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( IV ème Internationale )
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Ce que révèle  l’affaire BENALLA

Publié le samedi 28 juillet 2018

Hystérie, mensonges et vidéos

La Lettre de La Commune, nouvelle série, supplément au n° 57 – samedi 28 juillet 2018

Le peu de recul que nous ayons, une semaine après le brusque déclenchement de l’affaire Benalla, nous donne tout de même une vue imprenable sur l’impasse dans laquelle se trouvent le Pouvoir et le Régime de la 5ème république en ruine. Premier essai d’analyse.

Ce que révèle  l’affaire BENALLA
Contenu

Ce que révèle l’affaire BENALLA

« Venez me chercher »

Au fait, pourquoi les CRS ont chargé ?

Barouf d’honneur et couteau sans lame

Les amorces de l’explosion sociale

Défense des organismes paritaires ou Cogestion ?

Le Pouvoir isolé

Dans les colonnes du Figaro, l’universitaire Arnaud Benedetti évoque « les contradictions d'un pouvoir si sûr de lui-même dans la forme mais si fragile sur le fond ». Et d’ajouter : « La crânerie, ici, vise à pétrifier la critique, à réactiver la machine à admirer, à effacer sur les écrans de la médiasphère le bad buzz de la semaine sans retour. Vieux stratagème propre à tous les pouvoirs solitaires qui présument par construction de leur audace qu'ils confondent bien souvent et à tort avec leur force supposée! » 1

Oui, « semaine sans retour », en effet. Macron ne peut plus s’admirer dans le miroir des médias, tel la belle-mère de Blanche Neige. Tout ce qu’il contient d’artificiel, de superficiel, de fiel s’affiche à la Une.

« Venez me chercher »

L’hystérie s’est emparée de cette affaire : « on a essayé de me tuer et aussi d’atteindre le président» clame l’homme-lige et nervi de Macron Benalla qui se sent victime d’un traquenard. Les oppositions parlementaires sont elles-mêmes frappées d’hystérie collective. Et finissent par déserter la commission des lois faisant office de commission d’enquête, en poussant de hauts cris. Ah, les macronneux font « obstruction » paraît-il, tentent d’empêcher certaines auditions. Et alors ? Derrière la posture des Coquerel, Le Pen et autres « Républicains », nous devinons que ces gens-là ne veulent surtout pas tirer la seule conclusion qu’imposent les auditions réalisées, les mensonges et règlements de compte que ces auditions ont révélées : la démission du chef de l’Etat qui se vante lui-même d’être « responsable » de ce qui est arrivé. Et peut royalement leur dire : « allez me chercher ». Pas cap !

Le clou du spectacle est emporté par l’improbable Danièle Obono qui a demandé à poser pour la postérité avec ses « chers collègues » de droite et …Le Pen ! Les macronneux ne manquent pas d’en faire leurs choux gras.

Chiens qui aboient ne mordent pas. Même lorsqu’ils ont des têtes de crocodiles.

Mais, au fait, pourquoi donc les CRS ont-ils chargé ?

Ni Coquerel, ni Obono, ni Corbière, ni Mélenchon n’ont demandé pourquoi les CRS ont chargé des gens qui étaient au café. Nous savons par exemple que « les deux trentenaires [victimes de l’agression de Benalla] ont, eux, échappé à un jugement, comme les 31 personnes interpellées place de la Contrescarpe » 2 . Voilà qui « interpelle », non ?

Ruffin en tête, les députés insoumis qui se sont exprimés se sont surtout attachés à défendre la Police qui selon le Fakir Ruffin ne se serait jamais laissé aller à la violence de Benalla.

Barouf d’honneur et couteau sans lame

En quittant la commission des lois- d’enquête, les « oppositions » cherchent en réalité à « calmer le jeu ». Elles trouveront dans une « motion de censure » leur baroud d’honneur. Les « républicains » avaient pour leur part un objectif : faire barrage à la révision constitutionnelle.Ils ont marqué un premier but. Notons à la marge que le groupe parlementaire LFI n’exige pas le retrait de cette révision constitutionnelle despotique, absolutiste à plus d’un titre.

Quoi qu’il en soit, le mal est fait. Ce n’est pas seulement l’Elysée qui révèle sa fragilité mais tout autant les chefs de la Police, un « corps » rongé par la violence qu’il exécute, laquelle ne peut jamais être « sans bavure », cette violence de l’Etat fait de plus en plus de morts.

Macron ment, l’Elysée ment, des hauts commis de l’Etat mentent. Les uns se défaussent sur les autres, le linge sale ne se lave plus en famille mais dans la grande laverie des média s.

Les amorces de l’explosion sociale

L’affaire Benalla révèle l’acuité et la fatalité de la crise politique, elle est un moment de la chute du Régime de la 5ème république, cette chute que la révision constitutionnelle de Macron entendait conjurer. La crise politique est l’une des manifestations de la crise sociale. Il existe dans ce pays un refus profond, viscéral des réformes capitalistes et des inégalités. Un refus d’autant plus explosif que les inégalités sont toujours plus criantes, d’autant plus explosif que les gouvernements successifs ont la charge d’appliquer les plans dictés par le FMI via l’UE. Un refus d’autant plus explosif qu’à présent, preuve est faite que le Pouvoir est isolé.

Défense des organismes paritaires ou Cogestion ?

Craignant plus que tout l’explosion sociale, les « opposants antilibéraux » et haut-dirigeants nationaux des syndicats, moyennant quelques fausses actions et marées simulées s’en remettent au bon vouloir de Macron, l’aident à avancer ses réformes, osent le présenter encore comme « légitime », osent « négocier » la « réforme des retraites », appellent le MEDEF à la rescousse pour défendre les organismes paritaires qui gèrent la formation professionnelle, l’apprentissage et …la sécurité sociale. La défense des institutions paritaires, au sens où elles garantissent encore des droits collectifs, indépendamment de l’Etat, ne peut décemment se faire en alliance avec le MEDEF qui cherche à les cogérer avec les « réformateurs » qui « pilotent » la CFDT…et demain, avec Pavageau et Martinez ? Cette défense ne peut se faire dans la collaboration de classes.

Le Pouvoir isolé

Le Pouvoir est isolé. Ce ne sont évidemment pas les médias bien ordonnés qui l’ont isolé mais, bel et bien, la résistance tantôt passive (essentiellement du fait de la politique des Martinez-Pavageau, de leur volonté d’empêcher ou de court-circuiter toute initiative de la base comme on l’a vu à la SNCF) tantôt active des masses laborieuses et de la jeunesse. Résistance qui se traduit dans les urnes par la grève du vote.

Voilà ce que révèle, pour l’instant, cette sale affaire.

A suivre...



28 juillet 2018




1 http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2018/07/25/31001-20180725ARTFIG00162-qu-ils-viennent-me-chercher-comment-macron...

2 http://www.lefigaro.fr/politique/2018/07/26/01002-20180726ARTFIG00231-pourquoi-le-couple-frappe-par-benalla...


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