Honneur et gloire au Peuple algérien qui combat pour tous les peuples

La Lettre de La Commune, supplément au n° 91 – vendredi 15 mars 2019

Le Monde, journal du juste milieu, qui dit chaque jour la messe politique, est aussi chronologue à ses heures. Lancé dans la « Chrono » de la révolution algérienne (qu’il n’appelle pas ainsi), ce quotidien du crépuscule revient sur la grande journée du 11 mars. Celui qui lira ce récit des événements qui s’accélèrent en Algérie, ne saura pas que ce jour-là fut d’abord celui de la grève générale spontanée. Il retiendra que Bouteflika, mort ou vif, a renoncé à briguer un cinquième mandat et a annoncé une transition « gérée par le pouvoir ». Au chevet de son ami Bouteflika, Macron plaide à ses côtés pour une « transition d’une durée raisonnable ». Comme disait le peuple argentin en révolution en 2001 : « Qu’ils s’en aillent tous et qu’il n’en reste aucun ! »

Honneur et gloire au Peuple algérien qui combat pour tous les peuples

« Tout changer pour que tout demeure », cette formule est devenue célèbre car elle a été reprise dans le grand film le Guépard de Luchino Visconti (1963). Telle est la formule-clé de toutes ces tentatives de « transition ».

Anxieux, Le Parisien titre « Et, maintenant ? ».

Sans préjuger de la suite, nous dirons que la brèche a été ouverte. La lutte des classes traverse tous les pores de la société : 1000 juges refusent de juger les manifestants capturés par les Boute-flics. Les universitaires descendent dans les rues de Tizi Ouzou, la ville rebelle, en criant « POUVOIR ASSASSIN ». La force du peuple réside dans sa jeunesse.

A la vitesse vertigineuse des événements qui embrasent le pays depuis trois semaines, ce qui était un point de départ : pas de 5 ème mandat est déjà dépassé : c’est le « système » qui doit dégager ; là où les chefs parlent de « transition », les masses algériennes s’unissent pour la rupture, affolant tous les « grands de ce monde ».

En 1932, Léon Trotsky lançait : « avant les grands combats, un révolutionnaire ne demande pas ce qui se passera en cas d’échec, il demande comment faire pour que cela réussisse. Cela est possible, cela est réalisable, par conséquent, cela doit être fait » 1

En 2019, à Sétif, à Alger, à Oran, dans les villes et les villages, dans les usines, les écoles et dans les champs, un grand combat a commencé qui ébranle l’Afrique, l’Europe. Le peuple fait le nécessaire pour que cela réussisse.

Cela ne garantit pas fatalement la victoire finale. Le principe « action-réaction » s’applique avec force. Ne trouvant aucun appui en lui-même, le système trouve ses soutiens chez les chefs d’État européens, comme Macron (qui a déjà un pied dans son propre abîme). Le peuple algérien le trouvera dans la solidarité internationale des travailleurs et peuples. Le peuple algérien manifeste aussi à Paris et les grandes villes françaises. Les « compteurs » de la Préfecture de police de Paris se grillent eux-mêmes en affirmant que la Place de la République noire de monde, cela fait …2000 personnes. A se couvrir de honte ! 10 000 serait un chiffre encore en deçà de la réalité.

Le 12 mars, la mafia gouvernante en Algérie a eu la « divine surprise » du soutien que lui apporte, avec la sauce xénophobe qui convient, madame Le Pen,



Le Monde, quotidien qui, chaque soir, est l’arbitre des élégances éthiques (ô, sainte Éthique) éditorialisait, il y a deux jours :

« C’est aussi ce qui rend la situation présente particulièrement compliquée. La rue a le pouvoir, mais il lui manque la méthode pour passer à l’étape suivante. La relève n’est pas prête, ou du moins n’est-elle pas encore connue. Il n’y a ni Havel à hisser sur le trône, ni Adolfo Suarez postfranquiste pour mener cette indispensable transition. C’est cette tâche qui incombe aujourd’hui à l’opposition et au pouvoir algériens : trouver les acteurs sincèrement capables de bâtir sur cet extraordinaire mouvement spontané les bases d’un avenir librement choisi. » . Un « post franquiste » dans une « révolution de velours » et une main de fer, serait-il le bienvenu (avec une bonne tête d’opposant) selon ce journal ? 2

Allons droit au but : Vive le peuple algérien qui se bat pour tous les peuples ! Vive la révolution algérienne ! Système oppresseur, dégage !



A Paris, le 14 mars 2019



1 https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1932/01/320127j.htm

2 https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/03/12/algerie-le-desarroi-du-pouvoir_5434859_3232.html

Modifié le jeudi 14 mars 2019
Voir aussi dans la catégorie Lettre de la Commune - Chronique Hebdo
LA POUDRIERELA POUDRIERE

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 117 - Jeudi 12 septembre 2019 Les manifestations en Gilet Jaune ont nettement repris leur cours, ce dernier samedi, malgré cette répression dictée par...

« QU’ON N’ACCUSE PAS LA POLICE D’AVOIR TUÉ QUELQU’UN » ! LES MENACES DE CASTANER« QU’ON N’ACCUSE PAS LA POLICE D’AVOIR TUÉ QUELQU’UN » ! LES MENACES DE CASTANER

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 116 - Mardi 3 septembre 2019 Castaner-Macron menacent celles et ceux qui rapportent les VRAIES NEWS sur les conséquences de la répression qu’ils ont...

Lettre ouverte aux syndicalistes de la CGTLettre ouverte aux syndicalistes de la CGT

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 115 - Mardi 27 août 2019 La CGT connaît une des plus grandes crises de son histoire. Trop souvent selon nous, cette crise est attribuée à la...

Comment meurt un sans abri – OÙ VA LA POLICE ?Comment meurt un sans abri – OÙ VA LA POLICE ?

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 114 - Mardi 21 août 2019 C’est un sans-abri désespéré. Cela se passe à Menton, en pleine saison touristique. Ses veines sont tailladées au niveau...

Chronique d’une chute de régime – Août 2019Chronique d’une chute de régime – Août 2019

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 113 - Dimanche 11 août 2019 Quand un régime politique crève, ce n’est pas beau à voir. Les coups pleuvent drus, dans tous les sens du terme. Cette...

« UNE AFFAIRE D’ÉTAT »« UNE AFFAIRE D’ÉTAT »

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 112 - Dimanche 4 août 2019 D’abord, il y a la stupeur, le choc, la tristesse. Le Premier ministre y coupe court, sèchement et lâchement.....



HAUT