L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
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A nouveau à propos de Mélenchon et de la France insoumise

Publié le vendredi 19 mai 2017

Depuis un an, notre organisation s’est clairement prononcée contre Mélenchon et sa politique et s’est attachée à expliquer en quoi, selon nous, cette politique est réactionnaire sur le fond. Pourtant, pour des millions de travailleurs et de jeunes, Mélenchon et la FI incarnent la résistance à la politique capitaliste et la volonté d’un changement démocratique balayant Le régime actuel (Ve république).  Aux yeux de millions de salariés, il est apparu comme le candidat qui entendait abroger la loi El Khomri et pourfendre les Traités de l’UE. Par quels moyens, et pour quelle fin ?

A nouveau à propos de Mélenchon et de la France insoumise

Des militants ou anciens militants estiment que notre attitude vis-à-vis de Mélenchon est sectaire, même lorsque nos critiques leur paraissent justes ou pertinentes. Selon eux, nous serions plus efficaces pour « peser » en « accompagnant » le mouvement « insoumis » et nous aurions dû appeler inconditionnellement au vote Mélenchon. Un vieil adage marxiste dit : « un pas en avant vaut mieux qu’une douzaine de programmes », le tout étant de savoir dans quelle direction Mélenchon avance. En ce qui nous concerne, nous avons appuyé, entre les deux tours, la base « insoumise » qui a milité pour le « Ni-Ni » et avons refusé de hurler avec les loups lorsque Mélenchon a refusé d’appeler personnellement à voter Macron, tout en comprenant qu’il louvoyait. Dans le même temps, son « parti de gauche » appelait, avec des gants, à voter Macron.

En rupture avec le mouvement ouvrier

Pour l’heure, la FI n’est ni un parti, ni un mouvement, ni une coalition (à la différence de Syriza) et ne se réclame pas non plus de « la gauche radicale ». Mélenchon l’a admis : la FI est une mouvance. Mélenchon tente clairement de l’orienter contre le mouvement ouvrier et la lutte de classes, après l’avoir parasité. Chauvinisme avec des relents xénophobes et islamophobes, renoncement à l’emploi du terme « camarades », renoncement au chant de « L’internationale » pour « la Marseillaise » marquent cette rupture avec le mouvement ouvrier au nom de « la force du peuple », de « l’ère du peuple », de « l’intérêt général humain » et autres formules creuses. Tout cela traduit une évolution vers la droite. Cette évolution sera-t-elle irréversible ? Nous verrons bien. Il est très important de souligner son impérialisme, sous les traits du « francocentrisme » et une posture « anti US ». En 2011, Mélenchon avait soutenu l’intervention de Sarkozy en Lybie. En 2015, il a soutenu l’intervention de Poutine en Syrie, puis les bombardements d’Alep. Plus récemment, il s’est prononcé pour une coalition universelle en Syrie pour le partage de ce pays entre rapaces impérialistes Us, France, Russie. Il a également proposé une conférence internationale pour redessiner sur le dos des peuples les frontières de l’Europe de l’Est, notamment en Ukraine.

Des mesures anti-ouvrières et institutionnelles au programme

Son programme contient des mesures pour mettre en pièce la sécurité sociale basée sur les cotisations (le salaire indirect ou différé) et pour imposer des nouvelles formules de travail précaire mais aussi rétablir le service militaire. Le changement démocratique qu’il a proposé est une assemblée constituante, à côté du parlement actuel et de la « Présidence de la république ». Une assemblée constituante …dans le cadre de la Vème république. Une assemblée constituante dont une partie des représentants seraient …tirés au sort !

La France Institutionnelle ?

Mais, ce qui doit attirer le plus notre attention est son attitude présente à l’égard de Macron. Aux élections législatives, il demande d’élire une majorité de députés « insoumis » pour établir un gouvernement de cohabitation avec Macron, dans le cadre de la Vème République où le dernier mot revient toujours au président. Ainsi, lorsque Jospin a été le Premier ministre du président de droite Chirac, il a dû renier une grande partie de ses promesses et a procédé à un grand nombre de privatisations, porté un coup de frein aux salaires, il s’est refusé à intervenir face aux plans de licenciements dans les grandes entreprises. S’il avait tenté de mener une autre politique, Chirac aurait pu refuser de promulguer ses lois ou dissoudre à nouveau l’Assemblée Nationale. Jugé responsable de mesures impopulaires, Jospin a été éliminé dès le premier tour des élections présidentielles de 2002 et Chirac a été préservé puis réélu. En « bataillant » pour la cohabitation avec Macron, Mélenchon l’adoube et le légitime. Macron, ce chef illégitime parce minoritaire et minoritaire parce qu’illégitime. Mélenchon est , dès lors, à des années lumières avec le changement de république qu’il a tant vanté ;

A l’heure où nous écrivons, la percée électorale de Mélenchon est un feu de paille car sa stratégie « institutionnelle » est sans issue. Mélenchon n’est pas au centre du monde. Dès le premier tour un fort courant abstentionniste ouvrier et populaire du refus s’est affirmé et a donné corps à un très puissant « Ni-Ni » au second tour qui reflète la prise conscience de larges de couches de salariés et de jeunes qui apprennent à compter d’abord sur leur propre force et cherchent l’issue dans l’action indépendante, de classe et de masse. C’est cette « mouvance » là que nous appuyons. Vive l’unité et l’indépendance des travailleurs !



le 19 mai 2017


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