L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
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En défense du peuple Ukrainien

Publié le samedi 13 septembre 2014

Les révolutions peuvent être d'un seul tenant et connaître des phases. En février 2014, "Maïdan", terme qui désigne à la fois la place et le peuple qui l'occupe, a chassé Ianoukovitch et les principaux affidés de Poutine. Sept mois plus tard, le roi du chocolat, Porochenko, est président. Peut-on en déduire que la Révolution est terminée en Ukraine ? En aucun cas.

Et elle ne se terminera pas non plus avec des élections législatives anticipées du 26 octobre. Il y a une composante nationale dans cette Révolution et comment pourrait-il en être autrement en face de Poutine qui utilise une partie, et une partie seulement, de la minorité russe, de l'Est du pays comme Hitler utilisait Konrad Heinlein, le leader nazi des Sudètes en 1938 pour démanteler la Tchécoslovaquie ?
La comparaison n'est pas injurieuse, et sans dire que Poutine serait un fasciste, du moins est-il un nationaliste « Grand russe » comme Hitler était un nationaliste « Grand allemand. » Si la Russie n'a pas les caractéristiques d'un Etat nazi, et heureusement pour la classe ouvrière russe et mondiale, elle n'a pas non plus les "standards" de la démocratie bourgeoise. De plus, les nervis à la solde de Poutine qui proclament ouvertement leur haine des Caucasiens et de tout ce qui est basané, présentent un air de famille avec ceux qui n'étaient pas bruns de peau mais d'uniforme dans les années 30.

Les néo-nazis en Ukraine ? Moins de 1%...

Poutine emploie la phraséologie antifasciste tout comme Mélenchon et les staliniens français. Il est bon de rappeler que Milosevic en faisait autant vis à vis des Croates affranchis de sa tutelle. Si toutefois ces antifascistes d'opérette sont conduits à de telles références, c'est aussi parce qu'ils essaient d'exploiter un réflexe sain pour défendre une marchandise frelatée. Les présidentielles en Ukraine ont montré que les néo-nazis reculent à 1% des suffrages, beaucoup moins que leur cousine "germaine" Marine Le Pen en France ! En revanche chaque bourgeoisie est tributaire de ses maîtres. La bourgeoisie ukrainienne nationaliste est inféodée à Obama et Merkel, la bourgeoisie russe à Poutine car il incarne son expansionnisme et le maintien de la domination de classe dans le plus grand territoire de l'ex-URSS. Dès lors, toute analogie avec la guerre froide est incorrecte. Quelles conquêtes d'octobre 17 existant malgré tout au temps de l'URSS faudrait-il défendre dans la Russie actuelle où la bourgeoisie a reconquis ce qu'elle avait perdu et où la kléptocratie des ex-bureaucrates et ex-kgbistes évince le peuple de tout ce qui était, du moins sur le papier, sa propriété.

Dans l'opposition occident-Russie, il n'y a pas l'ombre d'une raison de choisir un camp. Les oligarques russes et les oligarques ukrainiens exploitent leurs prolétariats respectifs et défendent leurs visées économiques respectives. Répétons le, seule une minorité de Russes vivant en Ukraine suivent Zakhartchenko et sa clique composée d'agents du FSB (ex KGB) et de soldats russes, non pas en vacances, mais en mission en Ukraine. Poutine veut-il annexer le Donbass comme il l'a fait pour la Crimée, annexion entérinée par les faux amis de l'Ukraine que sont les Etats occidentaux ? Pas nécessairement : ce qui compte pour lui, c'est le contrôle de "l'étranger proche", c'est à dire la Biélorussie, le Kazakhstan, le sud du Caucase et bien sûr l'Ukraine. Celle-ci est condamnée au rôle de satellite de Moscou, même si cette perspective hérisse le peuple, tant à l'Est qu'à l'Ouest du pays.

USA et UE ne veulent pas d’une Ukraine dans l’OTAN

Et les Etats occidentaux, USA et UE et consorts, ne tiennent absolument pas à intégrer l'Ukraine à l'OTAN, car ils ne veulent aucun casus belli avec la Russie et comptent bien continuer le commerce avec cette dernière. De surcroît ils savent bien que Poutine ne cherche pas la guerre, qui lui coûterait très cher avec son armée désuète et ses bombes atomiques empilées sur une étagère comme des poupées russes. En revanche, politiquement il est important pour les occidentaux de rentabiliser l'économie de l'Ukraine en y appliquant la liquidation massive des huit dixièmes de l'industrie minière et métallurgique considérée comme obsolète et de plonger la classe ouvrière d'Ukraine dans la misère absolue et l'émigration, pour grossir l'armée de réserve des chômeurs et continuer à jouer sur les divisions nationales entre les prolétariats d'origines diverses. C'est en cela que l'inquiétude des mineurs et métallurgistes du Donbass peut-être un facteur favorable à la propagande russe, mais l'état du prolétariat russe ne les incite pas non plus à se jeter dans les bras ouverts des maîtres du Kremlin.

S'il existe, et il y en a, c'est certain, des communistes ukrainiens au noble sens du terme "communiste", leur tâche aujourd'hui, est de défendre à la fois le gagne-pain des travailleurs d'Ukraine, donc la sauvegarde de leur outil de travail menacé de démantèlement et le droit à vivre séparé du faux-frère moscovite, trop amical pour être honnête et trop clairement favorable à la division entre un Ouest du pays (Galicie, Bukovine) qui serait "fasciste" et un Est héritier de la tradition soviétique.

Bas les pattes devant l’Ukraine!

Troupes russes hors d’Ukraine, Troupes de l’OTAN hors des régions voisines !

Zde Ekzlazadil, 8 septembre 2014


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