NI MACRON, NI MÉLENCHON ! A BAS LA Ve RÉPUBLIQUE DES RÉFORMES ET DES PATRONS !

Publié le mardi 23 octobre 2018
La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 70 – mardi 23 octobre 2018

Nous vivons dans une situation qui dure et qui ne peut plus durer. Nous vivons dans une situation qui, pour l’instant, pourrit parce que des opposants de pacotille et des hauts responsables syndicaux la laissent pourrir, la font durer.
Le pouvoir et les capitalistes pourrissent notre vie, le travail est en miette, les hôpitaux en danger grave, la pauvreté gagne les retraités et les jeunes, toute la vie quotidienne du plus grand nombre est désorganisée, les services publics sont mis en pièces, la désertification des zones rurales s’étend dangereusement. Les droits démocratiques, les droits de grève et de manifestation sont bafoués, la répression s’abat toujours plus lourdement « en bas ». « L’imbécile montre le doigt … » dit-on, il nous montre les pantalonnades et rodomontades d’un « intouchable » dont « la personne est sacrée ». L’imbécile, c’est celui qui nous prend pour des gogos… Celui qui fait fond des stratégies de communication. L’imbécile, même érudit et tout en bagou, c’est celui qui se montre du doigt lui-même, pour le plus grand délice de Macron, soi-même.  Basta !

NI MACRON, NI MÉLENCHON !  A BAS LA Ve RÉPUBLIQUE DES RÉFORMES ET DES PATRONS !
(photo : AFP)
Contenu

« Prévoir le présent »

Notre base de départ

Les sortir tous, pour en sortir tous ensemble !

La FI, nouveau parti…bourgeois

Nos choix ne sont pas les leurs

Pendant que Mélenchon s’excite, éructe, tente d’enfoncer des portes ouvertes, Macron tente de « se refaire » sur le dos des terribles inondations dont les conséquences mortelles pouvaient être, techniquement, technologiquement évitées, si l’Etat macronisé n’asphyxiait pas communes et départements. Pendant que Mélenchon s’ébroue, le Pouvoir, de concert avec des « partenaires sociaux », travaille à ses réformes antisociales et antidémocratiques.

Ce sont ces réformes antisociales que les têtes des confédérations syndicales « accompagnent » au jeu de la « concertation » avec les « réformateurs ».

Sans doute pour nous procurer quelques distractions, de grands clercs parlent de « changer la Constitution » ou « d’assemblée constituante » voire de « République sociale »…

« Prévoir le présent »

Simone de Beauvoir avait dit un jour, judicieusement, « la politique est l’art de prévoir le présent ». De nos jours, l’art de la politique a été supplanté par l’art de la « Com’ », la technique du « Buzz », la manie de susciter « l’affect ». Ce qui permet alors de faire passer sa camelote en contrebande. Eblouir pour mieux aveugler.

Nous nous efforçons de partir de ce qui se passe maintenant ou plutôt de ce que nous pouvons en savoir.

Notre base de départ

Partant de ce qui se passe, nous donnons sans détour, ni fioriture, notre position et la soumettons à l’appréciation des salariés, jeunes, retraités, chômeurs qui nous lisent :

    • satisfaction des revendications vitales (augmentation des salaires et des emplois, etc)

    • abolition des réformes

    • défense des services publics, des hôpitaux

    • Garder ce que l’on a encore comme droits, acquis, garanties collectives, statuts, libertés publiques et individuelles, à égalité, sans discrimination aucune

C’est, selon nous, une base de départ solide pour changer TOUT

Les sortir tous, pour en sortir tous ensemble !

C’est sur des bases, celles des besoins pratiques du plus grand nombre, que nous voulons agir pour les sortir tous ! Oui, les sortir tous pour en sortir tous ensemble !

C’est sur cette base de classe et de masse que nous rejetons le faux choix entre Macron et Mélenchon. Choix d’autant plus faux que Mélenchon veut que Macron reste jusqu’en 2022, quoi qu’il arrive. Choix d’autant plus faux que Mélenchon a rompu toute attache avec le mouvement ouvrier et démocratique, pour devenir un des représentants du chauvinisme populiste le plus écœurant mais non le moins hypocrite.

Il en résulte que le mouvement LFI se rabougrit considérablement et se réduit aux seuls mélenchonistes, éventuellement flanqués de naufragés du PS, de quelques émissaires du « lambertisme », de déçus divers de l’extrême-gauche, revenus de tout sans être allé bien loin et de syndicalistes, il est vrai, qui font l’impasse sur l’aversion de Mélenchon envers l’indépendance des syndicats, qu’il rêve de placer sous sa tutelle. Celles et ceux qui ont vraiment tenu pour l’insoumission, pour « rompre avec ce monde pourri », rompre avec « le monde El Khomri » et « le monde Macron » commencent à rompre avec « le monde Mélenchon » où la démocratie interne n’existe pas, où ce sont les caciques du PG qui « tambouillent » avec les transfuges du PS pour négocier leur place dans la FI, par-dessus la tête des groupes FI. Celui qui prétend « fédérer le peuple » fait tout pour que les groupes Insoumis ne soient pas fédérés !

La FI devient un nouveau parti…bourgeois

La FI devient un parti qui ne dit pas son nom, un parti bourgeois comme les autres, pris, comme les autres dans la crise de ce Régime auquel s’accrochent les chefs FI comme on s’accroche à une épave. Certes, les jours de fête, Mélenchon nous gavera encore avec sa fumeuse 6ème république, sa fausse Constituante…tirée au sort, simple commission de toilettage du Régime en perdition, selon le vieil adage de Lampedusa 1 « changer quelque chose pour que rien ne change ». C’est ainsi que madame la Député Danièle Obono, évoquant Macron, ne manque pas de souligner qu’il est « un monarque présidentiel dont nous respectons la fonction ». 2 La même « insoumise » justifie également le recours à des travailleurs en « autoentreprise » pour la campagne de Mélenchon, ce que les Insoumis appelaient eux-mêmes, il n’y a guère, de l’auto-esclavage. A vomir ! 3

Nos choix ne sont pas les leurs

Une fois n’étant pas coutume, nous tomberons d’accord avec le chroniqueur de plateau Alain Duhamel lorsqu’il affirme :

« Au milieu de tout ce qui lui arrive en ce moment à Macron, sa meilleur chance en ce moment, ce sont ses adversaires » 4 .

Ca crève les yeux, même !

Tout devient clair : le choix entre Macron et Mélenchon devient, chaque jour davantage, le choix entre la peste et le choléra.

Le choix entre « le progressisme » et le « populisme ». C’est non ! Ni maintenant, ni aux européennes, jamais !

A tous les sans-grades, les syndicalistes, les sans-parti, les militants et les jeunes qui veulent changer la vie, les retraités qui refusent que la nouvelle génération vive plus mal qu’eux, nous continuons à dire :

  • Comptons d’abord sur nos propres forces, sur la force du nombre. Nous sommes la majorité sociale.

  • N’ayons confiance qu’en nous-mêmes !

  • Passons entre nous le pacte de la solidarité, tous pour un , un pour tous !

Ensemble, nous saurons vaincre et vivre !





Le 23 octobre 2018





1 Auteur du roman Le Guépard transposé au cinéma par le réalisateur Luchino Visconti

2 https://youtu.be/VY789AWnSXc?t=433

3 https://youtu.be/VY789AWnSXc 03 :38’’

4 https://www.youtube.com/watch?v=YERe-Q7hK-c 07 :55’’


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