L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


"une époque de changement..."

Publié le mercredi 17 février 2010
BielorussieNous avons rencontré Anatoly Matvienko, dirigeant du Parti des Travailleurs en
Biélorussie au congrès du Mouvement Socialiste des Travailleurs en Argentine.
Nous avons discuté avec lui et reproduisons, ci-dessous, des extraits de l'entretien
que nous avons eu. Une entrevue riche d'enseignements sur la situation en
Biélorussie.
Comment a été perçue dans ton
pays la crise qui a éclaté aux Etats
Unis ?




A. Matvienko : le soutien des
banques aux industries a diminué. Les
entreprises n'avaient personne à qui
vendre leurs productions. Et les licenciements
ont commencé sous n'importe
quel prétexte. C'est ce qui s'est passé
dans une entreprise de construction
automobile de 30 000 ouvriers. C'est
une coutume populaire : tenir des réunions
et des fêtes chaque fin de semaine.
Un lundi, le gouvernement fit stationner
une ambulance à la porte de l'usine
pour faire des contrôles d'alcoolémie.
Interpellant les travailleurs en s'exclamant
" Tu es saoul " pour qu'ils soient
licenciés pour infraction avec la loi.
Cette même loi dit que le travailleur
licencié ne peut retourner travailler dans
une autre entreprise. Ceci est un exemple
parmi beaucoup d'autres.



Y-a-t-il des luttes de résistance ?



A. Matvienko : oui, mais elles sont de
caractère spontané. Il n'y a pas de luttes
organisées parce que la répression de
la part de Lukachenko est très forte. Les
employés de l'Etat n'ont aucun droit
d'organisation, c'est un point du contrat
de travail. Notre parti n'est pas reconnu,
bien qu'il remplisse toutes les conditions
exigées.

Dans ces conditions, quelles sont
ses activités ?




A. Matvienko : nous organisons des
matchs de foot et nous distribuons des
tracts et nous discutons avec les
joueurs ... En dépit des persécutions -
cela fait un moment que je ne peux sortir
tout seul dans la rue - des attaques
politiques et physiques dont nous sommes
victimes avec tous les autres secteurs
d'opposition au gouvernement,
sans parler de nos faibles moyens
financiers, nous continuons de développer
notre activité politique.

Nous avons récolté 400 000 signatures
contre les contrats précaires mis en
place par le patronat. Cela devait suffire
pour que le gouvernement appelle à un
référendum mais il ne l'a pas fait, ignorant
totalement ces signatures.

Le parti compte des centaines de militants
comprenant des syndicalistes
ouvriers, des trotskystes et des sociaux
démocrates alliés pour s'affronter à
Loukachenko. La base fondamentale du
parti est le syndicalisme ouvrier. Le parti
a son siège au syndicat de l'industrie
radio électronique. Nous éditons deux
journaux : " Résistance ouvrière " et "
Solidarité ". Nous avons des groupes de
jeunes ouvriers qui organisent des
séminaires marxistes de critique au
capitalisme.

Quelle est la situation dans les pays
de l'ex-URSS ?




A. Matvienko : il y a eu toute une
vague de manifestations, les gens sortaient
dans la rue, brûlaient des autos et
s'affrontaient avec la police. Les gens
se sont rendu compte que le capitalisme
amenait la pauvreté et ils cherchent
une autre voix. Certains regrettent
Staline et son ordre, en Russie c'est une
politique d'Etat. Face aux révisions critiques
de l'histoire officielle russe, le
président Medvedev a créé une commission
qui va trancher sur ce qui fut
des erreurs et ce qui n'en fut pas. En
prévision du prochain anniversaire de la
défaite nazie, il y a des milieux qui
reprennent le thème : " Staline vainqueur
". Et l'on trouve des jeunes fascistes
organisés ... De l'autre côté, il y a
beaucoup de jeunes idéologiquement à
gauche. On recommence à lire Trotsky.
En Russie il y a une situation différente,
de nombreuses luttes, bien qu'elles
soient occultées par les médias. A
Saint-Pétersbourg, les travailleurs d'une usine
de ciment, aux mains d'un riche russe
ont barré la route parce qu'on ne leur
payait pas leurs salaires. Le premier
ministre, Poutine, qui est en réalité celui
qui a le pouvoir, s'est rendu en urgence
sur le lieu du conflit et s' est exclamé " je
n'aurais pas dû venir ici, je n'ai pas à
soutenir cela " Pourquoi a-t-il pourtant
été obligé d'être présent ? Il avait peur
que ce conflit s'étende et débouche sur
une situation similaire à celle des
années 90 où les ouvriers se rassemblaient
dans les rues défiant le pouvoir.
Poutine n'était pas en conditions de
réprimer, aussi il a menacé : " ou vous
payez, ou je nationalise l'usine !", les
patrons ont cédé et payé les salaires.



La Russie est une poudrière. Le mouvement
ouvrier peut surgir à n'importe
quelle occasion. Il y a des économistes
russes qui disent que le système économique
du pays peut s'effondrer à tout
instant. Il y a aussi des mouvements
importants en Pologne et dans les Pays
Baltes.



Traduction : Elie Cofinhal,

29 janvier 2010

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