L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Pour les usagers - Pour les cheminots – Pour la victoire

Publié le jeudi 05 avril 2018

Les cheminots s’engagent dans une vraie grève, étudiants et cheminots réalisent spontanément leur jonction. Tandis que Macron s’efface derrière Philippe- Borne. Tandis que les médias patentés spéculent sans comprendre. Tandis que les usagers cherchent à comprendre. Tandis que les tenants de la gauche plus ou moins radicale ou insoumise tentent de confisquer  le mouvement. Quoi qu’il en soit, cheminots et étudiants ont la parole. Les décisions leur appartiennent. OUI, TOUT LE POUVOIR DE DECISION AUX ASSEMBLEES GENERALES !

Pour les usagers - Pour les cheminots – Pour la victoire

Les chefs de la fédération CGT-cheminots ne semblent pas encore l’avoir compris. L’un d’entre eux  Thierry Nier a prévenu, ce 4 avril, que la grève ne se poursuivrait les 8 et 9 avrilque si les négociations ne s'ouvrent pas"avec le gouvernement. » Il a dit texto « Nous avons aujourd'hui des modalités de grève de deux jours tous les cinq jours. Ce qui permet dès jeudi matin d'avoir une grande majorité des cheminots grévistes à disposition pour reprendre le travail. Et ils vont le faire dès ce mercredi, dans le courant de la journée et la fin de soirée, pour être tout à fait disponibles dès jeudi matin au travail. Ils se présenteront pour leur prise de service. Donc, la direction a les moyens de refaire circuler des trains correctement. Et puis nous sommes sur une nouvelle séquence [de grève prévue] le 8 et le 9 mais, c'est une séquence qui n'existera que si les négociations ne s'ouvrent pas. »[1] .

Pourtant, le 2 avril, Laurent Brun, le numéro 1 de la  CGT-cheminots avait affirmé : « Ce qui pourrait arrêter la grève d'abord c'est le retrait du projet du gouvernement parce que ce projet comporte trois sujets : ouverture à la concurrence, transformation de l'entreprise publique en société par actions et casse sociale. Ces trois axes sont mauvais. Nous demandons au gouvernement de tirer un trait total sur l'ouverture à la concurrence car c'est un mauvais système. »[2]. C’était pourtant, là, la bonne voie !

Au même instant, l’intox gouvernementale bat son plein. Tous les instruments de musique les plus désaccordés sont requis pour leurrer tout le monde.  Exemple, ce « sac à dos social » qui permettrait aux cheminots passant au privé de garder leur statut. Rien de nouveau : tous les cheminots qui ont « basculé » dans les filiales privées ont gardé leur statut initial-

Dans l’immédiat, nous, militants et amis de La Commune, sommes du côté des syndicalistes SUD et FO qui se prononcent pour le retrait du pacte ferroviaire et pour que les décisions soient prises par les grévistes eux-mêmes en AG. (à l’heure où nous bouclons, les dirigeants SUD semblent avoir changé leur fusils d’épaule – voir en « dernière minute », à la fin de cet article)

Dans l’immédiat, nous contestons les propos de ces femmes et hommes politiques qui tout en soutenant les cheminots, disent « S’ils perdent … ». L’heure n’est pas aux supputations, aux suppositions et aux paris.  Comme toujours en pareil cas, la tirade de Jean Cocteau s’applique : « Puisque ces événements nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur..»

En 1995, lorsque Pierre Bourdieu parlait avec les cheminots, il ne leur offrait rien d’autre que son soutien résolu et son écoute. Il réservait ses flèches à la Télévision aux ordres.

Il est bon ici de le rappeler :

« je suis ici pour dire notre soutien à tous ceux qui luttent, depuis trois semaines, contre la destruction d’une civilisation, associée à l’existence du service public, celle de l’égalité républicaine des droits, droits à l’éducation, à la santé, à la culture, à la recherche, à l’art, et, par-dessus tout, au travail. Je suis ici pour dire que nous comprenons ce mouvement profond, c’est-à-dire à la fois le désespoir et les espoirs qui s’y expriment, et que nous ressentons aussi ; pour dire que nous ne comprenons pas (ou que nous ne comprenons que trop) ceux qui ne le comprennent pas, tel ce philosophe qui, dans Le Journal du dimanche du 10 décembre, découvre avec stupéfaction « le gouffre entre la compréhension rationnelle du monde », incarnée selon lui par Juppé – il le dit en toutes lettres –, « et le désir profond des gens ».

Cette opposition entre la vision à long terme de « l’élite » éclairée et les pulsions à courte vue du peuple ou de ses représentants est typique de la pensée réactionnaire de tous les temps et de tous les pays ; mais elle prend aujourd’hui une forme nouvelle, avec la noblesse d’Etat qui puise la conviction de sa légitimité dans le titre scolaire et dans l’autorité de la science, économique notamment : pour ces nouveaux gouvernants de droit divin, non seulement la raison et la modernité, mais aussi le mouvement, le changement, sont du côté des gouvernants, ministres, patrons ou « experts » ; la déraison et l’archaïsme, l’inertie et le conservatisme du côté du peuple, des syndicats, des intellectuels critiques. »[3]

Rappelons que Mélenchon présenté par des médias comme Le Monde comme un instigateur du « mouvement social »[4], s’était sans doute fait porter pâle en novembre-décembre 1995. Il n’a pas pipé mot à l’époque. Enfin, passons…

Cambadélis bouge encore une oreille. Dans l’émission Politiquement vôtre où pérore Madame Verdier-Molinié, grande prêtresse de « tout libéral », Cambadélis prévient : « Dans l’histoire sociale française, à chaque fois qu’il y a eu des ordonnances, il y a eu un mouvement social qui a suivi parce que c’est l’effet différé  du fait qu’on est frustré de ne pas avoir pu dire ce que l’on pensait. Là c’est ce qui est en train de se passer »[5]. Pour mieux prôner à son tour la négociation.

Négocier quoi ? La façon d’envelopper le pacte ferroviaire et la concurrence destructrice ? Le poids des chaînes dans le « sac à dos social » ?

La seule mesure d’ordre pour tous, usagers et cheminots, c’est

LE RETRAIT PUR ET SIMPLE DU PACTE FERROVIAIRE


5 avril 2018

 

DERNIERE MINUTE

Selon l’AFP, SUD-Rail renonce à sa grève reconductible pour "ne pas briser l'unité syndicale"[6]. Quelle unité syndicale ?  L’unité syndicale d’en haut, par-dessus-la tête des Assemblées générales ? Pourquoi alors les chefs de SUD rail ont fait tout ce cirque sur les « modalités » si c’est pour en arriver là ? Insistons encore, que vaut une « unité syndicale »  de salon qui n’est pas vertébrée par l’exigence du RETRAIT DU PACTE FERROVIAIRE ?

Le Parisien dit : « premier épisode de deux jours de la grève des cheminots - très suivie  »[7]

L’unité des cheminots et de leurs organisations syndicales pour le retrait de tout le pacte ferroviaire est la clé de la victoire. AUCUNE HESITATION !


[1] https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/sncf/greve-a-la-sncf/greve-a-la-sncf-elle-ne-se-poursuivra-le-8-et-le-9-avril-que-si-les-negociations-ne-s-ouvrent-pas-avance-la-cgt-cheminots_2688968.html

[2] https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/l-interview-eco/sncf-pour-laurent-brun-de-la-cgt-cheminots-le-gouvernement-est-dans-un-monologue-social_2663290.html

[3] En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/03/22/pierre-bourdieu-avec-les-grevistes-de-1995-contre-la-destruction-d-une-civilisation_5274545_3232.html#SpMsc7y5kv8rFRGO.99 »

[4] https://www.lci.fr/replay/replay-politiquement-show-du-mardi-3-avril-2018-2083535.html - 37 mn 24’

[5] https://www.lci.fr/replay/replay-politiquement-show-du-mardi-3-avril-2018-2083535.html 36mn 31

[6] https://www.huffingtonpost.fr/2018/04/04/sncf-sud-rail-renonce-a-sa-greve-reconductible-pour-ne-pas-briser-lunite-syndicale_a_23403304/

[7] http://www.leparisien.fr/economie/greve-a-la-sncf-il-faut-bien-faire-avec-04-04-2018-7646625.php#xtor=EREC-109-[NLalaune]---${_id_connect_hash}@1


Voir aussi dans la catégorie Lettre de la Commune - Chronique Hebdo
LES ABEILLES DE PALESTINE – « Une révolution qu’ils ne peuvent mettre à genoux »LES ABEILLES DE PALESTINE – « Une révolution qu’ils ne peuvent mettre à genoux »

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 73 – mardi 13 novembre 2018 Une révolution qu'ils ne peuvent mettre à genoux ! Le titre d'un nouvel article sur « la Great return march » en...

100 ans après l’ignoble boucherie impérialiste : L’ITINERANCE PESTILENTIELLE néo-pétainiste DE MACRON-LA-GUERRE100 ans après l’ignoble boucherie impérialiste : L’ITINERANCE PESTILENTIELLE néo-pétainiste DE MACRON-LA-GUERRE

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 72 – jeudi 8 novembre 2018 Macron a un irrépressible besoin de provoquer. C’est un moyen de diversion comme un autre. Une provocation de Macron...

Qui met la CGT et FO dans de beaux draps ? A qui profitent les compromissions permanentes des dirigeants FO et CGT ?Qui met la CGT et FO dans de beaux draps ? A qui profitent les compromissions permanentes des dirigeants FO et CGT ?

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 71 – mercredi 31 octobre 2018 Il est des pronostics que l’on espère être démenti par les faits. Exemple, nous pensons qu’au train où vont les...

NI MACRON, NI MÉLENCHON !  A BAS LA Ve RÉPUBLIQUE DES RÉFORMES ET DES PATRONS !NI MACRON, NI MÉLENCHON ! A BAS LA Ve RÉPUBLIQUE DES RÉFORMES ET DES PATRONS !

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 70 – mardi 23 octobre 2018 Nous vivons dans une situation qui dure et qui ne peut plus durer. Nous vivons dans une situation qui, pour l’instant,...

MÉLENCHON, FAUSSES COLÈRES ET VRAIS PROBLÈMESMÉLENCHON, FAUSSES COLÈRES ET VRAIS PROBLÈMES

La Lettre de La Commune, nouvelle série, supplément au n° 69 – samedi 20 octobre 2018 « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ». La crise politique qui fond sur le Régime...

IL N’Y A RIEN A REMANIER ! QU’ILS S’EN AILLENT TOUS, ET QU’IL N’EN RESTE AUCUN !IL N’Y A RIEN A REMANIER ! QU’ILS S’EN AILLENT TOUS, ET QU’IL N’EN RESTE AUCUN !

La chronique La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 69 – jeudi 18 octobre 2018 Comme si de rien n’était , le Pouvoir continue à prendre des mesures qui frappent cruellement l’immense...



HAUT