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Balazs Nagy est mort

Publié le jeudi 27 août 2015

Le révolutionnaire hongrois et militant trotskyste Balazs Nagy (Michel Varga) est décédé à 88 ans à Carmaux (France).

Balazs Nagy est mort

Le nom de Balazs Nagy ne dit pas grand chose aux jeunes générations. Pourtant, il fut un acteur essentiel de la Révolution hongroise des conseils ouvriers en 1956 et à ce titre un courageux combattant antistalinien. Il fit partie des quelques 200.000 réfugiés qui passèrent à l’Ouest pour fuir la répression au moment de l’invasion de la Hongrie par les chars du Kremlin venus écraser la Révolution hongroise. Hommage au trotskyste, au révolutionnaire.

Pedro Carrasquedo

C’est dans l’émigration qu’il deviendra un militant trotskiste, au contact notamment de Pierre Broué et de Jean-Jacques Marie. De cette collaboration reste un ouvrage clé « Pologne-Hongrie 1956 ou le printemps en octobre. Textes choisis et traduits sous la direction de Jean-Jacques Marie et Balazs Nagy, présentés par Pierre Broué. EDI 1966 ».

Agent de la CIA et du KGB !

Étant devenu sous le pseudonyme de Michel Varga le responsable du travail est-européen de l’OCI, avec des groupes clandestins actifs en Hongrie, en Pologne et en Yougoslavie, Nagy fut aussi en 1973 la victime d’un procès politique au sein de cette organisation, devenant du jour au lendemain, un « agent double payé par la CIA pour le compte du KGB »!!! Et pourquoi pas du Mikado tant qu’on y est ? Ici, calomnies, insultes et coups furent le moyen de verrouiller une discussion politique normale et nécessaire dans une organisation qui se voulait révolutionnaire. Ces méthodes dignes du stalinisme contre un militant révolutionnaire sont une tache indélébile sur Lambert et la plupart des dirigeants de l’OCI de l’époque qui ont été complices d’une accusation infâme.

Ironie de l’histoire, quelques quatre décennies plus tard, les héritiers du procureur de l’époque (Lambert) se déchirent dans une crise mêlant intérêts d’appareil, insultes, huissiers, violences et questions politiques réelles.

Les méthodes staliniennes dans un parti trotskyste…

Nagy eut ainsi l’honneur de subir le premier le sort que bien d’autres subiront ensuite dans ce courant politique. (Charles Berg, Stéphane Just, Langevin, Panthou, Pierre Broué, Vincent Présumey, Pedro Carrasquedo, Jean-Paul Cros, Antonio, Corbiére…) Il n’en perdit pas ses convictions révolutionnaires et continua sur ce chemin jusqu’à sa mort. (D’après le site « Arguments pour la lutte sociale »

Dans les brigades internationales en Yougoslavie

Balazs Nagy est né en 1927 sur la terre sablonneuse de la puszta hongroise, au sud de Budapest. En 1944 il est déjà à 17 ans dans les premiers maquis communistes qui accueillent l’Armée rouge.

En 1946 il est volontaire dans les brigades de travail internationalistes en Yougoslavie, sur la reconstruction du chemin de fer Brcko-Banovici, en Bosnie. Dès 1949 le régime féroce stalinien de Rakozsi, importé de Moscou, jette les communistes d’intérieur, regroupés autour d’Imre Nagy, dans l’opposition. Balazs perd son poste, devient chauffeur camionneur, apprend à réparer le véhicule délabré dans la boue. Intellectuel communiste promis aux plus hautes fonctions du parti, il apprend la vie ouvrière noire sur le tas et le mépris organique des bureaucrates communistes à l’égard de la classe ouvrière. Réintégré en 1955 avec la fraction réformiste d’Imre Nagy dans le parti, il est déjà l’été suivant dans l’aile des intellectuels du « cercle Petöfi » la plus proche des ouvriers.

Les chars staliniens pour écraser la Révolution

Lorsque, après l’intervention des chars russes, Imre Nagy et son gouvernement se réfugient dans l’ambassade yougoslave, en attendant le résultat des palabres entre Khrouchtchev et Tito, Balazs sert de liaison entre le gouvernement en otage et le comité central de grève des ouvriers de bastion ouvrier de Budapest. Cette expérience directe du dévouement magnifique des ouvriers luttant à mort contre le mépris, la haine, la duplicité et la violence brutale de la bureaucratie l’a marqué pour toujours.

La nature ouvrière de la Révolution hongroise

Le recueil des documents essentiels qui démontrent la nature ouvrière de la révolution hongroise est emporté dans l’émigration par Balazs, d’où est sorti le livre édité par EDI en 1966 avec Pierre Broué et Jean-Jacques Marie « Pologne-Hongrie 1956 ». A la demande de l’institut Imre Nagy de Budapest, Balazs a écrit ses souvenirs dans les années 90 (en hongrois), dédiés au dirigeant ouvrier principal du Comité central de grève Sandor Bali. Après 1989 il s’est installé avec sa femme Françoise à Iszak, sa région natale, mais les raisons de maladie grave les ont obligés de retourner après quelques années en France, auprès des médecins français.

par un des compagnons de Varga : Radoslav Pavlović


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