Où est STEVE ? Où va la France ?

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 109 - Mardi 16 juillet 2019

Steve Caniço n’a toujours pas reparu, depuis le 22 juin, dans la nuit où les CRS ont chargé les participants à la fête de la musique à Nantes avec des chiens et des grenades. Cette fois, même les dirigeants de SGP Police ont dû réagir contre les conséquences de la répression qu’ils avaient applaudie. Dans le même temps, le pouvoir est frappé de plein fouet par un nouveau scandale à tête de  homards qui apporte un cinglant démenti à toutes les belles paroles « d’exemplarité » égrenées pendant le « Grand débat ».

Où est STEVE ? Où va la France ?
(photo : SEBASTIEN SALOM-GOMIS AFP)

Lorsque nous écrivions « le pouvoir est pris dans une spirale infernale d’où il ne sortira plus », nous ne pensions pas si bien dire. C’était une projection, vite rattrapée par le présent…et Mediapart.

Rugy est donc pris la main dans les pinces de homard.

Prudent, monsieur Philippe attend qu’il démissionne.

Rugy attend que Philippe le lui demande.

Griveaux savonne la planche de Rugy.

Le spectacle n’est-il pas émouvant ?

Macron lui a pourtant renouvelé sa confiance. Al Capone, partisan du juste milieu ? aurait dit la même chose avant que …

Comme si les homards ne suffisaient pas, Rugy et sa directrice de Cabinet qu’il vient de limoger étaient locataires de HLM transformés en résidences secondaires.

Le contraste est saisissant au regard de la mort de Lakhdar Bey, père de famille quinquagénaire souffrant de troubles cardiaques sévères, survenu pendant que la police l’embarquait, au moment de son expulsion d’un logement HLM.

Monsieur Bey était considéré par le bailleur comme « occupant sans droit, ni titre ». Monsieur Rugy est sans droit, mais avec titre…

Ce scandale vient télescoper un autre coup pendable, à savoir, le mini coup d’État honteux du ministre Blanquer pour tenter d’imposer par anticipation le contrôle continu des connaissances pour la Bac et briser la grève des enseignants. Un chef d’établissement a fini par « craquer ». Ce cadre de l’Education nationale relate :

« On a appris par la presse que le ministre nous demandait d’utiliser la moyenne de l’année pour les copies sans note. »

« J’ai donc passé ma journée à chercher des notes. Je ne sais pas comment, mais on a réussi.

Dans mon lycée, les jurys ont pu délibérer.

J’ai tout donné, sans réfléchir. "Sans réfléchir", c’est vraiment ça.

Ce n’est que le soir, en rentrant chez moi que j’ai commencé à réaliser ce que je venais de faire.

Depuis, je me refais le film de la journée, je prends conscience. On est face à un réel problème démocratique : un ministre, sans aucune concertation, a décidé seul de changer les règles.

En tant que fonctionnaire, je dois obéir aux ordres, sauf quand l’ordre est manifestement illégal. Or la question se pose : changer le fonctionnement du bac en cours de route, et appliquer des règles différentes selon les élèves… Est-ce légal ? » ---

«Je n’ai pas fait n’importe quoi mais pas loin.

Le rectorat vient de m’appeler ce vendredi matin, en me demandant d’urgence la liste des candidats recalés qui ont des notes provisoires. Ils peuvent très bien avoir en réalité leur bac la semaine prochaine quand on connaîtra les notes d’examens…

Sauf que se pose le problème de Parcoursup : il faut éviter qu’ils soient radiés trop vite ! Cette liste urgente, je ne l’ai pas, c’est un énorme travail. Je ne sais pas comment faire. On va craquer.» 1

Ainsi, l’affaire Rugy aura finalement permis aux médias institutionnels de faire passer à l’arrière-plan le hold up de Blanquer contre le bac et, plus grave encore, la question plus urgente :

OU EST STEVE ?

A suivre...



Mardi 16 juillet 2019




1 https://www.liberation.fr/france/2019/07/05/resultats-du-bac-apres-coup-je-me-suis-dit-ce-n-est-pas-vrai...

Modifié le mardi 16 juillet 2019
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