L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Carnage et dépeçage

Publié le avril 2003
EditorialA l'heure où nous écrivons, le siège de Bagdad a commencé. Malgré une résistance désespérée, l'issue laisse place à peu de doutes. Il suffit de comparer ces deux chiffres : budget de la défense US, 500 milliards de dollars ; budget de la défense irakienne, 1,4 milliards. Nous l'affirmons haut et fort : nous sommes du côté des habitants d'une des villes les plus anciennes de la civilisation humaine. Ils font face, comme le montrent les images télévisées, avec leurs Kalachnikov et vieux fusils (armes de destruction massive, assurément) à la plus puissante armée du monde. Ils ont 20, 30, 50, 60 ans et plus encore, et ont bien compris que le déluge de fer et de feu qui s'abat sur eux n'est pas celui de leurs libérateurs mais de leurs fossoyeurs, venus leur imposer le talon de fer de l'impérialisme US, bien décidé à raser un pays entier pour inscrire sur ses ruines : " Nous sommes les maîtres du monde ".

Il est possible, compte tenu des moyens employés, que Bush y parvienne, même si nous souhaitons le contraire. Mais sa " victoire " à coups de haute et macabre technologie ne pourra durer. l'impérialisme a face à lui les pays et classes ouvrières du monde entier. l'heure des comptes viendra, tôt ou tard. Et pas seulement avec ceux qui siègent à Washington. Avec les autres.

Avec ceux qui, comme Chirac, ont pris soin après quelques justifications de se coucher aux pieds du maître, en ouvrant l'espace aérien français aux bombardiers et en déclarant : " Nous sommes pour la victoire des USA, qui sont nos alliés " (de Villepin). Ils le font savoir, ces temps derniers, d'autant plus fort qu'ils veulent " en être ". C'est-à-dire qu'ils veulent leur part du butin au moment du dépeçage de l'Irak et de son pétrole. Eux aussi veulent participer de la " reconstruction " d'un pays exsangue depuis 1991.

Se pinceront-ils le nez quand il faudra extraire les cadavres des décombres, tout en se bagarrant pour arracher les miettes que leur laisseront Bush et Rumsfeld ? Qu'ils suivent donc le conseil du Wall Street Journal : " Ne culpabilisez pas ! ". Authentique.

Le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a estimé le coût de la reconstruction de l'Irak à 30 milliards de dollars. Voilà un nouveau marché, enfin, alors que l'économie mondiale est en récession ! Seulement, la bourgeoisie française et allemande, qui avaient mis en place dans ce pays des systèmes d'électricité et de téléphone aux normes européennes, risquent fort de se heurter aux " vainqueurs " qui, eux, voudront imposer leurs propres normes et leurs propres entreprises. D'ailleurs, avant même la guerre terminée, c'est déjà chose faite : la société Stevedorry Services of America (SSA) a obtenu un contrat de 4,8 millions de dollars pour la remise en état du port d'Oum Quasar, tombé aux mains de la " coalition " après dix jours de combats. Et ainsi de suite. Dieu, que la guerre est jolie, vue de Wall Street et du CAC 40 qui s'envole ces derniers temps ! Ajoutons que l'impérialisme US n'en fait pas mystère : l'occupation de l'Irak va lui servir de cheval de Troie pour imposer son " ordre mondial " dans toute la région et bien au-delà. Les bourgeoisie européennes ont du mouron à se faire...

D'ailleurs, " pendant la guerre, le gouvernement poursuit son travail " (Jean-François Copé, porte-parole du gouvernement). Autrement dit, pendant les massacres, les réformes antipopulaires continuent : réforme des retraites, décentralisation à marche forcée, licenciements massifs. Voilà aussi à quoi sert la guerre en Irak : un paravent pour poursuivre et accentuer les attaques contre les travailleurs.

Seulement, ceux qui descendent dans la rue contre cette guerre de rapine et d'extermination sont aussi dans la rue et dans la grève contre la politique du gouvernement Chirac-Raffarin, comme en témoigne encore le 3 avril dernier, avec des manifestations encore plus massives que le 1er février. Un air de novembre-décembre 1995 planait ce jour-là dans le pays. Un air seulement. Car ce qui vient, ce que tout salarié, tout chômeur, tout jeune et retraité ressent en ce moment, c'est la montée inexorable d'un mouvement encore plus profond, encore plus uni qu'en 1995, celui de la grève générale public-privé contre ce gouvernement qui s'attaque à tous les acquis et veut aussi jouer les charognards en Irak.

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