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Bas les pattes devant le peuple yéménite !

Publié le lundi 04 mai 2015

Depuis le 26 mars, L’Arabie Saoudite et ses collègues émirs de casino et de pétrole réunis agressent le peuple yéménite (la fin des opérations aériennes annoncées le 22 avril est un leurre et les bombes continuent à tomber et tuer : 1 000 morts à ce jour ont été recensés) Qu’est-ce que le Yémen ? Que s’y passe-t-il ? Quelle juste position les révolutionnaires peuvent-ils adopter ?

Le Yémen est l’antique « Arabie heureuse » ainsi appelé pendant plusieurs millénaires, par opposition à « l’Arabie pétrée », celle de sable et de pierres correspondant à l’actuelle Arabie Saoudite.

Un peu d’histoire

Le Yémen était une marche du royaume de la reine de Saba, dont l’épicentre, l’Abbyssinie était situé de l’autre côté de la mer rouge, en Afrique orientale. Le Yémen produisait les figues, le miel, le khât (une drogue) et la cardamome. L’Arabie pétrée a donné des cailloux, un prophète connu et, tardivement, beaucoup de pétrole. Le Yémen n’est guère pourvu de cette précieuse source d’énergie fossile, mais sa position géographique à la pointe sud-ouest de la péninsule arabique face à la mer rouge et à l’océan indien et face à l’Afrique, en a toujours fait un lieu hautement stratégique à la fois pour les puissances impérialistes principales et pour les secondaires, ce qui est encore le cas maintenant. Jusqu’au siècle passé, le Yémen faisait parti de la mouvance de l’Empire Ottoman puis de l’Angleterre et n’acquit l’indépendance qu’après la deuxième guerre mondiale. Il fut rapidement placé comme pion par les deux protagonistes de la guerre froide et leurs affidés : le nord devint une annexe de l’Arabie Saoudite, et donc vassale de Washington, le sud (avec Aden pour capitale et port principal aux mains de l’impérialisme anglais jusqu’alors) devint un poste du glacis avancé de l’URSS dans cette partie du monde. Avant la fin de l’URSS, le Yémen fut réunifié mais sa réunification fut tout aussi artificielle que sa division.

Une guerre des sunnites contre les chiites ?

En effet, si le Yémen est un territoire vaste, il n’a connu historiquement que de fortes structures tribales sans constitution d’un état-nation et cette division tribale a été aggravée par les divisions religieuses, le sud et le centre étant largement musulman sunnite et le nord chiite. Rappelons que la divergence essentielle des deux branches principales de l’Islam remonte au 8ème siècle et à l’assassinat du calife Othman, après quoi les chiites exigèrent que le chef spirituel et temporel des musulmans soit un descendant direct du Prophète, ce dont les sunnites n’avaient cure. Est-ce que ces querelles qui rappellent les schismes médiévaux de la chrétienté se disputant comme à Byzance et Rome sur la trinité ou sur la communion sous deux espèces, pain et vin pour matérialiser le « mystère » de la transsubstantiation du Christ, sont les causes réelles du conflit ? Bien évidemment non.

Deux gendarmes de l’Impérialisme : Arabie saoudite et Israël

En fait, l’impérialisme principal, les Etats-Unis, sous-traite la gendarmerie à deux états : Israël bien sûr, mais aussi l’Arabie Saoudite, dont les milieux religieux, de rite sunnite wahhabite, ont produit Ben Laden, Al Quaïda, DAECH et consorts et qui, par ailleurs, se posent en doubles remparts pour Israël et Washington face à l’Iran chiite. Cette arrière-cour ne saurait en effet basculer sous influence iranienne.

Pourquoi l’Iran fait peur à l’Impérialisme ?

D’où les interventions de l’armée saoudienne partout où l’influence de l’Iran tend à s’accroitre : à Bahrein, dont l’émirat sunnite a fait bombarder la population à majorité chiite en 2011 par l’aviation saoudienne, en Syrie bien sûr et au Yémen ou les Houtis tribu chiite du nord se sont emparés de la capitale Sanaa, chassant le président Rabbo sunnite réfugié à Aden puis Oman puis en Arabie, tandis que l’ex-président Saleh chassé il y a 3 ans par la révolution, quoique sunnite s’allie temporairement avec les milices houtis pour retrouver le pouvoir. Si l’Iran fait si peur à la fois à Israël et à l’Arabie et aux Etats-Unis, ce n’est pas par la présence des Ayatollahs, mais parce que ce sont les masses iraniennes qui ont chassé le Shah, allié privilégié de Washington en 1979, affront qui reste à payer…

Le fantôme de l’antique Empire perse

L’Iran contrôlant la Mésopotamie (Irak+ Syrie) par Bagdad et Assad interposé ? Certains sunnites mettent en avant la prétention de plusieurs généraux iraniens qui auraient déclaré rêver la reconstitution de l’antique Empire perse de la dynastie des Séfévides sur le Moyen-Orient. Autrement dit, l’ultra nationalisme sert à toutes les politiques bellicistes, et en particulier à celle du médiocre Assad plus compétent en assassinats qu’en économie et celles des deux premières puissances détentrice de gisements de pétrole en Asie : l’Iran et l’Arabie.

Halte à l’agression contre le peuple yéménite ! Halte à l’aide impérialiste aux va-t-en guerre de Ryad ! Pour les Etats-Unis socialistes du Moyen-Orient !

Mohand KEBAÏLI, Le 25 avril 2015


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