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 ( IV ème Internationale )
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Génocide et pétrole

Publié le lundi 15 janvier 2007
Afrique : DarfourDans des régions où, au XIXe siècle, les impérialismes français et anglais ont tracé au cordeau les lignes séparant leurs empires respectifs,les populations du Darfour au Soudan et du Ouaddaï au Tchad se sont trouvées définitivement séparées. C'est après l'épisode de Fachoda en 1898 que l'Angleterre a pris le pas sur la France dans cette région et qu'elle a " définitivement " accaparé le Soudan. Depuis 2003, la province la plus occidentale du Soudan, est le théâtre d'une guerre sans merci, menée par le gouvernement de Khartoum contre les populations noires, Four, Massalit et Zagawa.Depuis vingt-trois ans, c'est la dictature d'Omar el Béchir qui dirige cet État. Ce général-président a oscillé entre les islamistes d'Hassan al Tourabi dans un premier temps et des partis moins marqués religieusement ensuite, tout en conservant l'essentiel du pouvoir. À peine achevés les combats de plus de vingt ans avec le Sud sécessionniste, la guerre commençait au Darfour. Dans cette région pauvre et sèche, les conflits pour l'eau entre sédentaires Noirs et nomades Arabes ont resurgi à chaque grave sécheresse. Ces conflits latents ont été instrumentalisés par Béchir, qui a équipé certaines fractions des tribus arabes, les Janjawids, pour en faire une milice de cavaliers semant la terreur et la mort dans les villages du Darfour, en réponse à la naissance d'organisations armées de sédentaires Noirs qui exigeaient que Khartoum investisse davantage dans le Darfour jusque là délaissé, notamment les royalties du pétrole extrait dans l'Est du Soudan. Le refus de Béchir d'accéder à cette demande de péréquation des revenus pétroliers a déterminé l'appel à l'indépendance du Darfour. À ce jour, on évalue à près de 300000 morts les victimes depuis 2003.

Concurrence effrénée

Derrière le gouvernement de Khartoum se cache une concurrence sordide, propre à l'impérialisme, pour le pétrole. Les États-Unis, qui avaient jadis classé le Soudan dans l'" Axe du Mal ", font maintenant alterner devant Béchir la carotte et le bâton, car un nouveau venu dans la course à la mainmise sur les matières premières d'Afrique est de plus en plus présent : la Chine. Celle-ci est grosse consommatrice de sources d'énergie, stimulée par sa croissance à 10 % annuels. Il est probable que Pékin a choisi de soutenir Khartoum pour déstabiliser le Tchad. Le Tchad est dirigé par un pantin de l'Élysée, Idriss Déby, arrivé par les armes au pouvoir à Ndjamena en 1990 et protégé depuis par l'Élysée, contre vents et marées. l'armée française fait le coup de poing partout où les différentes factions anti-Déby essaient de s'infiltrer, ces dernières étant équipées par le Soudan. Le plus beau, c'est que les " majors " françaises du pétrole, Total et Elf, ont été évincées du marché de l'exploitation du pétrole tchadien, dont le gisement se trouve à Doba, dans le sud du pays. Elles ont été doublées par les firmes américaines et anglo-hollandaises dès le début de cette exploitation, et l'objectif de Pékin est de se tailler également un créneau sur ce gisement.

" Françafrique "

Dès lors, les objectifs de Chirac au Tchad et en Centrafrique sont simples : maintenir les lambeaux de l'ex-empire colonial pour éviter de se faire éjecter par les pro-américains anglophones comme ce fut le cas au Rwanda. On assiste aux jérémiades du député PS Quilès, qui dirigeait la commission parlementaire ayant blanchi l'État français pour son attitude au Rwanda, geignant parce que le Parlement est tenu à l'écart des décisions prises au sujet du Tchad par la cellule africaine de l'Élysée, rémanence de l'époque Foccart avec ses barbouzes gaullistes. Mais n'est-ce pas la nature même de la Ve République et de la " Françafrique " ? La présence de 1900 soldats français depuis 1980 au titre de l'opération Épervier n'a pas d'autre signification. Et l'attribution du marché de Doba au détriment des firmes de l'Hexagone prouve que Déby n'est pas maître de ses ministres ; d'ailleurs une partie de ceux-ci sont à la tête des mouvements rebelles.
Les sorts des populations du Tchad et du Darfour sont étroitement liés, tout comme celui des Centrafricains. Plus que jamais, il faut dire : " Halte aux massacres ! Bas les pattes devant ces trois peuples ! Droit à l'autodétermination des peuples nomades et sédentaires du Darfour ! Troupes néo-colonialistes dehors ! Nationalisation du pétrole au Soudan et au Tchad !

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