300 euros, tout de suite !

tout de suite ! | ÉditorialAinsi donc, Ségolène Royal court derrière Sarkozy dans une surenchère nationaliste et chauvine. Tous les Français, selon elle, devraient avoir chez eux un drapeau tricolore et l'exposer à leur fenêtre le 14 juillet. À propos de la Marseillaise, dont elle avoue d'ailleurs ne connaître que le premier couplet, elle déclare que " c'est un très beau chant porteur d'avancée de civilisation ". Ah bon ?
Si la Marseillaise a effectivement été un chant révolutionnaire tant que la bourgeoisie a représenté une " avancée " contre l'Ancien Régime, il y a bien longtemps que ce n'est plus le cas.
Comme le rappelle à juste titre notre candidate Arlette Laguiller, " La Marseillaise a été un chant révolutionnaire pendant la Révolution française, mais après, c'est un chant qui a accompagné toutes les guerres coloniales, qui a accompagné le massacre des Communards ". En effet, " avancées de civilisation ", les massacres de Sétif et Guelma de 1945, les tortures et les exactions contre le peuple algérien ? Les massacres de Madagascar, les hélicoptères tirant sur la foule à la mitrailleuse ? Peut-être alors, plus près de nous, l'engagement militaire en Afghanistan ou le soutien indéfectible de " la France " aux dictatures africaines et divers amis d'Omar Bongo ?
La Marseillaise et le drapeau tricolore sont, depuis bien longtemps, les symboles et le cri de ralliement de la bourgeoisie française, ennemie de la classe ouvrière et des peuples. Et c'est à elle que Ségolène Royal fait acte d'allégeance. La gauche parlementaire peut-elle battre la droite en faisant de la surenchère ... à droite ? On en doute fort. D'autant plus fort que Madame Royal se garde bien de répondre aux questions réelles et sérieuses posées par la population ouvrière. Ainsi en est-il de la grève unie et massive des ouvriers de Peugeot-Citroën Aulnay pour une augmentation de salaires de 300 euros. Depuis le 27 février, dans la quasi-indifférence des média, ils poursuivent l'action et ont constitué un comité de grève syndiqués-non syndiqués avec le soutien des sections syndicales CGT, SUD et CFDT. " Je gagne 1150 euros par mois et mon loyer est de 600 euros. C'est dur de s'en sortir. On veut plus que les 20 euros d'augmentation " [ce que propose la direction, NdlR], déclare un gréviste. l'élément déclenchant de la grève a été la grève victorieuse des salariés de Magnetto, entreprise sous-traitante de PSA située sur le même site d'Aulnay. Le mois dernier, après quelques jours d'arrêt de travail, les travailleurs de Magnetto ont obtenu 130 euros brut d'augmentation et l'embauche d'intérimaires. l'information s'est propagée alors comme une traînée de poudre au site Peugeot-Citroën situé sur la même commune. Sponta­nément, les ouvriers ont cessé le travail, d'autant plus qu'ils venaient d'appren­dre que les négociations salariales direction-syndicats leur octroyait généreusement ... 20 euros !

La grève réunit en bloc jeunes et anciens. " Avec les derniers arrivés, je me comporte comme leur père " raconte Victorio Pirès, cariste de 54 ans. Effectivement, la grève réunit dans une même revendication plusieurs générations : les ouvriers portugais, marocains des années 70 et les jeunes des cités voisines qui sont ou pourraient être leurs enfants. Samedi 24 mars, les grévistes ont manifesté entre Barbès et la République. Plus de 2 000 salariés ont scandé " et un, et deux et trois cents euros " et " y'en a marre des découverts, y'en a marre de la misère, augmentons les salaires ". À ce titre, ils sont les porte-parole de toute la classe ouvrière. Nous sommes résolument à leurs côtés.
Modifié le lundi 02 avril 2007
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