L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Le fil rouge

Publié le dimanche 12 février 2017
Le fil rouge

Le vieux monde tremble sur ses fondements : levée en masse de la population en Roumanie qui entend faire tomber le gouvernement, victoire du Non à la réforme constitutionnelle en Italie, Brexit et vagues de grèves de masse en Angleterre, enchaînement de séismes politiques en France, manifestations les plus puissantes de toute l’histoire des USA pour balayer Trump, bras de fer entre l’État espagnol et la population de Catalogne... Les événements qui s’enchaînent dans la dite « actualité internationale » vont tous dans le même sens et expriment la volonté politique d’émancipation des travailleurs et des peuples, par le levier des revendications. Ainsi, les centaines de milliers qui déferlent chaque jour ne sont ni des « contestataires », ni des « insoumis » ou des « indignés », ils veulent faire sauter le carcan dans lequel ils sont enserrés. Et leur irruption soudaine sur la scène politique est le miroir dans lequel les ouvriers, les pauvres, les jeunes qui vivent en France peuvent se regarder.

De nos jours, tout le monde (ou presque) en France s’élève contre le 49-3, un article de la Constitution qui leur semblait nébuleux. Dans l’esprit d’une immense majorité, le 49-3 n’est pas une règle constitutionnelle mais une matraque pour contraindre le peuple à l’obéissance, un subterfuge pour faire passer une loi dont les bureaucrates politiques diront qu’elle est « l’expression de la volonté du peuple » en se drapant derrière la Déclaration des Droits de l’Homme. Une Déclaration des Droits de l’Homme que l’état d’urgence piétine dans les grandes largeurs.

Pendant que les prétendants au trône tombent les uns après les autres, les choses les plus révoltantes et abjectes se produisent : l’acte de barbarie policière immonde qui s’est produit à Aulnay-sous-Bois, quelques mois après la mort d’Adama, deux ans après la mort d’ Amadou n’est pas un acte isolé mais un acte contenu dans le « bilan du quinquennat » et tout son arsenal de répression qui transforme la partie la plus fascisante des policiers en miliciens. Du côté des staffs de Hamon et Mélenchon s’élèvent quelques protestations policées qui sont un moyen de vendre « le programme », là où il s’agit simplement de se dresser dans l’unité ouvrière et démocratique afin d’arracher Justice et Vérité et de créer un cordon sanitaire pour protéger les jeunes de tels actes. Il n’y a visiblement pas là de quoi bousculer le calendrier des prétendants au pouvoir personnel. Pas de quoi troubler la trêve générale décrétée par Mailly-Martinez. C’est le maire d’Aulnay, Bruno Beschizza, pourtant de droite jusqu’aux yeux, ancien officier de police, qui a trouvé les vrais mots et dénoncé le détournement programmé de la vérité 1 . Maintenant, les mamans et les jeunes manifestent seuls. A Ménilmontant, les jeunes manifestants ont été pris dans une nasse pour que la manifestation reste un « rassemblement statiques ». On distingue, tout au plus, deux ou trois élus ceints de leur écharpe. Or, chacun sait que ces manifestants sous le choc et en colère ne s’attaquent pas à un acte isolé, mais à tout le « processus » des violences policières de l’État, sur lesquels s’appuient les « fachos » en uniforme. Le rapport de l’association des chrétiens pour l’abolition de la torture est sans appel, il est basé sur 18 mois d’enquête. Cette association a révélé 89 situations alléguées de violences policières enregistrées depuis 2005 en France. Parmi les 89 cas qu’elle a analysés, elle a dénombré 26 décès, 29 blessures irréversibles et 22 blessures graves 2 .

Ce ne sont pas des dérapages, des bavures mais l’état d’urgence en actes. Ce sont des faits qui s’inscrivent au cœur de la crise d’ensemble qui nous frappe (ou nous frappera tous de plein fouet). Le vent s’est levé au printemps dernier et se lèvera encore. Aucun show « macronesque » ou « hologramme » de Mélenchon ne pourra nous en divertir.

Place à la lutte de classes pour nos droits vitaux et nos revendications essentielles en France comme partout.



10-02-2017


1. http://www.lci.fr/faits-divers/policiers-accuses-de-viol-le-maire-d-aulnay-sous-bois-s-insurge-de-la-requalification-des-faits-2024823.html

2. http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160314.OBS6340/violences-policieres-en-france-une-radiographie-accablante.html


Voir aussi dans la catégorie Editoriaux
Ve République : la mort en directVe République : la mort en direct

Jusqu’ici, les élections présidentielles permettaient aux classes dirigeantes de juguler leur crise de domination et de représentation politique. Un clou chassait l’autre et en haut lieu, on...

Le fil rougeLe fil rouge

Le vieux monde tremble sur ses fondements : levée en masse de la population en Roumanie qui entend faire tomber le gouvernement, victoire du Non à la réforme constitutionnelle en Italie, Brexit et...

Pour une année 2017 de combats victorieuxPour une année 2017 de combats victorieux

Le froid s’est abattu dans les rues. Ceux qui n’ont d’autre toit que le ciel y risquent leur vie, souffrant le martyre. Madame Emmanuelle Cossue – pardon, Cosse – ministre du logement,...

L'onde de chocL'onde de choc

La roue tourne, de plus en plus vite. En l’espace de 10 jours, trois hommes clés du Régime en place ont été dégagés : Sarkozy puis Juppé puis Hollande. Aussitôt, un nouveau gouvernement se...

Qui nous représente ?Qui nous représente ?

Nous sommes, en ce moment même, saturés d’informations et de prévisions sur les prochaines présidentielles. Nous serions tentés de dire : « n’en parlons pas ! ». La vraie actualité est...

Le vrai ordre du jour : la défense des hôpitauxLe vrai ordre du jour : la défense des hôpitaux

La journaliste très officielle Michèle Cotta, qui fraye avec tous les hommes politiques, a publié un livre :  Comment en est-on arrivé là ? Elle s’y livre à un constat : « une France...



HAUT