L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Vent de panique au sommet

Publié le jeudi 14 avril 2016

Ce mercredi 30 mars, Hollande vacille. Il vient d’annoncer que la réforme constitutionnelle est jetée aux orties. Cet homme sans principes, ni honneur, ni courage, dépouillé de toute humanité semble être devenu un ectoplasme. Avec lui, c’est le régime tout entier qui est à bout. Tout son personnel est frappé de débilité. La lutte de classes reprend tous ses droits. En quelque sorte, tout commence.

Laurence Rossignol est ministre du Droit des femmes. Elle dit en substance qu’une femme faisant le choix personnel de porter le voile lui fait penser à ces « nègres afric… ces nègres américains qui étaient pour l’esclavage ». La morgue, ici, le dispute à la bêtise et fait remonter à la surface le fond raciste de l’islamophobie.

L'insulte au bord des lèvres »

Le même jour, la une de Charlie Hebdo caricature salement Stromae et lui fait dire « papa où t’es ? », des membres et un œil déchiqueté répondent : « je suis »… Le père du chanteur belge a péri dans des conditions atroces au cours du génocide des tutsis en 1994. Le mot d’ordre « Je suis Charlie », tentant d’identifier le rejet des attentats au journal qui en était frappé, avait été « sponsorisé » depuis l’Elysée et il a maintenant le goût de la boue et de la nausée. Après le dessin ignoble sur « ce que serait devenu Aylan s’il avait vécu » en référence à des viols imputés à tort à des réfugiés, Charlie continue à cracher sur les gens, en se protégeant derrière le paravent d’un ersatz d’humour bâti sur de sales équivoques. Michel Sapin, pendant ce temps-là, déclare sans retenue que « le pouvoir d’achat des Français s’est amélioré même s’ils ne s’en rendent pas compte ». Bêtise, sénilité politique expriment ici l’agonie d’un régime et d’un système. Quelques jours auparavant Valls, pour se vendre au CRIF, a décrété que l’antisionisme est une forme d’antisémitisme. Cet homme a toujours l’insulte au bord des lèvres, et ne fait que communiquer sa peur panique de tout. Sur ce, Berger le chef du « syndicat » CFDT aux ordres pérore : « le mal-être des Français se cristallise sur la loi El Khomri ». Mépris ou snobisme ? Les deux, sans doute.

La base de l'unité

Plus à gauche, nous avons monsieur Plus, Besancenot : « se mobiliser contre la loi El Khomri ne suffit pas ». Si, cela suffit, non pas à tout, bien sûr, mais c’est la base nécessaire et suffisante pour sceller l’unité des travailleurs et des organisations pour « garder ce qu’on a », pour préserver le Code du travail, le dernier rempart contre l’exploitation sans limite et contre la destruction de l’avenir de la génération qui s’éveille à la vie consciente. Exigeant vis-à-vis des masses, le facteur RRRévolutionnaire l’est beaucoup moins vis-à-vis des dirigeants confédéraux CGT et FO, lesquels cherchent aussi à faire passer l’idée que le combat pour le retrait de la loi « travail », « ça ne suffit pas ». Qu’il faudrait « discuter » avec les fossoyeurs du « modèle social 1945 », qu’il faudrait un « nouveau Code du travail ». Ce qui s’appelle : noyer le poisson…

La loi El khomri à coups de matraques

Pour sauver sa loi, le gouvernement fait donner la violence policière et cette violence policière appuyée par la BAC se déchaîne dans l’amphithéâtre d’une université, pour la première fois depuis le 3 mai 1968. Un exemple parmi d’autres. Une université fermée pour quelques graffiti ! Ubuesque !

Cambadélis, bouffi et déconfit, présente des « excuses » pour ne pas avoir « fait » la réforme constitutionnelle qui devait « sanctuariser » l’état d’urgence et la fameuse « déchéance de nationalité ».

Ce jeudi 31 mars, sous une pluie battante, plus d’un million de jeunes, de salariés déferlent dans les rues. Oui, monsieur Berger, la colère, la révolte, le refus se sont cristallisés sur cette loi qui est, pour des millions de femmes et d’hommes, la partie qui concentre le tout, l’expression achevée du plan que Hollande avait conçu, il y a quatre ans, au moment même où il s’essayait au lyrisme contre « la finance, cet ennemi sans visage ». Les puissantes manifestations du 31 mars appellent la grève générale jusqu’au retrait de la loi El Khomri et l’aspiration antigouvernementale, anticapitaliste d’une très large avant-garde appelle un nouveau parti, un parti pour la lutte des classes, pour la victoire des revendications vitales et la satisfaction des besoins immédiats des travailleurs et de la jeunesse.

Daniel Petri,
31-03-2016


Voir aussi dans la catégorie Chroniques d'une chute de Régime
Cruauté sociale et effondrement politiqueCruauté sociale et effondrement politique

Il s’appelait Laurent. Il avait 36 ans, il était neurochirurgien en pédiatrie au CHU de Grenoble. Il avait encore la vie devant lui et la passion de son art. Il vient de se donner la mort, ce 4...

Pour chasser le tyran au pied d’argilePour chasser le tyran au pied d’argile

Si on se place du point de vue des institutions de la Ve République et de sa logique de « pouvoir personnel » du président, Macron est le mauvais homme, au mauvais moment. Ce n’est pas une...

La société si vile est mal partieLa société si vile est mal partie

61% d’abstentions, votes blancs et nul. Voilà le verdict final des élections. Sans appel. Ceux qui feignent de ne pas voir finissent par ne plus voir. Nous ne démentirons pas Mélenchon sur ce...

Fuite en avant par ordonnancesFuite en avant par ordonnances

« Mais suis-je pas bien fat de vouloir raisonnerOù de droit absolu j’ai pouvoir d’ordonner ? — (Molière, Sganarelle)Macron, avons-nous dit, est illégitime parce que minoritaire et...

Effondrement en coursEffondrement en cours

Sous les coups de boutoir de la lutte des classes, complètement désarticulé depuis le mouvement du printemps 2016 contre la loi El Khomri, le régime réactionnaire de la Ve République est...

« Le rendez-vous manqué »*« Le rendez-vous manqué »*

Le caractère extravagant de cette campagne présidentielle concentre tous les aspects de la crise de régime, de la crise des partis, de la crise de représentation politique, qui marquent la...



HAUT