L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
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L'espoir

Publié le lundi 13 novembre 2017
L'espoir

Depuis deux mois, le peuple catalan secoue le joug de l’oppression et cherche les voies et les moyens de donner corps à sa propre république.

En France, tous les partis (jusqu’au …FN) ne jurent que par la République et la laïcité. Mais, lorsqu’une vraie république s’avance face à une monarchie antilaïque, tous ces amants de Marianne poussent de hauts cris : c’est illégal ! Le Monde qui croit détenir une part de vérité sur le marché médiatique se mue aussitôt en organe officieux de cette monarchie. Dans son concert de casseroles institutionnel, Mélenchon n’est pas le dernier. Il est en première ligne pour tancer vertement un peuple qui a pris au mot sa belle formule d’insoumission.

L’espoir que soulève ce vent de liberté à Barcelone réveille aussi toutes sortes d’esprits chagrins, tatillons, grands sceptiques mais très radicaux. Leur sentence est parfois sans appel : « les ouvriers catalans sont embarqués dans une aventure et se battent pour des intérêts qui leurs sont étrangers ». Ainsi, l’intérêt des ouvriers serait comprimé entre les quatre murs de leur « taule ». Ce qui revient à dire aux ouvriers : « mêlez-vous de vos affaires ». Or, c’est ce qu’ils font, ces centaines de milliers d’ouvriers, d’employés qui ont compris par expérience que « la question sociale » ne peut trouver de solution dans le cadre de contrainte et d’obéissance qu’est l’État espagnol avec son régime « néo » franquiste. Ces esprits chagrins qui considèrent qu’une révolution commence obligatoirement sous les drapeaux rouges et en chantant l’Internationale répètent à l’envi que les ouvriers catalans sont sous l’emprise de la « bourgeoisie catalane ». Cette bourgeoisie-là a vite choisi son camp, celui des gardiens de ses privilèges : la monarchie ! Quitte à sacrifier ses représentants politiques « locaux ».

Ceux qui juraient que les indépendantistes catalans faisaient le jeu de l’Union européenne ne sont pas mieux lotis : les chefs de l’UE mais aussi Trump sont « vent debout » contre la révolution catalane. Macron - flanqué de Valls - monte en première ligne contre cette levée en masse. Ce n’est évidemment pas par amour de l’Espagne « unie ». Ils craignent ce qu’ils appellent la « contagion ». En effet, le printemps catalan s’inscrit dans une trame : celle du Brexit en Angleterre, du printemps 2016 en France contre la loi travail, du combat pour le droit à l’avortement en Irlande. Quels que soient leur point de départ apparent, tous ces mouvements tendent à renverser l’ordre établi en Europe et dans chaque pays. Tous ces mouvements sont aux prises avec la « réforme permanente » qui détruit la vie sociale et la vie démocratique, dans tous les pays.

Ces « grands de ce monde » donnés gagnants par les grands médias et les mauvais augures de type Mélenchon sont isolés des populations, ne recueillent d’adhésion que dans les couches sociales les plus restreintes, les plus parasitaires. Ils n’ont d’autre programme que de transformer les hôpitaux en machines à sous, en hospice à refouler les patients, en usines qui incitent les personnels au suicide. Tout leur programme se résume à une impasse …avec des matraques. En France, le Parlement n’est plus qu’une cour des miracles. Aussi, de même que la crise de la monarchie en Espagne a préparé les événements actuels en Catalogne, la crise du vieux régime né il y a bientôt soixante ans en France porte en elle ce que Mélenchon appelle « la pagaille », c’est-à-dire le rassemblement au grand jour de tous les exploités et les opprimés n’y tenant plus, lequel ne se produira pas selon le schéma préétabli de la dite « convergences des luttes », mais, comme en Mai-juin 1968, à la surprise générale, à partir d’un problème ou d’un fait « de trop ». C’est cet espoir que porte la révolution en cours en Catalogne : celui de l’émancipation.

Les « objectifs » du mouvement catalan ne seraient pas « assez clairs », préviennent les esprits chagrins. L’objectif actuel du mouvement n’est pas, un point de chute mais une position de départ qu’il appartient à tout révolutionnaire sérieux de défendre pour pouvoir ouvrir une perspective de transformation sociale digne de ce nom.




12 novembre 2017


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