L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Premières leçons d'un « dimanche noir »

Publié le mardi 01 avril 2014
1er avril 2014 | Chronique hebdo, Municipales, 1er avril 2014Les élections municipales des 23 et 30 mars 2014 sont frappées du sceau d'une abstention massive et sans précédent : 38,5% ! Il en découle une défaite cinglante du gouvernement Hollande-Ayrault. Cette défaite n'est pas le fait d'une vague bleue ou d'une vague " bleu-marine " (FN). Cette défaite a été infligée au gouvernement, non par la droite et l'extrême droite, mais par l'abstentionnisme ouvrier et populaire. En conséquence de quoi, ils sont tous minoritaires, le PS flanqué des Verts et du Front de gauche, tout comme la droite flanquée du FN.

1- Abstention historique : nature et conséquences



Au premier comme au deuxième tour, le taux d'abstention dans ces élections municipales atteint des records historiques : plus de 38% ! Et, comme tous les soirs d'élection depuis 20 ans, c'est la même chose. Commentateurs et politologues de pacotille annoncent les chiffres de l'abstention, se lamentent un peu puis, le reste de la soirée, plus personne n'en parle ni n'essaie de comprendre ou tenter d'expliquer le phénomène et sa portée.
Certes, le phénomène abstentionniste n'est pas nouveau. Il a pris sa source en 1982, lorsque le gouvernement Mitterrand- Mauroy- Fiterman (PS-PCF- radicaux de gauche) s'est engagé dans la voie d'une politique toujours plus clairement anti-ouvrière. Aux municipales de 1983, l'abstentionnisme ouvrier et populaire ne concernait encore qu'une fraction de la base électorale du PCF et du PS. A présent, il embrasse l'ultra- majorité de la base sociale d'origine des partis socialistes et communistes. C'est ce phénomène qui provoque, mécaniquement, en laissant la place à l'électorat de droite, la cinglante défaite du gouvernement en place. Personne ne peut nier que l'abstention renferme un refus net des mesures d'austérité, du chômage, de la misère, du pacte de responsabilité et des " réformes ".

Rappelons quelques chiffres, parmi d'autres, de l'abstention au 1er tour :
Stains ( 93), 61,05% (56,29% en 2008) ; Bobigny 59,44% (53,63% en 2008) ; Les Mureaux ( 78) : 57,37% (52,41% en 2008) ; Mantes-la Jolie (78) : 54,54%( 47,49% en 2008) ; Pierrefitte ( 93) : 58,25% (48,89% en 2008) ; Vitry ( 93) : 57,84% (52,46% en 2008) ; Venissieux : 55,75% (51,75% en 2008) ; Lille : 52,56% (51,17% en 2008) ; Roubaix, 61,68% (60,48 % en 2008) etc.

Et au second tour dans les banlieues les plus ouvrières :
Vaux-en-Velin : 56,7% ; Vénissieux : 52,4 % ; Vitry sur seine : 58% ;Saint Denis : 55% ; Lille : 51,36% ; Evry ( la ville de Valls): 59% ; Grigny : 51% ; Trappes : 55,56% ; Mantes la Jolie : 54,2% etc.

 l'abstentionnisme ouvrier et populaire prend l'ampleur d'une véritable grève générale du vote, il s'apparente à un boycott des partis liés de près ou de loin aux gouvernements pro-capitalistes en place qui se succèdent depuis 30 ans. Il exprime une volonté de rupture avec le régime, avec le gouvernement et avec l'Union européenne.

Nous l'affirmons : l'abstentionnisme des ouvriers et employés, des jeunes, des chômeurs, des retraités pauvres est un mouvement conscient. Dans quel sens ?  Conscient que rien ne peut être réglé sur le terrain électoral dans le cadre de la Vème république et qu'il n'y a pas d'issue ou de " perspective " ou " d'alternative " dans le cadre institutionnel. Conscient qu'aucune force politique ne les représente.

Cet abstentionnisme est porteur, certes non mécaniquement et automatiquement, d'une situation de crise révolutionnaire. Les digues qui protègent encore le gouvernement contre la vague qui se forme finiront par céder. Ces digues sont dressées par les directions syndicales, par les chefs du Front de gauche ( toutes nuances confondues) pour tenter d'empêcher le front unique pour le retrait total du pacte de responsabilité, pour l'abrogation des " réformes ", pour l'arrêt des licenciements, pour l'augmentation générale des salaires et des effectifs .D'ailleurs, cet abstentionnisme a tendance à se répercuter aux élections professionnelles, dans le privé ou le public, du fait de l'aide directe et indirecte que les directions syndicales apportent au gouvernement (élections professionnelles à la SNCF - 20 mars 2014 : 30% d'abstention, tous collèges confondus).

Hier, le mouvement spontané des bonnets rouges, aujourd'hui le raz-de-marée abstentionniste, annoncent la fin de la relative paix sociale dont a bénéficié Hollande, par la grâce des directions syndicales et, il faut bien le dire, du Front de gauche dont, faut-il le rappeler, les principaux dirigeants impulsent la politique des grandes centrales syndicales.. Ceux qui, ils sont nombreux y compris dans le NPA, croient que l'abstention équivaut à de la démoralisation, voire de la passivité, s'interdisent de comprendre la réalité de l'actuelle situation. Et leur réveil sera brutal. l'abstention exprime une profonde colère des opprimés et des exploités. Cambadélis, au soir du second tour, a dit, pour expliquer la défaite : "  il faut désormais une politique pour ceux qui gagnent 1000 à 1400 euros " C'est bien la première fois depuis longtemps que ce renégat du trotskysme a raison ! l'abstention ouvrière et populaire n'exprime pas seulement colère et rejet, elle se dirige résolument contre les fondements mêmes d'un système à bout de souffle et discrédité de haut en bas. Elle se cherche et ne manquera pas, inéluctablement de trouver les voies de la lutte de classes directe. S'interdire de le comprendre, c'est s'aveugler sur la situation, c'est trop regarder du côté des appareils de toute sorte et pas assez du côté de notre classe.



2.   Première conséquence de l'abstention : y a-t-il une " vague bleue " ?



La droite dite " républicaine " a ravi de nombreuses villes à la gauche institutionnelle. Plus de 150 semble-t-il à l'heure où nous écrivons. Le PS a subi, comme le dit Cambadélis lui-même " un dimanche noir " Le propre bras droit de Hollande, Poignant, a été balayé à Quimper. Il faut dire qu'il s'était heurté de front aux bonnets rouges. Quant à Jean-Vincent Placé, ce notable des Verts qui oublie de payer ses amendes, il parle de "  Waterloo ". Les journaux de ce lundi emploient tous les adjectifs dont dispose la langue française pour caractériser la raclée infligée à Hollande-Ayrault. Mais le PCF qui s'est allié dans la plupart des cas au PS en fait tout autant les frais : Saint-Ouen, Bobigny, Villejuif, Le Blanc-Mesnil, Bagnolet, (PCF depuis 1928) comptent parmi ces communes que le PCF administrait depuis des décennies. Le PS lui-même perd des fiefs historiques comme Limoges, " à gauche " depuis plus d'un siècle (1912). A Marseille, la gauche est littéralement écrabouillée. Mais lorsque l'on scrute les résultats en pourcentage des électeurs inscrits, il ne reste en revanche, de la prétendue " vague " bleue, sur le plan arithmético-politique, que l'écume. Regardons-y de plus près donc :
 
Saint-Ouen :
La droite " gagne " la municipalité en recueillant en réalité 28,03 % des électeurs inscrits. Elle est donc élue par un peu plus du quart de l'électorat. Normal puisqu'il y a 45% d'abstentions.
Bobigny :
La droite prend la ville avec 26,4 % des inscrits. Là encore : ultra-minoritaire ! Il y a quasiment 50% d'abstentions
Limoges :
Au second tour, la droite l'emporte avec 27,36% des inscrits. Le FN en recueille un peu moins de 7%. Il y a 35% d'abstention
 
Prenons le cas de Bordeaux où Juppé, maire sortant, a été reconduit dès le premier tour avec 33% des inscrits et une abstention à 45%  Maire certes, mais minoritaire et pas si légitime que ça. On pourrait multiplier les exemples à l'infini. (Pour connaître le pourcentage des exprimés par rapport aux inscrits, liste après liste, il suffit d'aller sur le site officiel du ministère de l'intérieur, les calculs sont déjà faits !)
 
Prenons le cas, certes inquiétant, mais qui mérite d'être traité avec sang-froid d'Hénin Beaumont  gagné  par le FN au premier tour. Le FN obtient en réalité 35,41% des inscrits soit 6006 voix sur 19048. Il est à noter que la liste de droite n'obtient que 3, 88% des suffrages exprimés, en réalité, 1,86% des inscrits. Le FN a " mangé " la droite. Son nouveau maire est en réalité lui aussi archi-minoritaire puisqu'il " représente " environ un tiers de l'électorat.

3-.    Qu'en est-il de la " vague bleue marine " ?



 
Sur ce point, nous serons d'accord avec Juppé, lorsqu'il déclare au soir du second tour : " il n'y a pas de vague bleue marine ".
La plupart des villes " passées au FN " (11 d'après les derniers chiffres, contre 4 en 2008) le sont à la faveur d'une triangulaire ou d'une quadrangulaire.

Béziers : FN= 31,36% des inscrits. 47% des électeurs exprimés.

Hayange : FN= 19,11% des inscrits. Et 34% des électeurs exprimés.

Marseille-secteur 7 = 19,48% des inscrits et 35% des électeurs exprimés. Dans ce secteur, l'abstention dépasse les 50%

A la différence des élections précédentes, il n'y a pas eu de " Front républicain " gauche-droite " face au FN lorsqu'il arrive en tête au premier tour. Dans certains cas, il y a même plusieurs listes de droite maintenues au second tour " face " au FN.

D'autre part, le FN n'a pu atteindre ses objectifs à Forbach ou St Gilles-du-Gard, où Philippot et Collard briguaient la mairie. Les ténors du FN, dont Aliot, époux de Marine le Pen ont mordu la poussière.

Il pouvait par ailleurs espérer " gagner " Villeneuve Saint Georges, à la faveur d'une alliance avec la droite locale. Cette alliance a échoué de peu. La crainte de voir arriver le FN à la mairie a mobilisé une partie des abstentionnistes du premier tour. Au premier tour : 50%       d'abstentions, au second : 40% (ce qui reste énorme) - 25% des abstentionnistes du premier tour ont finalement voté pour liste dirigée par le PCF, pour faire barrage au FN. Il s'en est fallu d'une poignée de voix.

Il n'y a donc pas de raz-de-marée FN tel qu'annoncé par les médias et les partis qui avaient intérêt à l'agiter comme un chiffon rouge pour faire oublier leur propre politique anti-ouvrière et jouer au second tour le " Front républicain " pour sauver leur peau. Certes, il ne saurait être question de minimiser : 11 villes FN, c'est 11 villes de trop. 1200 conseillers municipaux, c'est 1200 de trop ; et on peut donc sans doute parler dorénavant "  d'ancrage du FN " Cet " ancrage " du FN est certes inquiétant mais il convient de garder son sang-froid, pas de quoi dire " tous aux abris ! ", loin de là.
- Le FN a tiré profit de toutes les sirènes médiatiques qui, chaque semaine, depuis des années, depuis 30 ans, nous annoncent " la montée du FN ", le " FN à l'assaut des villes "... Les discours des appareils bureaucratiques (mais aussi de l'extrême-gauche institutionnelle) qui invoquent sans cesse et à tout propos " la montée de l'extrême-droite " sans dénoncer l'ennemi principal, les partis institutionnels qui font le lit du FN ne sont qu'une basse manoeuvre.
- Tout ce tapage encourage la radicalisation à droite d'une fraction de l'électorat des partis de droite institutionnelle UMP-UDI minés par les " affaires " et les dissensions internes, et par la décomposition des institutions de la Vème République.
- Ce phénomène de siphonage d'une partie de l'électorat de droite par le FN est, sur le fond, induit  par le consensus " gouvernement- UMP " sur les questions clés : défense de l'Union Européenne - Pacte de Responsabilité - Poursuite des " réformes " contre les retraites, la Sécurité sociale, les services publics, les HLM, etc.

Nous partageons l'article ci-dessous du journaliste Pascal Riché de Rue 89 ( voir le site ) :

Aucun progrès par rapport à 1995
Nous sommes en 2014. En vingt ans, la crise s'est approfondie, le gouvernement a abandonné tous ses pouvoirs aux forces du marché et aux eurocrates anonymes de Bruxelles : dans ce contexte aussi délétère, le FN aurait dû croître comme d'autres partis nationalistes en Europe. Mais non : comparé aux élections municipale de 1995, le FN fait du surplace :
- en 1995, le FN avait remporté 1 363 sièges de conseillers municipaux ;
- en 2014, il n'en a remporté que 1 180.
- en 1995, la plus grande ville ravie par le FN était Toulon, 170 000 habitants ;
- en 2014, c'est est Fréjus, avec seulement 52 000 habitants.

Les ténors désavoués : Aliot, Collard et Phillippot

Le désaveu des ténors du FN est patent.
A Perpignan, le compagnon de Marine Le Pen, par ailleurs vice-président du parti, Louis Aliot, s'est fait battre à plate couture par le maire sortant UMP, Jean-Marc Pujol, qui l'a emporté avec 55,1% des suffrages. Mauvais joueur, il a accusé le vainqueur d'avoir acheté des voix.
Le député mariniste Gilbert Collard, qui rêvait de commencer une carrière de cumulard à Saint-Gilles (Gard), a perdu face à l'UMP Eddy Valadier. Lui aussi l'avale mal : il entend déposer un recours.
Belle claque, également, pour Florian Philippot, numéro deux du parti et architecte de la dédiabolisation du FN. Il a été parachuté à Forbach, mais son parachute ne s'est pas ouvert : le maire sortant socialiste, Laurent Kalinowski, l'a emporté avec 47,7% des suffrages contre 35,2% pour le frontiste. C'est sa deuxième défaite après celle des législatives en 2012.

Quand ils gagnent, c'est grâce à un concours de circonstances très particulier

Lorsque le FN gagne, c'est presque toujours à cause d'un concours de circonstance exceptionnel. Ce n'est pas le talent de ses candidats qui explique la victoire, mais le coup de bol.
Ainsi, la victoire du FN à Hayange, où se situent les deux hauts fourneaux du site sidérurgique de Florange, ne tient qu'aux promesses gouvernementales trahies (sous Hollande et de Sarkozy) face au désastre industriel local. Le candidat FN est d'ailleurs un ancien Cégétiste.
Le Luc, moins de 9 000 habitants, a été remporté par le FN Philippe de La Grange. Mais c'est une ville tout aussi particulière. Comme à Toulon, Orange, ou Fréjus, d'autres villes où l'extrême droite est forte, il y a ici, sur la commune voisine du Cannet-des-Maures, une importante base militaire : la base-école Général Lejay, les hélicos de l'armée de terre.
Or, comme l'a montré une étude du Centre de recherches politiques de Science-Po (Cevipof), le FN arrive en tête dans le vote des militaires. En 2012, le vote Le Pen était très faible chez les cadres (4%) et les enseignants (3%), mais très fort chez les policiers et les militaires (37%) "
Citons encore le politologue et maître de conférences à Sciences Po Paris, Thomas Guénolé, dans un entretien à Sud-ouest du 1er avril :
Question : " Y-a-il eu une dynamique du second tour au bénéfice du Front national ?  ", réponse de Thomas Guénolé : "  pas vraiment. Le FN a remporté 15 villes dont deux d'envergure, à savoir Fréjus et Béziers. Ce résultat est au niveau des victoires électorales du FN il y a vingt ans. Il n'y a pas de vague bleue marine.( souligné par nous, ndlr) Le parti capitalise 5% des voix. Sachant qu'il ne présentait pas de listes partout, il ne s'adressait qu'à un électeur sur trois. Son score équivaut donc à 15 % en moyenne, ce qui le place grosso modo autour de ses résultats à l'élection présidentielle depuis vingt ans. Jean-Marie le Pen était une locomotive pour la présidentielle. Aux élections intermédiaires, seul le socle de l'électorat du parti continuait à voter FN. La nouveauté, c'est que les électeurs antisystème votent maintenant pour le FN à ces élections intermédiaires y compris "
... Le reste de l'entretien est tout aussi intéressant.


4-Et la " gauche radicale ", dans tout ça ?



 
Le Front de gauche s'est fracassé à l'occasion des Municipales. Dans la plupart des cas, le PCF, rompu à cette pratique du grand écart, a préféré s'allier dès le premier tour avec le PS. Il est même parvenu à entraîner la " GU,  gauche unitaire " (issue de la LCR) dans cette combinaison. Le Parti de gauche et ses satellites ont suscité partout où ils le pouvaient ou qu'ils ne pouvaient faire autrement, acculés à cela par le PCF, des listes autonomes. Lesquelles ont procédé à une dénonciation de façade de la politique gouvernementale, en se proclamant " opposition de gauche ". Cela ne les pas empêchés ici ou là de faire alliance avec EELV. Et, à Grenoble, cette alliance a " gagné " à la faveur d'une quadrangulaire :

EELV- PG = 23,19% des électeurs inscrits et 40% des suffrages exprimés. Abstentions : 41%

A Guéret, le PG (et, malheureusement, le NPA présent sur sa liste au premier tour) a fusionné avec la liste gouvernementale du PS. La direction du NPA n'a rien dit, silence radio. Ce genre de fusion ou alliance contre nature n'est pas l'exclusivité de Guéret, malheureusement : nous y reviendrons en détail, soyons-en sûrs...
Dans l'ensemble, les scores du PG, là où il se présentait, étaient en-dessous de la barre des 10% des électeurs exprimés.

Prenons le cas d'Alfortville : la liste PG (avec le NPA) a obtenu au premier tour 4,12% des inscrits. Il y avait 43% d'abstention dans cette ville ouvrière et populaire.

A Paris, dans le 12 ème arrondissement, Le maire-adjoint sortant Alexis Corbières, second couteau de Mélenchon sombre au premier tour sous la barre de 6%. Il tente de négocier sa gamelle avec le PS et le PC pour le second tour : la négociation a  lieu dans le placard à balais du siège du PS, rue de Solférino Son " camarade " Ian Brossat (Front de gauche-PCF) le tacle avec mépris.

A Montreuil, Mélenchon est venu personnellement soutenir le candidat de la coalition PC-PS-EELV qui l'a " emporté " sur fond de 46% d'abstentions. La coalition " gagnante " obtient en réalité moins de 20% des inscrits. Pour la bonne bouche : Brard, l'ancien Maire de Montreuil, ex-PCF évincé en 2008, était soutenu par ... le POI ! Brard qui, ces derniers mois, s'est distingué dans la chasse aux Roms ! (lire à ce sujet : http://montreuil-vraiment.fr/2013/05/02/roms-montreuil-ville-exemplaire-dans-politis-le-2-mai-2013/) qu'en pense le POI ? Ca n'a pas l'air de l'émouvoir.

Tout démontre que le PG, au-delà des rodomontades " oppositionnelles ", est prêt à tout pour se faire une place dans la majorité gouvernementale, n'hésitant pas à s'allier, en tant que de besoin avec EELV, lequel EELV fait élire la municipalité PS de Nantes, oubliant jusqu'à son opposition à l'aéroport de Notre Dame des Landes... Lequel EELV n'hésite pas non plus à s'allier avec la droite pour se faire une place à Villejuif. Au reste, lorsque l'on regarde le programme de ses listes, ici et là, c'est édifiant : ainsi, à Alfortville, le très radical PG (avec le NPA !) revendiquait des ... contrats d'apprentissage pour les jeunes.( fidèle ainsi, il est vrai, à Mélenchon, le ministre de la Formation professionnelle de Jospin)

Pour les listes NPA ou NPA associées au PG etc., nous consacrerons une chronique sur la question, tant le sujet est édifiant. Partout ou presque, les listes NPA sont en effondrement par rapport aux listes LCR de 2008. Le NPA aurait, selon les derniers chiffres, qui restent à préciser, et toutes combinaisons électorales confondues, 7 élus étiquetés NPA .il semble bien que ce soit fort en retrait et même en effondrement par rapport aux listes LCR de 2008 qui avaient obtenu 19 élus dans les villes de plus de 10 000 habitants. Il reste que certains programmes étaient à dresser les cheveux sur la tête d'un anticapitaliste moyen. Quant aux scores de LO, ils ressemblent à s'y méprendre à ceux, habituels, du PCI-POI, autrement dit confidentiels. Et historiquement bas.

5-Premières leçons immédiates





A cette étape, les abstentions ont une première conséquence, inédite sous la Vème République : au lendemain de la cinglante défaite du gouvernement en place, le Premier ministre est destitué. Comme chacun sait, les élections municipales ont souvent, dans le passé, désavoué les gouvernements en place. En 1977, la gauche les avait gagnées face au gouvernement Giscard-Barre, mais le Premier ministre Barre est resté en place. En 1983, l'Union de la gauche au pouvoir les avait perdues. Mais Mauroy, Premier ministre, était resté en place. En 2008, le gouvernement Sarkozy-Fillon avait été salement désavoué à l'occasion des municipales. Mais Fillon est resté Premier ministre. Cette fois-ci, le chef de l'Etat est contraint de lâcher son insipide Premier ministre qui ressemblait déjà, il est vrai, à un ectoplasme. Valls prend sa place, pour, selon Hollande, mener un " gouvernement de combat " ce qui va glacer d'effroi ceux qui se prennent pour l'aile gauche du PS et les ministres " verts ". D'ailleurs, Duflot s'en va. Valls qui passe pour être plus " social-libéral " et " plus à droite " que ses comparses et qui passe aussi pour l'homme fort du régime. Alors qu'il n'est ni plus ni moins qu'un social-démocrate comme les autres, déterminé à défendre l'ordre bourgeois, les " réformes " et les directives dites " européennes " au compte du Capital financier. Face à la révolte qui couve, Hollande et Valls vont tenter de mettre en place " un gouvernement de choc ", mais en réalité, de choc contre les masses.

Plus que jamais, les opprimés et exploités de ce pays ont besoin d'un Parti anticapitaliste qui sache recruter parmi les abstentionnistes (et les autres) Le NPA sera-t-il celui-là ?


Comité de rédaction de la Revue La Commune :



Paul Rauschert (93) ; Jean-Paul Cros, (34, commission de médiation) ; Pedro Carrasquedo, (CPN, 64, Pays Basque) ; Francis Charpentier (comité Pays Basque, 64) ; Daniel Petri, ((comité 13e Paris) Wladimir Susanj, (CPN, 75) ; Isabelle Foucher ( Paris-Centre) ; Marc Leroy, ( comité Pays Basque) ; Pierre-Yves Chiron ( Paris-Centre)

(Membres du courant Anticapitalisme et Révolution dans le NPA )

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