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Le double jeu de Poutine

Publié le vendredi 06 mars 2015

En novembre 2013 après la féroce répression des étudiants descendus dans les rues de Kiev, des milliers de personnes s'affrontent à la police spéciale du régime .Le peuple se retrouve sur la place Maidan et met en place un début d'auto-organisation pour mettre à  bas le gouvernement. Le 16 janvier, le parlement vote des lois ouvertement dictatoriales qui, au contraire de ce qu'attendait le pouvoir unifie le soulèvement populaire, forçant le parlement à annuler les lois qu'il avait votées et aboutissant à la démission du premier ministre Mycola Azarov.

Pendant trois jours, le peuple de Maidan combat les forces policières jusqu'au départ précipité du président Viktor Yanukovych et de son ministre de l'intérieur vers la Russie. Le peuple venait de chasser du pouvoir la marionnette de Poutine à Kiev. L'impérialisme russe venait de perdre un maillon important face à l'Europe de l'ouest.

Poutine envoie ses hommes de main

Le 28 février, consécutivement à la conférence de presse donnée par Viktor Yanukovych en Russie, les militaires russes stationnés dans la République Autonome de Crimée, prennent le contrôle de tous les aéroports. Le 1er mars, le Président russe Vladimir Poutine, sous prétexte de protéger les populations russophones, demande au Conseil de la Fédération une autorisation de déployer une force d'intervention russe sur le territoire ukrainien. Au nom d'un prétendu danger de fascisme venu de Kiev, les troupes russes envahissent la Crimée. A noter que ceux qui comme Mélenchon soufflaient dans les mêmes trompettes que Poutine se font aujourd'hui terriblement silencieux.

Puis vint la guerre

Ces convulsions du stalinisme recyclé capitalisme vont trouver leur exutoire dans la montée d'une revendication séparatiste de la région du Donbass. Depuis maintenant un an les affrontements entre l'armée ukrainienne et les forces séparatistes font rage. L'aéroport de Donetsk est aux mains des pro-russes, la ville de Debaltsevo est tombée, les troupes ukrainiennes l'abandonnant dans un repli appelé de stratégique, les bombardements se font entendre aux portes de Marioupol. L'appel du dirigeant de la République populaire de Donestsk semble porter ses fruits. il avait à l'époque annoncé la mobilisation de 100 000 hommes. Malgré les dénégations du Kremlin, les armes sont livrés aux rebelles et la livraison de gaz vient d'être rétablie au nom de la cause humanitaire.
Les rencontres de la dernière chance se succèdent sans pour autant faire cesser les combats. Durant ces réunions, Poutine se joue de ses interlocuteurs en soufflant le chaud et le froid, en acceptant des cessez-le-feu tout en continuant de soutenir les forces pro-russes. Poutine en digne successeur du stalinisme a besoin de cette guerre afin d'affirmer son rôle incontournable sur la table internationale et en renforçant sa position au sein de la Russie. La situation économique de la Russie n'est guère brillante, l'embellie d'un moment a fait long feu, Poutine doit donc trouver une autre voie pour garder son peuple silencieux. Quoi de mieux que de jouer sur la corde nationaliste en soutenant les frères d'Ukraine. Jusqu'à ce jour peu de russes sont descendus dans la rue pour condamner le soutien actif des russes aux séparatistes du Donbass. L'homme au regard d'acier joue un jeu dangereux qui a coûté jusqu'à ce jour la vie de milliers d'Ukrainiens.

Où en est le peuple Ukrainien ?

L'annexion de la Crimée par Poutine, son soutien aux séparatistes, ont renforcé en Ukraine l'hostilité contre la Russie et envoyé une grande partie des ukrainiens dans les bras de l'UE et de l'OTAN. Le pays est exsangue et soumis aux politiques du FMI, la guerre a mis sous cloche les revendications sociales. Aux dernières élections législatives en octobre, le taux de participation n'a été que de 52 %, plus faible que pour les présidentielles. Le président Porochenko compte sur une majorité « pro-occidentale » composée par le Front Populaire ( hostile au cessez-le-feu) et son propre bloc politique.

La révolution reste à l'ordre du jour

La révolution reste à l'ordre du jour mais nous voyons bien en quoi la guerre peut être utile aux oligarques locaux pour étouffer toute contestation sociale aussi bien à Kiev que dans le Donbass.  La politique criminelle de Poutine renforce la présence du FMI, de la Banque Mondiale et en cela il est soutenu par le couple infernal Hollande-Merkel qui eux-mêmes œuvrent à la mort de la révolution ukrainienne. Comme le disait Léon Trotsky en 1939 : « A mon avis, il n'existe à l'heure actuelle qu'un seul mot d'ordre de ce type : pour une Ukraine soviétique, ouvrière et paysanne unie, libre et indépendante !



Francis Charpentier,
27 février 2015


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