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membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
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Le Zaïre sous le talon de fer du FMI

Publié le octobre 2003
Afrique et marché mondiall'impérialisme mondial ne fait entrer l'Afrique qu'à hauteur de 2 % du commerce international (et les Etats du Maghreb et l'Egypte sont inclus dans ces résultats, tout comme l'Afrique du Sud), et pourtant ... l'exemple du Zaïre.Paraissant livrer le continent à un total abandon, les principaux impérialismes veillent cependant au grain, en Afrique noire, par chefs de guerre et présidents autoproclamés interposés. Depuis cinq ans, le nord-est de l'ex-Zaïre, la province de l'Ituri, est en proie à la guerre civile. Conséquence du génocide tutsi, la fuite d'un million de Hutus vers le Congo Kinshasa a permis, au nom du "droit de poursuite", aux gouvernements de Paul Kagamé au Rwanda et de Yoweri Museveni en Ouganda, de piller les ressources du Nord-est congolais, en particulier l'or et la tantalite, ce dernier minerai étant un composant indispensable dans la fabrication des systèmes de guidage d'avions. Pour assurer une guerre endémique, le pouvoir tutsi soutient les Hemas en Ituri et le pouvoir baganda de Kampala arme les Lendus contre les Hemas. Un fructueux commerce naît ainsi d'une guerre qui n'a aucune raison de s'arrêter puisqu'elle est à l'origine de la pérennisation de la présence étrangère en République Démocratique du Congo (RDC).

50 000 morts en deux ans

Plus de 50 000 morts en deux ans, à 90 % civils, des actes de cannibalisme commis contre les pygmées par les soudards de Jean-Paul Bemba, ancien ministre de Mobutu et nouveau seigneur de la guerre louant ses services également en République centrafricaine voisine, tel est le bilan de cette sale guerre du bout du monde. l'inévitable armée française y a fait une éphémère apparition cet été, exclusivement à Bunia, capitale régionale de l'Ituri, sous prétexte de "sécurisation du site et de l'aéroport". En effet, il faut bien évacuer les matières premières vers les anciennes métropoles. Quant aux villages forestiers, les massacres tribaux y continuent de plus belle (encore 55 femmes et enfants abattus à la machette début octobre à 60 km au nord-est de Bunia) et les troupes de Paris ont d'ailleurs à plusieurs reprises survolé en hélicoptère les zones de massacres quelques heures après leur perpétration. À présent, elles ont passé le flambeau à des troupes de l'ONU, népalaises, bangladaises, jordaniennes, etc.

Tous les ingrédients sont conservés pour relancer la guerre civile, et ses sponsors riverains y veilleront, bien que l'Ouganda ait essuyé une défaite dans la province d'Equateur face aux soldats rwandais du RDC "national". Pour l'impérialisme, peu importe qui vient à la mangeoire, dès lors que les "intérêts nationaux" de chacun d'eux sont assurés : il est devenu patent que Washington soutient Kagamé, qui vient d'être triomphalement réélu à Kigali, après avoir interdit d'antenne et menacé d'emprisonnement pour "ethnicisme" ses concurrents, qu'ils soient Hutus ou Tutsis comme lui.

Le choix de la bourgeoisie française

C'est donc vers d'autres composantes du gouvernement de transition que l'État français va chercher à placer ses pions, compte-tenu du discrédit dont la France fait l'objet depuis son soutien au défunt gouvernement génocidaire de 1994 au Rwanda. Peut-être va-t-elle choisir, les vieilles marmites faisant les meilleures soupes, celle de Bemba, le mobutiste de retour avec sa milice très "nouvelle cuisine" ? Mais l'homme est menacé de poursuites pour crimes contre l'humanité. Aussi un second couteau du même acabit fera-t-il peut-être l'affaire ? On n'ose écrire "une seconde machette" Les seuls dindons de cette farce sanglante parmi les politiciens congolais sont ceux qui avaient, et pour certains probablement sincèrement, jeté les bases de la Conférence nationale souveraine (en 1991), comme Etienne Tshisekedi, afin de promouvoir une assemblée constituante souveraine. Ils ont été éjectés de tous les postes et des commissions, eux les légalistes qui n'avaient pas de sang sur les mains, au profit des bouchers de l'Ituri.

Mortalité infantile record

On n'a pas vu les "démocraties occidentales" commenter cette mise en bière des véritables démocrates bourgeois de l'ex-Zaïre. Cela n'empêche pas les eaux tumultueuses du Congo de couler vers l'océan, ni la mortalité infantile d'avoisiner les 106 ‰ (chiffres de l'an 2000, aggravés sans nul doute depuis). Le PIB/habitant a baissé de 8,1 % en dix ans. 80 % des habitants ne disposent que d'un dollar par jour et trois enfants sur quatre souffrent de malnutrition. Et les richesses du Congo sont pillées, en premier lieu, par les Etats riverains (même la petite Namibie a reçu la concession de l'exploitation d'une mine de diamants).

Au-delà, la De Beers sud-africaine (numéro un mondial du diamant), l'ex-Union Minière du Katanga et tous les consortiums intervenant sur le marché des métaux rares continuent à exploiter consciencieusement les ressources principales de ce "scandale géologique" qu'est le Congo-Zaïre. Les masses congolaises n'ont pas eu la parole depuis Lumumba (assassiné en 1961), elles la prendront plus tôt que les intrigants et leurs sponsors ne se le figurent.

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