L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Un putsch pro-impérialiste

Publié le septembre 2009
<img src="/files/images/Honduras_Palais_presidentiel.png" style="float: left" /> HondurasLe Honduras, capitale Tegucicalpa, est un petit pays d'Amérique centrale de 7.500.000 habitants dont la superficie est le
cinquième de celle de la France. 70% de ses exportations (bananes, café et sucre) se font à destination des Etats-Unis,
dont il est de fait une semi-colonie aux mains de 15 familles qui le contrôlent. C'est pour lui que l'humoriste américain
O.Henry a inventé en 1904 l'expression de " République bananière ". Le 28 juin, deux heures avant une consultation populaire
devant autoriser le président de la République, Manuel Zelaya, à convoquer une Assemblée constituante, l'armée hondurienne
a organisé un putsch et expulsé le président et sa famille hors du pays.
Depuis que Zelaya se trouve au
Nicaragua à proximité de la
frontière du Honduras, il n'y a
pas eu de changements stratégiques
dans les deux camps en lutte. Zelaya
s'occupe à organiser ce qu'il appelle
une " armée populaire pacifique " et
bien qu'il conserve des espoirs dans
l'intervention des Etats-Unis, il a déclaré
" Les peuples ont le droit de protester,
le droit à l'insurrection, c'est le cas
du peuple du Honduras, qui est réprimé
brutalement
". De son côté Micheletti
justifie le putsch qu'il a organisé : " Nous
avons sauvé le pays de l'autoritarisme
".
Ce chef d'entreprise dit avoir construit
un barrage contre " l'interventionnisme
de Chavez ". Le régime, de fait, justifie
ses affirmations en essayant d'éteindre
les protestations par la répression contre
la population en général et les dirigeants
en particulier.

Alors que continuent grèves, mobilisations
et barrages routiers lancés par
le Front National de Résistance, l'impérialisme
continue sa pression pour
que chaque partie accepte l'accord de
San José avec la médiation d'Arias et
donne ainsi de l'oxygène aux putschistes
de Micheletti. Les tensions
s'aggravent dans la région, sur fond de
débats sur l'utilisation des bases américaines
en Colombie, Chavez parle
d'une possible guerre et Rafael
Correa, président de l'Equateur, déclare
que certains veulent le déstabiliser "
après Zelaya, le prochain c'est moi "
affirme-t-il.

Un conflit dans le cadre de la nouvelle étape de crise capitaliste

Cet affrontement est dans une dynamique
dont l'issue est incertaine et il
faut analyser la situation du Honduras dans un contexte plus général. La crise
capitaliste commencée aux Etats-Unis
et qui s'est répandue sur toute la planète
a ouvert une nouvelle étape dans la
situation mondiale, avec des affrontements
et une polarisation croissante,
qui aboutissent à de grandes luttes et à
des situations révolutionnaires. C'est
une bataille dans laquelle l'impérialisme
et la bourgeoisie vont essayer de
recomposer le système, créer de nouveaux
mensonges politiques et idéologiques
à l'échelle mondiale, ils vont
combattre avec toutes leurs armes pour
que le système ne disparaisse pas et
que les peuples pauvres paient les
coûts de leur crise. La question est : que
vont-ils faire dans des conditions qu'ils
leur sont plus défavorables qu'à l'étape
antérieure.

Obama, l'impérialisme souriant

La victoire d'Obama fut accueillie avec
sympathie par de larges secteurs qui le
voyait bien différent de Bush. Qu'y-a-t-il
de différent ? Qui est-il ?

Les républicains se sont caractérisés
par une politique extérieure agressive,
sous le couvert d'attaques préventives
pour " se défendre du terrorisme ". Avec
Bush, dominait le " bâton ", ce fut le cas
avec l'invasion de l'Irak et de
l'Afghanistan.

Obama trace un " nouveau profil ".
Nouveau par rapport à Bush, mais toujours
identique dans sa volonté de
maintenir la domination impérialiste. Il a
exprimé une volonté de détente avec
Cuba, mais il maintient le blocus. Il dit
qu'il fallait se retirer de l'Irak, mais il n'en
est pas parti et renforce l'invasion en
Afghanistan. Il a repris le rapprochement
avec la Chine pour qu'elle continue
à acheter des bons du trésor américains,
tout en lui demandant de l'aide
pour "mettre en accusation " la Corée
du Nord et l'Iran.

Pour Obama, l'Honduras est un test
pour la poursuite de sa politique en
Amérique latine et dans le monde. Les
Américains ont été partie prenante du
coup d'état. Mais à la différence des
époques antérieures il n'existe pas de
condition politique pour le soutenir
ouvertement. Ils appellent maintenant à
la négociation pour gagner du temps et
permettre aux putschistes de consolider
leur situation, en espérant que la résistance
s'affaiblira. Déjà certains fonctionnaires
de la Maison Blanche ont cessé
de qualifier de coup d'état ce qui s'est
passé au Honduras et mettent l'accent
sur les supposées violations de la
Constitution de la part de Zelaya.

Le militarisme de Bush a laissé la place
à la politique de " la carotte " (c'est-àdire
la négociation), tandis qu'il prépare
le bâton impérialiste contre le
Venezuela et l'ALBA. Cette politique
correspond à la manière dont Obama
entend répondre à la situation mondiale
alors que, chef de l'impérialisme mondial,
il affronte la nouvelle étape dans
une situation de faiblesse.

Colombie, un cas à part.

A partir du refus de l'Equateur de
renouveler l'accord permettant aux
Etats-Unis d'utiliser la base de Manta,
Obama est en train de négocier un
accord avec Uribe pour utiliser de trois à
sept bases militaires colombiennes, soidisant
pour combattre les " narcotrafiquants
" et les " terroristes ", aggravant
ainsi le Plan Colombie de Bush. Le
mensonge est si grossier que le président
colombien Uribe a du faire une
tournée pour rassurer les principaux gouvernements latinos américains, en
voulant leur faire croire que les " marines
" vont se servir de ces bases sans
les commander.

Il est honteux de voir le cynisme de
certains présidents qui, au prétexte de
respecter la souveraineté colombienne,
laissent se développer la présence militaire
américaine, en échange d'on ne
sait quelles " garanties ". C'est cette
politique qui s'est exprimée dans la
réunion de l'Unasur (Union des Nations
Sud Américaines). Non seulement ils
ne se sont pas prononcés
contre les bases impérialistes
mais, aussi bien Lula
que Cristina Kirchner se
sont assis aux côtés des
agresseurs, Obama et
Uribe, pour négocier un
accord.

Un objectif : freiner la révolution latino américaine

Année après année les
Américains ont vu les peuples
du continent se soulever
contre leurs intérêts,
nationalisant les ressources
naturelles, parvenant à des conquêtes
démocratiques et s'affrontant aux
puissants. C'est ainsi, bien qu'avec de
grandes contradictions, qu'ont surgi des
pays indépendants de l'impérialisme.
Ceci s'est concrétisé dans les
Assemblées constituantes de Bolivie,
d'Equateur et du Venezuela. Le
Honduras empruntait ce chemin et le
coup d'état essaie d'interdire la réalisation
de la Constituante soutenue par la
mobilisation populaire.

l'impérialisme a " les cheveux qui se
dressent " devant des processus qui
échappent à son contrôle direct et desquels
surgissent des pays indépendants,
bien que restant dans l'orbite
capitaliste. Le coup d'état fait l'objet d'un
rejet total et d'un isolement international,
son seul appui explicite est celui de
l'état raciste d'Israël.

Mais le plus important est la lutte
héroïque des travailleurs et du peuple du Honduras à travers le Front National
de Résistance. Barrages routiers, manifestations,
combats de rue, grèves
générales ne laissent aucun moment de
répit au régime putschiste. Le combat
en cours et la polarisation croissante
présagent une aggravation de la crise si
le plan de négociation reste un échec.

Vive la lutte du peuple du Honduras !

Les mesures prises par Zelaya, bien que
ne signifiant pas des changements de fond
pour en finir avec la pauvreté, ont irrité l'impérialisme
et la bourgeoisie hondurienne.
Le président destitué rejetait l'idée du
Pentagone et du général Vasquez de construire
une nouvelle base américaine sur la
côte du Honduras en voulant faire de
Palmerola un aéroport civil ; il a rompu avec
le Parti Libéral ; il a augmenté les salaires
des employés publics et poussait pour qu'il
en soit de même pour celui des travailleurs
du privé ; il réduisait le prix des combustibles
en intégrant le Honduras à
Petrocarribe, contre Texaco, Esso et
Standart Oil ; il s'est opposé à une loi qui
donnait des licences d'exploitations minières
à Gold Corp et Américan pacific ; il a pris
d'autres mesures le rapprochant des secteurs populaires jusqu'à l'adhésion à l'ALBA
et à l'organisation d'une consultation pour
une Assemblée Constituante. Ces faits ont
conduit les putschistes à le virer du pouvoir.
Cependant, Zelaya a développé une politique
pleine de contradictions : un jour il
appelle à l'insurrection et un autre jour à faire
confiance dans la politique impérialiste
d'Hilary Clinton, d'Obama et du plan Arias,
qui l'obligerait à amnistier les putschistes, à
former un gouvernement avec eux et à
s'abstenir d'appeler à une Assemblée
Constituante.

Nous ne partageons
pas la politique ni le projet
de Zelaya, qu'il définit
lui-même de centre gauche,
tandis que nous
sommes pour un changement
de fond pour le
Honduras qui implique
une issue socialiste. Ceci
étant, nous soutenons
les luttes pour son retour.
Au-delà de cette revendication,
notre confiance
repose sur la mobilisation
des travailleurs et du
peuple Hondurien et de
son organisation pour
l'auto-défense, sur la
mobilisation des peuples
du Venezuela, de l'Equateur, de la Bolivie,
du Nicaragua, de Cuba ....

MST-Nouvelle Gauche

nous sommes au service
de cette lutte.

Buenos Aires septembre 2009


Dernière minute



A propos des élections générales du 29
novembre, prévues par les putschistes et
l'impérialisme américain, " la majorité des
pays des Amériques ont annoncé qu'ils
ne reconnaîtraient pas des élections
organisées par le gouvernement. Dans le
camp de la Résistance des négociations
sont en cours pour présenter une candidature
unique à la présidence. " " Nous
ne participerons que si le coup d'état militaire
prend fin et que le président Zelaya
est restitué dans ses fonctions " a assuré
le syndicaliste Carlos Reyes " (le Monde du 12 septembre 2009)

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