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membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
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Sous la COUPE Joie et colère

Publié le mardi 17 juillet 2018
Chronique
La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 56 – mardi 17 juillet 2018

Comme il y a vingt ans, la Coupe du monde arrachée par les Bleus a donné lieu à un déferlement dans tout le pays et à Paris, à une marée humaine.  Les avis sont partagés. Hystérie collective ? Liesse d’une « France » moutonnière ? Exutoire ? Le phénomène est plus contradictoire qu’il n’en a l’air. Les Bleus sont considérés comme des héros, pour leur combativité, leur tension vers un seul but : la victoire. Ils sont aussi l’antithèse de ces leaders « opposants » ou « syndicalistes » qui ne cherchent pas à vaincre Macron, qui parlementent ou conversent avec lui. Les jeunes, les salariés qui sont sur les boulevards, en une masse compacte, se rendent comptent qu’ils sont une force, la force de la masse qui se sent unie. Ils n’ont pas un mot pour le chef de l’Etat. Ils sont tout à la fois joyeux et en colère. En première ligne, celles et ceux que l’on appelle « la jeunesse des banlieues ».

Sous la COUPE Joie et colère

Ces événements ne se passent pas sur un autre champ que celui de la vie quotidienne et de la crise sociale, ils s’y insèrent, dans cette situation qui dure et ne peut plus durer. Malheur aux « vainqueurs » qui tenteront de récupérer cette ferveur pour des joueurs ! Bien sûr, cela ne fera pas aimer plus qu’avant le chiffon tricolore ou les grandes institutions sportives et autres pompes à fric. Cela ne nous entraînera pas à faire l’apologie du sport, du « toujours plus haut, toujours plus vite, toujours plus fort » où l’émulation vivante est remplacée par la compétition.

Macron qui, tel un pantin désarticulé, s’est mis en scène tout seul au moment de la victoire, sent qu’il n’en récoltera aucun fruit. Les bleus l’effacent, le mettent au tout arrière-plan et il ne peut que frémir devant ces masses rassemblées de façon compacte sur « ses »  champs, devant son « arc », la foule de toutes celles et tous ceux qui « ne sont rien ».

Au moment où Trump déclare officiellement la guerre économique à l’Union « européenne », Macron a tout lieu de penser que la Coupe ne lui rapportera pas ce « point de croissance » qui lui éviterait de dévisser davantage et l’aiderait à tenir ses troupes. En 1998, la Coupe n’avait eu aucune incidence sur l’économie.

Quant à l’Union sacrée, elle achoppe. En effet, les Bleus n’incarnent pas « les racines chrétiennes » que Ciotti veut greffer à la France. Ils incarneraient bien plutôt cette fameuse jeunesse des banlieues, la jeunesse de l’immigration, le Droit du sol.

Sous la Coupe, d’autres événements se nouent. Quelques jours après les événements de Nantes, l’Etat enjoint la Maire PS  de cette ville, Johanna Rolland, de faire évacuer le camp de réfugiés qui s’est improvisé dans un square nantais. Cette élue locale s’y refuse[1] et s’oppose à la Préfecture, chargée de faire la « tri » honteux des réfugiés. Le lien de cause à effet n’échappera à personne. Les braises sont encore chaudes.

Le temps semble suspendre son vol, « dans la chaude torpeur d’un été »[2]. Pourtant, l’air se charge d’électricité. Même Alain Minc s’en inquiète vivement. « Essayiste, économiste, conseiller ou administrateur de nombreuses sociétés, un temps proche de Nicolas Sarkozy, membre du comité stratégique du groupe Bolloré, éditorialiste… Alain Minc, major de l’ENA promotion Léon-Blum (1975), est un touche-à-tout fasciné par la politique et le pouvoir. Lors de l’élection présidentielle de 2017, il a soutenu Alain Juppé avant de rallier Emmanuel Macron. Il livre son analyse du «macronisme», qu’il définit comme une forme de bonapartisme, à la fois libéral et social », rappelle Laurent Joffrin dans Libération, du 8 juillet dernier. Minc est un bon élève et un de ces apprentis sorciers qui veulent servir de mentor à Macron. La suite de l’interview de ce libéral avancé en dit plus long.

« Après le vote des premières mesures Macron, la croissance ralentit… »

Alain Minc : « Cela ne se juge pas sur six mois mais sur trois ou quatre ans. »

Puis cet ancien énarque lâche :

« En tout état de cause, on ne peut pas continuer comme cela, l’inégalité est trop forte. On risque l’insurrection »[3]

A suivre



mardi 17 juillet 2018





[1] http://www.liberation.fr/societe/2018/07/14/nantes-la-maire-refuse-d-evacuer-un-camp-de-migrants_1666544

[2] Extrait de la chanson de François Béranger – Une ville -

[3] http://www.liberation.fr/france/2018/07/08/alain-minc-l-inegalite-est-trop-forte-nous-risquons-une-insurrection_1665074


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