L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Pour l'occupation de Caracas

Publié le mardi 07 novembre 2006
Venezuela : élections présidentielles du 3 décembreOrlando Chirino est l'un des coordinateurs nationaux de l'Union Nationale des Travailleurs (UNT), la centrale syndicale vénézuélienne. Il est le dirigeant du Courant syndical de Classe, Unitaire, Révolutionnaire et Autonome (C-CURA). Dans un entretien qu'il a accordé aux animateurs du site internet Aporrea, il donne son opinion sur les plans de sabotage et le refus par avance des résultats de l'élection présidentielle vénézuélienne du 3 décembre préparés par l'opposition pro-impérialiste. Quelle est ton opinion par rapport aux déclarations des dirigeants de l'opposition qui dénoncent d'avance une prétendue fraude électorale le 3 décembre ?

Orlando Chirino : À l'UNT, nous pensons que l'opposition répète le scénario suivi pendant la crise d'avril 2002. En s'appuyant sur les média, elle veut faire croire que la campagne électorale du candidat de l'impérialisme Manuel Rosales rencontre un écho croissant. En fait, rien n'est moins sûr. Rends-toi compte, tous les rassemblements qu'ils font, aussi bien à Caracas que dans les autres régions, sont organisés avec d'énormes moyens financiers pour mobiliser des personnes venant des quatre coins du pays afin de donner l'impression que sa candidature progresse. Avec ce tour de passe-passe, l'opposition développe une campagne agressive, affirmant qu'elle va gagner les élections et que si cela n'est pas le cas c'est qu'il y aura eu fraude. Poleo, dont nous savons tous qui il est, se distingue dans la mise en oeuvre de cette politique criminelle. Pour nous, travailleurs, dirigeants syndicaux, nous comprenons cette politique comme une provocation et une incitation à la violence, c'est un message destiné à créer la confusion et le chaos avant les élections, au milieu de celles-ci, ou après avoir pris connaissance des résultats.



Si le scénario est le même est-ce que nous allons vers un nouveau coup d'État à des fins contre-révolutionnaires ?

O. C. : Je te le dis sincèrement, de l'impérialisme et de l'opposition putschiste on ne peut rien espérer. Pour l'impérialisme, il y a une nécessité urgente d'arrêter le processus révolutionnaire. Mais il est sûr qu'ils ont pu, durant les trois dernières années, mesurer la capacité de réponse du peuple, et ils savent bien que les travailleurs, les pauvres, les paysans, répondront violemment devant n'importe quel début de déstabilisation politique, économique, ou contre toute tentative d'agression militaire extérieure. Travailleurs, révolutionnaires, nous devons être préparés à tous les scénarios. Ceci est l'explication de fond du pourquoi ils n'ont pas, jusqu'à maintenant, tenté un nouveau coup d'État. S'ils essaient un nouveau 11, nous sommes certains que les travailleurs et le peuple répondront avec un autre 13. 11 avril 2002, coup d'État manqué grâce à la mobilisation révolutionnaire des masses le 13 avril



Quelles seront, alors, les mesures que, comme dirigeant syndicaux et politiques des travailleurs, vous proposerez au pays ?

O. C. : Nous pensons que le plus grand pouvoir qu'a le peuple est sa capacité et sa disposition à se mobiliser pour défendre ce processus révolutionnaire. Nous pensons que le " commando Miranda " " Comando Miranda " : Centre organisateur gouvernemental pour la réélection de Chávez. doit prendre un tournant dans la campagne électorale. De notre point de vue, il faudrait appeler à une grande mobilisation nationale de soutien à la candidature du Président Chávez. Pour y parvenir, le " commando Miranda " doit s'ouvrir, être beaucoup plus actif, inviter tous ceux qui sont pour la réélection du Président Chávez, afin d'aboutir à la plus grande mobilisation populaire qu'ait connue notre pays. Par millions, nous devons nous rassembler à Caracas. Je crois que le mot d'ordre doit être " occupation de Caracas " pendant deux ou trois jours, pour que l'opposition sente le poids du peuple mobilisé. La mobilisation doit demeurer notre plus grande arme politique.



Changement dans le discours politique



Le changement doit, également, s'entendre dans le discours politique. Nous autres, nous ne voulons pas la violence, nous voulons des solutions réelles et durables aux problèmes de la faim, du chômage, de l'instruction, de la vie quotidienne, de la souveraineté nationale, nous voulons en finir avec l'exploitation capitaliste qui nous conduit à la barbarie. Nous voulons obtenir l'égalité et la justice sociale. l'impérialisme et l'opposition s'opposent et s'opposeront avec toutes leurs forces à ce processus, c'est pour cela que nous ne devons pas croire que dans ces élections, gagnera celui qui fait la meilleure publicité. Faire de grandes phrases sur " l'amour " dans les périodes de grande colère créées par l'opposition ou déclarer que la couleur bleue est le symbole de calme et de paix, c'est être déconnecté de la réalité. C'est comme penser que l'opposition putschiste s'est convertie et est prête à accepter tranquillement la révolution, ses conquêtes et ses perspectives.



Résoudre les problèmes les plus urgents

En troisième lieu, le gouvernement doit résoudre les problèmes les plus urgents de la population. Est-ce que tu peux t'imaginer quelle différence il y aurait, si le million d'employés publics qui a présenté un projet de convention collective du travail depuis presque deux ans, avait négocié ce projet et aujourd'hui bénéficiait d'une augmentation salariale de 50 %, bien méritée après tant de sacrifices. Les ouvriers du pétrole n'ont pas besoin de pressions et de menaces pour voter pour le président Chávez, mais il ne fait aucun doute que la négociation du contrat à PDVSAPDVSA : Petróleos de Venezuela SA, entreprise pétrolière de l'État vénézuelien.

aurait aidé énormément, si elle n'avait pas été reportée pour trois mois, affectant le porte-monnaie de l'ouvrier et les besoins de sa famille. Il aurait été bon qu'au lieu de s'arrêter ou de reculer dans les processus de cogestion nous ayons atteint les objectifs des huit cents accords de cogestion dans tout le pays, comme l'avait promis le gouvernement l'année dernière. Comment irions-nous si la Garde Nationale, au lieu d'empêcher les manifestations des travailleurs quand ils clament leurs droits et leurs revendications, ou de les réprimer comme c'est le cas pour les mineurs de Bolívar ou les artisans pêcheurs de Güiria, s'était plutôt mise au service des travailleurs pour contraindre les entrepreneurs à honorer les droits contractuels, conventionnels et constitutionnels des salariés. Le gouvernement doit passer à l'action, les déclarations ne suffisent plus.



Suspendre le paiement de la dette



Il faut suspendre le paiement de la dette extérieure pour utiliser cet argent à résoudre les besoins de la population et suspendre pendant un délai de trois mois l'envoi de pétrole aux États-Unis. Ce sont des mesures préventives absolument nécessaires. Tel est le message que nous devons envoyer à l'impérialisme. Nous demandons aux peuples du monde, à nos frères de classe, leur solidarité internationaliste.



Quel est la responsabilité de l'UNT et que comptes-tu faire ?

O. C. : Nous avons une responsabilité immense. Tout le peuple sait que les travailleurs organisés syndicalement ont joué un rôle de premier plan pour déjouer le lock-out patronal de fin 2002. Aujourd'hui, nous devons nous préparer consciemment pour un scénario similaire.

Avec le camarade Stalin Pérez, Marco Tulio Diaz du secteur du bâtiment, Christian Pereira de la fédération de la construction automobile, avec Richard Gallardo d'Aragua, avec Marcos García du secteur des employés publics, avec José Bodas de Fedepetrol et Franscisco García de PDVSA à Falcon, avec Vilma Vivas de Tachira, José Barreto et Ismael Hernández de Carabobo et avec les autres dirigeants régionaux et nationaux de l'UNT, nous avons convoqué un plenum national d'urgence pour le mercredi 15 novembre, auquel nous avons invité les autres courants qui font partie de l'UNT comme Franklyn Rondon, les camarades de la FBT, FBT : Force Bolivarienne des Travailleurs ceux du groupe " Trabajadores en Revolución " et les dirigeants de la CUTV. CUTV : Centrale Unitaire des Travailleurs du Venezuela est un courant, dirigé par le Parti communiste, faisant partie de l'UNT



Occupation des entreprises



À cette occasion, nous proposerons une orientation unique : dès le 16 novembre, rassemblement des travailleurs face à l'entrée de leurs entreprises. Les entreprises qui tenteront de fermer seront occupées et mises en production par les travailleurs. Cette proposition, nous la faisons aussi aux camarades du " Front National Paysan Ezequiel Zamora " pour qu'ils occupent les terres, aux " sans-toit " et aux " Comités de Tierra Urbanos " pour qu'ils occupent les immeubles des entreprises patronales et commerciales qui essaient de déstabiliser le pays, à la population des états pétroliers pour qu'elle se poste face aux installations de PDVSA.

Voilà notre orientation concrète, en plus de participer à la grande mobilisation nationale d'occupation de Caracas que nous proposons de réaliser dans le cadre de la campagne électorale à laquelle nous invitons le " Comando Miranda ".

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