L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


« Non à Poutine, oui à l'Ukraine ! »

Publié le vendredi 10 décembre 2004
oui à l'Ukraine ! » | UkraineAprès le 2èmetour des élections présidentielles, le peuple ukrainien a, de toute évidence, voté massivement pour faire partir les bureaucrates de vieille souche, anciens apparatchiks du PC comme Koutchma, l'ancien président, ou Ianoukovitch, son premier ministre. Occupation de la place de l'Indépendance, blocus des édifices publics par la vague orange, électeurs de Iouchtchenko et du mouvement de jeunesse Pora ont fait la une des média durant quinze jours. La Cour suprême a dû se résoudre à se prononcer pour la convocation d'un nouveau second tour pour départager les candidats. Précisions.Tout d'abord, il convient de rappeler qu'en 1991, le peuple d'Ukraine a, lors de l'éclatement de l'URSS, voté à 82 % pour l'indépendance, en dépit d'une indéniable pression des partisans de l'union avec la Russie.

l'Ukraine, c'est un pays intégré huit siècles durant dans l'Empire russe, qui a été brièvement indépendant en 1918, avant que Petlioura, le président de la Verkhova Rada (Assemblée nationale) soit chassé en même temps que les Blancs et les Noirs (l'armée anarchiste de Makhno) par l'Armée Rouge. Le peuple ukrainien a été durement traité par la politique stalinienne (au moins 3 millions de morts dans les famines des années 30) et, après la seconde guerre mondiale, il a été tenu en défiance, accusé injustement d'avoir accueilli les nazis à bras ouverts (ce fut le cas de la seule division Vlassov en 1941). En 1954, le stalinien Krouchtchev, ukrainien, cède la Crimée russophone à l'Ukraine sans que quiconque le lui demande. En 1991, l'URSS éclate et les 17 % de russes vivant en Ukraine y restent, bon gré mal gré. Par la suite, on n'entendra pas parler de force centrifuge avant le 2èmetour falsifié de novembre 2004. En revanche, l'Ukraine a récupéré les territoires de l'Ouest pris à la Pologne en 1945 (et novembre1939) par Staline, ainsi que les districts ruthènes et slovaques d'Uzgorod et Mukachevo, à l'extrême Ouest du pays.

Aujourd'hui, le peuple ukrainien a un des plus bas PIB d'Europe et fournit la majeure partie de la main-d'oeuvre immigrée (travaillant généralement au noir) des ex-républiques satellites de l'URSS intégrées à l'UE, comme la Pologne, la république tchèque ou la Slovaquie.

Battre le candidat soutenu par Poutine

La misère et le chômage grandissants (seules les mines n'ont pas été privatisées) expliquent largement le ras-le-bol signifié aux urnes. À présent, les vieux staliniens reconvertis (quoique Iouch­tchenko ne soit pas un jeune démocrate) jouent, pour certains d'entre eux seulement, la menace de la sécession du Donbass, la première région industrielle du pays, première région houillère d'Europe, bastion de la classe ouvrière d'Ukraine. À ce sujet, une remarque : les séparatistes sont ultra minoritaires, même chez les russes d'Ukraine, selon un sondage, et même en Crimée, où pourtant la question peut se poser. En fait, Poutine agite une main de moins en moins invisible : le chauvinisme grand russe qu'il flatte exige que la flotte russe de la Mer Noire, qui loue en Crimée le port de Sébastopol pour dix ans, puisse s'y installer de façon pérenne et que l'" étranger proche ", à savoir l'Ukraine, reste dans la mouvance du Kremlin, comme la Biélorussie. Mais l'impérialisme US veut, lui, que les réformes s'accélèrent et que l'Ukraine devienne l'arrière-cour de l'UE à des conditions économiques plus favorables au " marché ". De même, la classe ouvrière a déjà éprouvé la " gestion Iouchtchenko " sous la présidence de Koutchma il y a cinq ans (1999-2001) Qui a vu une différence entre les deux candidats ? Pourtant, il y en a une, et de taille. Elle ne tient pas aux programmes qui se ressemblent de fait comme deux gouttes d'eau. En effet, comment ne pas voir que les masses d'Ukraine ont majoritairement le sentiment qu'en se débarrassant de l'actuel premier minis­tre pro-russe Ianoukovitch, elles infligeraient une défaite cuisante à leur ennemi principal, Poutine, quitte à voir ensuite. Là encore s'exerce une loi de l'Histoire selon laquelle les masses, n'en déplaise aux idéologues, procédent toujours par éliminations successives. Ce sentiment s'est exprimé avec force dans les manifestations de ces dernières semaines et dans leur principal mot d'ordre : " Poutine, non, Ukraine, oui ! " En ce sens, l'élan révolutionnaire qui monte est incontestable. À suivre attentivement.

Voir aussi dans la catégorie Ukraine
Quelques mots sur l'UkraineQuelques mots sur l'Ukraine

Nous publions ci-dessous un article de Vincent Présumey, militant révolutionnaire et syndicaliste FSU, dont nous partageons les grandes lignes et qui a le grand mérite de « tordre le cou » aux...

Le double jeu de Poutine

En novembre 2013 après la féroce répression des étudiants descendus dans les rues de Kiev, des milliers de personnes s'affrontent à la police spéciale du régime .Le peuple se retrouve sur la...

En défense du peuple Ukrainien

Les révolutions peuvent être d'un seul tenant et connaître des phases. En février 2014, "Maïdan", terme qui désigne à la fois la place et le peuple qui l'occupe, a chassé Ianoukovitch et les...

Ukraine: le printemps des peuples est arrivé en Europe

C'est bien un "mouvement démocratique de masse" qui tente de libérer l'Ukraine d'une "oppression séculaire", écrit Zbigniew Marcin Kowalewski, rédacteur en chef de l'édition polonaise du Monde...

La question ukrainienne, par Léon Trotsky

La question ukrainienne, que bien des gouvernements, bien des " socialistes " et même bien des " communistes ", se sont efforcés d'oublier et de reléguer au fin fond de l'histoire, vient d'être...

En Ukraine, la population ne doit pas se faire confisquer sa révolution

Le week-end dernier, Ianoukovitch, le dictateur ukrainien s'est enfui après plus de trois mois de mobilisation d'une partie de la population et une centaine de morts du côté des insurgés à Kiev....



HAUT