L'onde de choc

L'onde de choc

La roue tourne, de plus en plus vite. En l’espace de 10 jours, trois hommes clés du Régime en place ont été dégagés : Sarkozy puis Juppé puis Hollande. Aussitôt, un nouveau gouvernement se met en place, condamné à expédier les affaires courantes en attendant « la relève ».

Au même moment, les annonces brutales de Fillon ont électrisé l’atmosphère. Ces déclarations de guerre contre les salariés et leur famille sont pourtant dans le droit-fil des réformes et mesures prises par les gouvernements Ayrault et Valls, sous le règne de Hollande.

De renoncements froidement programmés en renoncements de plus en plus réactionnaires, Hollande a fini par renoncer à lui-même.

L’onde de choc du printemps dernier contre la loi El Khomri l’a achevé, raflant Sarkozy et Juppé au passage. Cette onde de choc a également poussé la droite à montrer les crocs, au moyen de déclarations fracassantes. Dans ce registre-là, l’arrogance d’un Fillon est le masque de l’effroi qui saisit les classes dirigeantes. Plus question de prendre des gants, plus question d’en appeler à l’Unité nationale, il faut promettre le « traitement de choc » sans protocole, sans joutes parlementaires : « Combattre, combattre et quand on ne peut pas combattre, bluffer, bluffer » 1 . Pour l’heure, nous sommes aux prises avec l’arsenal des lois, décrets et mesures de Hollande-Ayrault-Valls qui tuent l’assurance maladie, qui asphyxient les hôpitaux, qui généralisent la précarité du travail (ce dont témoigne, entre autre, la brusque augmentation des CDD de moins d’un mois).

Au moment où pleuvent les peines de prison contre les syndicalistes et les manifestants du printemps dernier, le parlement vote la « réhabilitation des communards » de 1871. Eh bien, non, les Communards n’ont pas besoin d’être réhabilités, et surtout pas par cette gauche versaillaise ! Leur histoire rejette le « récit national » des Fillon, Valls, Mélenchon et tous ceux qui « tricolorent » 2 (selon l’expression de Prévert).

Tous ces histrions, candidats et pré-candidats, se placent dans les créneaux du « marché des élections » pour y prendre « leur part du gâteau », toute honte bue. Loin de leurs déballages publics, de leurs « confidences » et états d’âmes, les grèves, les manifestations se développent et réservent aux puissants la vraie « surprise ». Les aspirations des gens sont simples : un vrai travail, un vrai salaire, un vrai toit pour tous ! Ces exigences ô combien vitales se dressent contre tous les programmes, les slogans publicitaires de ceux qui se pressent sur la scène électorale pathétique. Ces exigences-clé se dressent contre les « réformes », contre le régime en place et contre l’Union européenne. Ces aspirations se mêlent à la révolte et à la colère des masses contre tout ce qui se passe.

Sarko, Juppé et Hollande ont sauté, alors, qu’ils s’en aillent tous et qu’il n’en reste aucun.

07-12-2016

1. Victor Hugo – 1793

2. Jacques Prévert - « Tentative de description d’un dîner de têtes à Paris-France »

Modifié le lundi 12 décembre 2016
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