la rue " une "réforme" contre laquelle elle s'est mobilisée par millions pendant deux mois. Ils savent qu'ils leur doivent une fière chandelle et l'hommage appuyé de Raffarin à Thibault et à son sens des responsabilités n'est pas fortuit. Toutes ces leçons, les salariés ne vont pas manquer de les tirer dans les mois qui viennent, soyons-en sûrs.

A droite aussi, ils sont nombreux qui ne sont pas dupes. Citons entre autres, le très réactionnaire Claude Imbert, éditorialiste du Point, pourfendeur habituel des fonctionnaires, des grévistes et des travailleurs en général qui fustige les gouvernants et leur : "incapacité à réduire autant qu'il conviendrait les bastilles du statu quo et les défonces du panier percé.

Contre elles, Raffarin, le premier, a ouvert une brèche avec sa réforme des retraites mais il n'a pas encore étouffé un malaise rampant. Pensez qu'il a dû, dans cette réforme - même ménager les régimes spéciaux les plus indécents, ceux de la SNCF et de l'EDF, pour la plate raison que la nuisance des bénéficiaires pouvait mettre à genoux le pays.
". La "nuisance des bénéficiaires "... La haine de l'ouvrier et du gréviste transpire sans vergogne.

Malheureusement pour Claude Imbert, Raffarin sait que les conseilleurs ne sont pas les payeurs et que les "temps forts ", les "journées d'action ", et autres dispositifs complices ne font pas illusion bien longtemps quelle qu'ait pu être leur efficacité immédiate en mai - juin 2003. Le bras de fer ne fait que commencer, l'exigence du " Tous ensemble " est toujours là et tout le monde le sait.
Modifié le vendredi 17 juin 2005
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