DERNIER NOËL CAPITALISTE ! (1)

Publié le dimanche 30 décembre 2018
La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 80 – dimanche 30 décembre 2018

« Il faut rêver » s’était exclamé Lénine en 1903 2 lorsqu’il pensait que la révolution russe n’était pas pour demain. La première révolution russe, véritable répétition générale, explosait deux ans plus tard, spontanément. Plus tard, l’auteur surréaliste français André Breton lançait : « l’imaginaire tend vers le réel ! ». Il y’a maintenant un an, aveuglé par ses propres chimères et le beau miroir que lui tendaient les « grands » Médias, Macron formait ses vœux pour 2018 avec une belle assurance et un bel aplomb : « sur le plan national, l'année 2018 sera à mes yeux celle de la cohésion de la Nation. » 3 . Nous connaissons tous la suite, détonante ! Plus ce Précieux Ridicule s’est enfoncé dans l’année 2018, plus il s’est miné. Avant que l’an 18 soit consumé, notre vœu qui n’est en rien pieux est : Dernier Noël capitaliste ! Rêvons- nous ? La volonté n’est-elle pas aussi conçue pour accorder le rêve à la réalité, accorder le rêve avec nos besoins vitaux et à l’exigence de la solidarité dans la lutte ?

DERNIER NOËL CAPITALISTE ! (1)
© Radio France - Diane Sprimont
Contenu

Barbier, le voleur d’écharpe rouge

Le Roy tirant au sort ses sujets…

Le seul opposant politique digne de ce nom…

« Vous ronronniez pour le vieux monde – dans l’opposition objective » (B. Lavilliers)

Elections : qui dépouille qui ?

Après le voleur d’écharpe rouge, vient le voleur de gilet jaune, Philippot

Accorder ce rêve de renversement nécessaire du capitalisme à la réalité, accorder la réalité à ce rêve. Recourir au rêve pour ANTICIPER, quand tant de « réalistes politiques » SPECULENT sur la suite des choses. Parfois, cela peut commencer, comme l’imaginait Lénine, par un journal même artisanal, pour nous regrouper sur notre propre terrain, pour en finir avec le régime qui veut réduire la classe ouvrière et la population à une poussière d’individus « qui ne sont rien », face à la machine économique capitaliste à laquelle est asservie la machinerie de l’État. « Nous ne sommes rien ? Soyons tout »

Barbier, le voleur d’écharpe rouge

L’éditorialiste Barbier, le voleur d’écharpe rouge, ne rêve pas lorsqu’il prédit qu’un « deuxième quinquennat va s’ouvrir dans le quinquennat » pour encourager Macron à faire passer ses réformes par le chas de l’aiguille d’un « grand débat national » dont les « porte-parole » seront tirés au sort. Non, il ne rêve pas, il prend ses désirs pour des réalités, pour se réveiller du cauchemar éveillé dans lequel lui et ses pairs s’enfoncent, croyant pouvoir regonfler le Macron, lui rappeler son premier devoir : en finir avec les retraites et avec l’assurance-chômage, avec les communes et les départements, dès 2019, avant que le ciel boursier mondial ne leur tombe sur la tête.

Le Roy tirant au sort ses sujets…

Le tirage au sort pour des grands débats « citoyens » sous l’égide Macron et même une « 6ème république », ce sont des idées collectées dans le logiciel du « Premier opposant de France », le « Tribun du peuple » dont la personne est « sacrée »…

Le seul opposant politique digne de ce nom…

En fait, nous réalisons qu’il n’y a qu’un seul opposant politique réel et démocratique dans ce pays, c’est, qu’on le veuille ou non, Edwy Plenel. Nous le disons d’autant plus sereinement que nous avons de profonds désaccords avec lui sur le « long cours » et ne rêvons pas de la même chose. Comme Trotsky en son temps, nous préférons un bon démocrate à un mauvais socialiste… Edwy Plenel – Et Laurent Mauduit – mènent, à leur poste- un vrai combat, sans lâcher prise, opiniâtrement, le fait est.

Nous reviendrons très vite sur les derniers et renversants, gluants, glauques et extravagants développements d’une affaire d’État qui devait passer pour un « fait divers » et faire pschitt dès les premiers sanglots longs de l’automne…

« Vous ronronniez pour le vieux monde – dans l’opposition objective, respectant la règle … » (B. Lavilliers)

Lorsque nous pensons aux opposants « médiatisés », il nous revient des bribes de paroles d’une vieille chanson de Bernard Lavilliers, alors rêveur utopique (ce que nous ne pensons pas être) :

«… Pendant que l'ordre et la répression
Nous alignaient contre un mur
Vous ronronniez pour le vieux monde
Dans l'opposition objective
Respectant la règle et la ronde
Dans vos manchettes maladives
Ça sentait le médicament
La frustration et le soumis … » 4

Ces paroles recoupaient nos rêves, par certains traits

«… Nous pressentons une cassure
Une crevasse nette et sanglante
Une balafre dans l'azur
Un cran d'arrêt dans le silence
Une fissure dans le certain
Une embolie dans la finance
Un détonateur dans la main
Un embarras dans la nuance… »

Les opposants « médiatisés », ultra-antilibéraux, plus citoyens que les citoyens, tous plus « gilets jaunes » que les « gilets jaunes » rêvent du ruissellement des urnes et de Lutte des places, bien plus « réaliste » et surtout plus « économique » que la Lutte des classes. « Euros-frigides », ils n’entendent pas sortir de la zone « eurogène », laissant croire que l’on peut « renégocier » des Traités intraitables d’une INSTITUTION « Européenne » conçue pour la « mondialisation heureuse » des rapaces impérialistes « populistes » et « progressistes ».

Elections : qui dépouille qui ?

Charles Rapopport qui fut l’un des pionniers du Parti communiste des années 1920 s’adressait aux électeurs dans les préaux d’écoles en leur lançant :

« Savez-vous, citoyens, pourquoi on appelle « dépouillement » la dernière formalité du scrutin ? C’est qu’à ce moment précis, on vous dépouille pour quatre année de votre souveraineté au profit de Tartempion, candidat, et pendant quatre années il peut vous couper en morceau en vous envoyant à la guerre pour remettre ça, vider vos poches par l’impôt, sans que vous puissiez changer votre élu : il est votre maître ». 5

Voilà qui était du réalisme cru, du réalisme politique sincère ! De l’authentique « parler vrai » sans fard. Quel candidat du PCF s’exprimerait ainsi, de nos jours ?

Nous rêvons d’un parti des travailleurs dont les « porte-parole » sauraient parler ainsi, par exemple, et sauraient écouter ce que disent les sans-grades et ceux que l’État, les banques et les capitalistes DEPOUILLENT, dont « ils vident les poches par l’impôt » et dont ils vident les droits par les REFORMES, un mot qui, de nos jours, signifie exactement le contraire de ce qu’il voulait dire au siècle dernier. Novlangue, quand tu nous tiens !

Après le voleur d’écharpe rouge, vient le voleur de gilet jaune, Philippot

Philippot, le FN défroqué a donc déposé la marque « Gilet jaune » à ses fins propres.

Nous sommes aux côtés de tous ces Gilets jaunes qui se défient de toute récupération politicienne, qui veulent l’alignement des salaires sur les prix, en finir avec les taxes sur les produits, refusent d’être considérés comme des Sujets qui font l’aumône et non comme des citoyens revendiquant de justes droits. Nombre d’entre eux, confrontés à cette crise d’ensemble du système capitaliste qui rebondit sans cesse en s’aggravant, se disent alors, comme leurs aînés :

Le monde doit changer de base !

Par l’affirmation des revendications vitales et du rejet de Macron, de son DEGAGEMENT, nous pouvons tous ensemble prendre une position de départ pour « changer la vie ».

Belles fêtes de fin d’années à toutes et tous,

Haut-les-cœurs !

30-01-2018

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  • Notre Courant, né en 1992, entend défendre le marxisme vivant, le trotskysme, selon nous. Il a été fondé par des dirigeants exclus du Courant dit « lambertiste » et s’est intégré dans le courant trotskyste latino-américain, appelé « Moréniste ».

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Dimanche 30 décembre 2018








1 « Dernier noël capitaliste » fut la Une de Charlie hebdo pour Noël 1973.

2 https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1902/02/19020200y.htm

3 https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2018/01/09/v-ux-du-president-de-la-republique-pour-l-annee-201

4 https://greatsong.net/PAROLES-BERNARD-LAVILLIERS,UTOPIA,23498.html

5 Philippe Robrieux- Histoire Intérieure du Parti communiste – 1920.1945 ; Fayard éditeur, 1980. Page 34.


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