Réunion-débat du 22 novembre : campagne amnistie ! Justice ! Liberté !

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 121 - Dimanche 1 décembre 2019 

Le 22 novembre dernier, dans le cadre de la campagne AMNISTIE ! JUSTICE ! LIBERTE ! lancée le 15 juin dernier, notre courant La Commune a tenu une réunion-débat pour faire un bilan des événements nationaux et internationaux de ces cinq mois passés, sur les mobilisations et sur les violentes répressions dont sont victimes d’innombrables femmes et hommes de tous âges, réclamant la justice sociale partout sur la planète.

Réunion-débat du 22 novembre : campagne amnistie ! Justice ! Liberté !

Nous le savons depuis plusieurs années en France, l’état d’urgence proclamé en janvier 2015 a permis à l’État de prendre pléthore de lois liberticides et de décisions de justice restreignant ou  interdisant les manifestations, autorisant les gardes à vue arbitraires et arrestations « préventives », assignant des militant.e.s associatifs et syndicaux à ne pas manifester ou à ne pas se rendre dans la capitale… Les violences policières contre des manifestations autorisées et déclarées par les syndicats et associations n’ont fait que s’accroître depuis le passage en force de l’État sur les lois El Khomri, les ordonnances concernant la réforme du Code du travail, les manifestations contre la privatisation de la SNCF, les mobilisations des Gilets Jaunes… 

Tandis que le nombre de chômeurs/euses explose, les services publics ferment les uns après les autres : hôpitaux, transports, écoles, lycées, universités, tribunaux, services municipaux et départementaux… Il ne se passe pas un jour sans entendre l’annonce de la fermeture d’une maternité, d’une école, d’une ligne de train, ayant des conséquences désastreuses en termes de santé et de salubrité publique (femmes accouchant chez elles ou dans un camion de pompier, familles entières sans logement dormant dans la rue, travailleurs/euses pauvres ne pouvant assurer les dépenses du quotidien, enfants privés de cantine scolaire, multiplication des camps et des bidonvilles …) 

Face à ce cataclysme social, les mobilisations se multiplient depuis un an en résonance à celle des Gilets Jaunes : EHPAD, Urgences, services hospitaliers, pompiers en grève depuis plusieurs mois, mobilisation des enseignants contre les réformes de Blanquer, jour noir de grève pour la RATP le 13 septembre… Jusqu'à l’appel à la grève reconductible interprofessionnelle du 5 décembre prochain annoncé indépendamment des centrales syndicales. C’est un ras-le-bol généralisé qui s’exprime par tous les moyens depuis une année.

Ainsi, un an après le début des mobilisations en Gilets Jaunes, le bilan humain dû à la répression est extrêmement lourd ! Une morte, Madame Zineb Redouane, 80 ans, touchée par un tir de grenade lacrymogène à la tête alors qu’elle fermait les volets de son appartement au 4e étage, 3 645 blessé.e.s  dénombré.e.s au 4 octobre 2019 (2 448 blessé.e.s ont été recensé.e.s côté manifestant.e.s, dont 25 éborgné.e.s , 5 mains arrachées, et 1 197 côtés forces de l'ordre), 12 107 interpellations,  10 718 gardes à vue , sur ces dernières, environ 2 200 ont été classées sans suite, 2 400 se sont terminées par des mesures alternatives aux poursuites, et 5 300 par des poursuites judiciaires (divisées en à peu près 2 100 comparutions immédiates et 2 000 convocations), Au total, 3 100 condamnations ont été prononcées. Parmi elles, environ 400 ont abouti à des peines de prison ferme avec incarcération immédiate, et 600 avec des possibilités d'aménagement. Les peines vont de quelques mois à trois ans de prison (avec ou sans sursis). Elles touchent les majeurs comme les mineurs : 410 juges pour mineurs ont été saisis , c’est du jamais vu sous un gouvernement qui se dit « démocratique » ! A cela s'ajoutent les dérives répressives qui ont conduit, on s'en souvient, à la mort par noyade de Steve Maia Caniço lors des charges policières de la fête de la musique à Nantes.

A l’invitation de La Commune, deux intervenants de notre courant international, la Ligue Socialiste Internationale (LIS), ont pu apporter leurs témoignages et analyses des révoltes et des répressions qui secouent le monde aujourd’hui : Ruben Tzanoff de Barcelone (Socialismo y Libertad, Estado Español) et Alejandro Bodart d’Argentine (Movimiento Socialista de los Trabajadores argentina, MST-Nueva Izquierda).

Pour Ruben Tzanoff, les trois mots annoncés dans la campagne AMNISTIE ! JUSTICE ! LIBERTE ! sont chaque jour omniprésents dans l’État espagnol, particulièrement en Catalogne, où la mobilisation de la population s'est accrue depuis le référendum de 2017. La seule réaction du pouvoir face au peuple qui a décidé de se saisir de son droit à s'exprimer pour son autodétermination a été la répression. Ainsi, les libertés démocratiques fondamentales ont été écrasées non seulement par la très forte répression lors du référendum, mais aussi par les condamnations proclamées contre les personnes incriminées, des militant.e.s indépendantistes, entre 9 et 13 ans d'emprisonnement. Que doit-on en déduire ? Que la justice fonctionne comme un rouage du gouvernement, qu'elle n'est en rien indépendante, qu'elle est une justice à la solde de la bourgeoisie. 

Les gouvernements paniquent, on assiste partout à une accélération de la lutte des classes sur fond de crise systémique du capitalisme. Le capitalisme ne peut pas apporter de réponse de justice sociale : les dirigeants ont peur que les révoltes se propagent partout dans le monde... En ceci, le mouvement en Gilets Jaunes en France a inspiré les peuples dans le monde et a donné un signal qui est aujourd'hui suivi partout sur la planète.
Alejandro Bodart a présenté les chiffres des dégâts humains rien que pour le mois d'octobre dans les différents pays où se déroulent actuellement des luttes des peuples : 

  • en Bolivie, 23 mort.e.s, 215 blessé.e.s, 600 personnes emprisonnées
  • au Chili : 22 mort.e.s, 2 200 blessé.e.s, 9 000 emprisonné.e.s
  • à Haïti : 42 mort.e.s, 100 blessée.e.s, pas de chiffre connu de personnes emprisonnées
  • en Équateur : 8 mort.e.s, 1 390 blessé.e.s, 1 152 emprisonné.e.s
  • en Irak : 100 mort.e.s, 5 500 blessée.e.s, pas de chiffre connu de personnes emprisonnées

Au Nicaragua ont eu lieu l'année dernière des manifestations d'étudiant.e.s contre la réforme des retraites et contre la politique gouvernementale qui ont été très violemment réprimées : 561 mort.e.s et 4 578 blessé.e.s en 3 mois, des arrestations par milliers…

Force est de constater que la forme répressive est généralisée sur toute la planète. Il s’agit ni plus ni moins d’une rébellion globale mondiale contre le capitalisme. Les raisons qui ont mis le feu aux poudres et déclenché le ras-le-bol généralisé (Whatsapp Tax au Liban, augmentation du ticket de métro au Chili, prix de l'essence en Irak...) ne sont pas au cœur de la réaction des masses. Ce qui est au cœur, ce sont les 30 dernières années d’ultra-libéralisme et d’injustice sociale qui se sont accumulées. Les populations disent STOP !

Le capitalisme est dans une crise profonde, la seule réponse apportée par les gouvernements est la répression, aucune concession n’est possible. Mais ce qu’on observe au fur et à mesure que les mois passent, c’est que la résistance à l’oppression et à la répression s’organise : un mouvement révolutionnaire se met en place. 
Il y a un an, il n'y avait pas de riposte à la répression physique : au Nicaragua, les manifestations étaient pacifiques, la population n'était pas préparée à la violence des forces de l'ordre d'où le bilan humain très lourd ; en Catalogne, la réponse à la répression se faisait avec des mouvements des mains... Aujourd'hui, une avant-garde, principalement des jeunes, s'organise pour affronter la répression. C'est un élément nouveau qui génère une crise dans les appareils répressifs : les masses ont perdu la peur. Plus il y a de répression, plus il y a de riposte.

De fait, le pouvoir recule dans plusieurs pays : en Irak, le gouvernement a abandonné l'augmentation du prix de l'essence ; au Liban, la taxe Whatsapp n'a pas été appliquée... Mais la poussée des masses continue ! On observe même un accroissement des mobilisations contre les conséquences de la politique du FMI. Poussée par la jeunesse qui, sans espoir, n'a d'autre choix que de descendre dans la rue, l'avant-garde se mobilise de plus en plus : elle est prête à mourir en luttant. Le mot d'ordre planétaire est « c'est maintenant ou jamais, on y va pour gagner ! ». En Amérique Latine, au Moyen Orient, en Asie, c'est le même dynamisme, la même réaction : les gouvernements tombent les uns après les autres. 

Face aux trahisons des partis politiques réformistes et des centrales syndicales, qui passent des accords avec les gouvernements, la menace du fascisme est brandie comme le dernier rempart, le bouclier ultime pour protéger la bourgeoisie. La mobilisation croissante des masses ne s'arrête pas : les révoltes ne s'inscrivent pas seulement contre les gouvernements, mais contre tous ceux qui ont permis d'appliquer les politiques capitalistes contre les peuples depuis 30 ans.

Nous devons défendre les peuples contre la violence de l'Etat, des gouvernements, contre ce qu'on peut qualifier de dérives totalitaires face aux revendications légitimes des peuples de justice sociale et de démocratie.

C'est à cela que sert la campagne AMNISTIE ! JUSTICE ! LIBERTE !

Notre courant La Commune et la Ligue Socialiste Internationale (LIS) appellent à signer, à partager et à faire signer la pétition en ligne 


[1] Chiffres du ministère de l’intérieur au 4 octobre 2019.

Modifié le dimanche 01 décembre 2019
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