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membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
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Notre conception de l’histoire

Publié le lundi 17 octobre 2016

L’histoire est un processus, un développement. C’est l’histoire des hommes, faite par les hommes en chair et en os. Les idées ont une force lorsqu’elles répondent à des besoins. Elles sont, elles-mêmes, produites par des hommes. Dès l’instant où les hommes s’assignent des buts, des objectifs, des fins, ils « font l’histoire ». Reste à en comprendre les mobiles et les ressorts fondamentaux.

Notre conception de l’histoire

L’homme est un animal. Les animaux, pour subsister, se ravitaillent dans l’espace naturel. La nature leur procure leurs moyens de subsistances. Dans le monde animal, l’homme - marchant sur ses jambes et dont les mains sont désormais « libres » - acquiert une qualité que les autres n’ont pas : il devient capable de produire lui-même ses propres moyens d’existence, de survie et de vie. Par le travail. Il se distingue des autres espèces par le travail. Mais encore, par le travail collectif qui fait de lui un être social.

« Le rôle du travail dans la transformation du singe en homme »

C’est par le travail collectif qu’il acquiert un langage, de par le besoin de communiquer pour produire les moyens d’existence. Ce processus qu’Engels a appelé dans les conditions de son époque « la transformation du singe en homme » (nous savons à présent que l’homme est un « cousin germain du chimpanzé ») s’opère par un très long processus : celui où l’être humain, devient capable de produire plus de moyens d’existence qu’il n’en consomme, donnant alors naissance à une économie naturelle marquée par les premiers progrès techniques (fabrication d’outil, production et utilisation du feu, premières techniques de conservation des aliments avec le sel, etc…) qui débouche sur la naissance de l’agriculture. Le surplus occasionnel en vivres devient un surplus permanent et ce surplus permanent, un surproduit. L’échange basé sur le troc se développe, puis naît ce qu’on appelle un « équivalent général » de tous les produits : la monnaie.

Le surproduit social

Ce surproduit social ne peut être redistribué équitablement à tous les membres de la société, il est encore insuffisant : sa redistribution équitable équivaudrait alors à sa dilapidation, chacun n’en récoltant qu’une infime part aussitôt consommée. Les plus puissants vont alors s’accaparer ce surproduit social et recourir à l’exploitation des autres : esclavage puis servage et de nos jours, salariat. Toutes ces formes d’exploitation « de l’homme par l’homme » ont dans un premier temps donné un coup de fouet au développement des forces productives, avant d’en devenir après leur apogée le principal frein. Inévitablement, se produit un conflit entre les rapports de production et les forces productives.

Rapports de production et forces productives

Par rapports de production, nous entendons : les rapports de propriété des moyens de production, les rapports d’exploitation, une partie des hommes s’appropriant une partie du produit du travail réalisée par l’autre partie. Ce que nous appelons l’exploitation de l’homme de l’homme : esclavage puis servage puis salariat.

Quant aux forces productives, elles sont les instruments de l’activité des hommes et le produit de leur travail. Elles sont à l’origine destinées à satisfaire les besoins sociaux mais, dans le mode de production capitaliste, elles sont vouées à mettre en valeur le Capital, à le rentabiliser. A ce stade, le capitalisme contredit les fins générales de l’humanité cherchant à maîtriser la nature et à en tirer la satisfaction de ses besoins. Et, ce, au point où le capitalisme tend à détruire la nature.

La base de la conception matérialiste de l’histoire

Comme l’écrit Marx (Contribution à la critique de l’économie politique): « Dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui correspondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives matérielles ».

De ce simple constat, le marxisme tire son idée-force : « L'ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, la base concrète sur laquelle s'élève une superstructure juridique et politique et à laquelle correspondent des formes de conscience sociales déterminées. Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel en général. Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur être; c'est inversement leur être social qui détermine leur conscience . »

Cela n’épuise pas le sujet de ce cycle d’exposés sur les marxistes et l’histoire. Engels notera « Nous faisons notre histoire nous-mêmes, mais, tout d’abord, avec des prémisses et dans des conditions très déterminées. Entre toutes, ce sont les conditions économiques qui sont finalement déterminantes. Mais les conditions politiques, etc., voire même la tradition qui hante les cerveaux des hommes, jouent également un rôle, bien que non décisif ». (Lettre à Joseph Bloch, 21 septembre 1890)

Daniel Petri,
15-10-2016


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