L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


BRUT DE COLÈRE

Publié le dimanche 18 novembre 2018
A BAS LA TAXE CARBONE – ANNULATION DES HAUSSES – A BAS LA RECUPERATION  ET LES AMALGAMES – COMPTONS D’ABORD SUR NOS PROPRES FORCES.
La Lettre de La Commune, supplément au n° 73 – dimanche 18 novembre 2018

Lorsque surgit un mouvement de révolte spontané, le pouvoir, mais aussi, les Bureaucrates de tout poil veulent y voir des mains manipulatrices, de troubles instigateurs.
Ceux qui tonnent à longueur de temps contre le « complotisme » décrètent soudain que « c’est l’extrême droite » (ce qui revient à lui faire trop d’honneur, soit dit en passant) comme ce fut dans le passé « le complot international » téléguidé par Moscou, ou des « gauchistes, alliés objectifs du pouvoir ».
Il y a aussi ces appareillons qui courent après, ne serait-ce que pour « ne pas laisser le terrain à l’extrême-droite » et qui entendent « élargir » la colère à tous les problèmes sociaux. Or, la colère qui prend corps naît sur le creuset du rejet profond de Macron mais aussi du syndicalisme asservi, tel que l’illustrent les chefs de confédérations au travers de la « concertation », c’est-à-dire du « dialogue Macronal ».

BRUT DE COLÈRE

Nous n’avons jamais prétendu pressentir la forme que prendraient les premières expressions de la colère des masses. En revanche, ces derniers mois nous n’avons pas cessé d’affirmer haut et clair que la politique de Macron, d’une part et l’asservissement des directions syndicales mènent à l’explosion sociale spontanée.

Le mélange crise politique – crise sociale est détonnant.

Notre façon de voir les choses est simple : quel est le point de départ du mouvement qui s’ébauche ? Le rejet de la taxe carbone, le rejet des hausses de carburant qui empêchent de vivre des millions de salariés, de petits entrepreneurs, de travailleurs indépendants, de retraités qui roulent dans des modèles anciens d’automobiles.

« Qui dirige ? Personne, on s’en charge nous-même »

« Qui dirige ? Personne, on s’en charge nous-même 1», seraient tentés de répondre tous ces anonymes, ces sans-parti et sans-grade qui se regroupent, là où ils vivent. La grande majorité de ces habitants en colère revendiquent un mouvement « apolitique » et le mot « apolitique », ici, veut dire : indépendant des partis et des « tribuns »

C’est alors que les anticapitalistes apprivoisés qui dirigent le NPA ou les partisans du « Parti ouvrier » (indépendant et démocratique, nous assure-t-on) courent après le mouvement et cherchent à le globaliser selon leurs critères préétablis (Besancenot) ou, inversement, se placent sur le bas-côté (Parti ouvrier indépendant et démocratique) en disant «le 17 novembre, ce n’est pas la solution » 2 puisque la solution ne saurait être que leur « programme ouvrier ».

Assez d’amalgames !

Ces derniers (POID) qui jouent les puristes perfectionnistes emboîtent le pas à Martinez

Martinez pour le compte de la Paix sociale macronienne, mène campagne depuis bientôt trois semaines sur l’air de « ne manifestons pas avec le FN », comme si la question se posait dans ces termes là pour les millions d’habitants en colère pris à la gorge.

Honteusement, le POID fait passer un ex-FN devenu pro-Dupont Aignan – comme un porte-parole de la mobilisation en cours. Amalgame, pur et simple ! Ce type n’est le porte-parole de personne d’autre que lui-même.

« Lorsque les événements nous dépassent, feignons… »

Mélenchon d’une part, Le Pen et Wauquiez d’autre part appliquent à la lettre la bonne vieille maxime de Beaumarchais : « lorsque les événements nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs ».

La récupération, quant à elle, n’est qu’un moyen parmi d’autres d’affaiblir, de rabougrir un mouvement qui se forme « en bas ».

Hormis les médias et les petits appareils de la gauche radicale, personne ne parle des gesticulations de ces opposants de sa Majesté.

Récupérateurs mais néanmoins Taxeurs

Ce qui unit les travailleurs et la population qui souffre, c’est le rejet de la hausse du carburant et le rejet de la taxe carbone, cette forme d’impôt qui « saigne le malheureux ».

Tous les partis sont dépassés. Mélenchon et Wauquiez, pour ne parler que de ces deux-là, ne figurent-ils pas parmi les TAXEURS ?

Nous n’avons pas oublié comment, au compte de Hollande, le « tribun du peuple » Mélenchon s’en prenait aux bonnets rouges qui, dans le Finistère, se mobilisaient contre l’Écotaxe, en les traitant d’ «esclaves et de nigauds 3

Le châtiment qui guettait Martinez…

En outre, cette mobilisation est le châtiment auxquels les hautes bureaucraties syndicales s’exposent depuis juin 2017, depuis qu’elles ont renoncé à combattre pour l’abrogation de la loi El Khomri et à dire nettement : si cette loi immonde n’est pas abrogée, pas de « dialogue social » et « dialogue social sur ordonnances, pas question ».

C’est le châtiment qui s’applique à ces chefs qui jouent les « experts en syndicalisme » en obtempérant lorsque le pouvoir les convoque à une audience pour l’aider à peaufiner la réforme qui doit tuer tous les régimes de retraite et scier la branche sur laquelle ces hauts-dignitaires des confédérations sont assis .

Les salariés, jeunes, retraités qui exprimeront leur colère demain n’attendent rien des dirigeants qui tournent le dos à la lutte de classes lui préférant les effets de manche et les bras de fer de salon.

Macron, ce n’est pas l’écologie, c’est la guerre !

Macron se grime alors en écologiste pour repeindre en vers ses noirs desseins impérialistes, lui le chef d’un État pouvant se targuer d’être le troisième exportateur d’armes du monde 4, pendant qu’au Yémen supplicié par des armes « made in France », un enfant meurt de faim toute les trois minutes (chiffres UNICEF 5).

Halte à la hausse des carburants, non à la taxe carbone

Mais disons tout de même un mot sur le FN allias Rassemblement national. Une affiche y suffit. « Explosion du prix du carburant – 17 novembre – Tous mobilisés pour faire reculer le gouvernement – 60% de taxes, on n’en peut plus » 6

Où est-il question sur cette affiche d’abandon de la hausse du prix du carburant et d’abolition de la taxe Carbone ?

Que veut dire « faire reculer le gouvernement » ?

Là encore, ce n’est pas parce qu’on peint des rayures sur une hyène qu’elle deviendrait un zèbre !

Un cri de ralliement SANS EQUIVOQUE !

Nous ne savons évidemment pas par avance comment cette mobilisation évoluera. Mais, une chose est claire pour nous :

Nous ne confondons pas les salariés et petites gens des campagnes en souffrance qui y participent et ceux qui voudraient s’en faire les porte-parole et leur faire dire autre chose que ce qu’ils disent : Halte à la hausse des carburants, non à la taxe carbone. Au grand jamais, nous dirons que ces femmes et hommes en colère seraient « les dindons de la farce ».

Leur cri de ralliement, quoiqu’en disent les détenteurs des « grandes » réponses « ouvrières et démocratiques », est absolument sans équivoque, aucune.

La colère ne se nourrit pas seulement de cette mobilisation. Le terrible drame qu’a vécu la rue d’Aubagne à Marseille, jette une lumière crue sur « l’État du logement en France » du fait des choix de « politique de la ville » incitant à ne pas prendre d’arrêté de périls sur les habitations menaçant ruine à Marseille comme ailleurs. 40 000 logements indignes à Marseille. Combien dans les moyennes et grandes villes ?

Un toit décent pour tous, un bail en HLM, à loyer vraiment modéré, est-ce trop demander ?

Et, il faudrait que Macron reste, faire miroiter comme l’extrême-droite ripolinée, des « reculs de Macron » ?

Nous sommes du côté de toutes les revendications légitimes. Dans l’immédiat, c’est RETRAIT DE LA TAXE CARBONE -ANNULATION DES HAUSSES !

Dans le même temps, indépendamment de cette mobilisation, sans lui faire dire ce qu’elle ne dit pas, nous continuons à intervenir sur nos lieux de travail et de vie pour

  • DEHORS LA MONARCHIE BANANIERE – DEHORS MACRON.

  • ASSEZ DE SYNDICALISME ASSERVI – POUR LE RETOUR AU SYNDICALISME DE LUTTE DE CLASSE, DE REVENDICATION ET D’ACTION –

  • DEHORS LES REFORMES – PLACE AUX REVENDICATIONS VITALES

  • COMPTONS D’ABORD SUR NOS PROPRES FORCES !



Vendredi 16 novembre, 20 heures.




Dernière minute :

« IRRECUPERABLES »

En tout premier lieu, nous voulons adresser toutes nos condoléances à la famille de la manifestante tuée en Haute-Savoie, à ses proches et aux personnes qui étaient à ses côtés sur le barrage qu’elles occupaient.

Macron-Castagner portent la responsabilité politique et morale des incidents qui se sont produits : Près de 230 blessés. Ce sont eux qui « passent en force ». Cette responsabilité est aggravée par la répression qu’ils ont déchaînée en maints endroits. Transition écologique à coups de matraque ? Non, c’est tout simplement l’exécution de leur politique vomie spontanément par la population, une politique qui ne peut décidément s’appliquer autrement qu’à coups de matraques et de lacrymos.

.

Les médias cherchent à détecter les « électeurs FN » et « les électeurs FI » parmi les centaines de milliers de « gilets jaunes ». Ils reviennent bredouilles car ce n’est pas une manifestation de « votants ».

C’est une mobilisation sociale ouvrière, populaire et jeune au sens le plus « brut » du terme, sur son terrain le plus direct de l’action collective. Laissons les « médiateurs » parler, si cela leur chante, de mouvement « protéiforme » pour brouiller l’essentiel : les participantes et participants sont des salariés pris à la gorge, des salariés retraités, des salariés au chômage.

Elles et ils parlent tous d’une même voix : assez de taxes, assez de hausses, assez de bas salaires, assez des dégâts de la politique du pouvoir, conscientes et conscients qu’ils se dressent « contre le gouvernement ». Une partie d’entre eux affirmant naturellement « Macron – démission ».

Encore une fois, pas question pour nous de spéculer, de calculer sur l’avenir du « mouvement des gilets jaunes ». Gageons pour l’instant qu’il est « irrécupérable ».

A suivre.





Dimanche 18 novembre 2018 – 17 heures





1 Titre d’un ouvrage relatant la grève des jeunes de décembre 1986- SELIO éditeur. Ce titre reprenait les propos d’un lycéen mobilisé pour le retrait du projet de réforme des universités. L’unité autour de ce mot d’ordre Avait été le vecteur de la victoire des jeunes. . ( Comme quoi, les actuels rédacteurs du journal du POID nous avaient habitué à mieux, mais c’était il y a bien longtemps …)

2 https://latribunedestravailleurs.fr/2018/11/16/17-novembre/

3 http://www.jean-luc-melenchon.fr/2013/11/02/le-2-novembre-en-bretagne-chacun-sa-classe/

4 http://www.europe1.fr/economie/la-france-est-desormais-le-troisieme-marchand-darmes-au-monde...

5 https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/yemen/yemen-un-enfant-meurt-toutes-les-10-minutes-alerte-l-unicef...

6 https://twitter.com/search?q=marine%20le%20pen&src=tyah


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