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Le peuple Kurde face à la barbarie

Publié le mercredi 22 octobre 2014

Les médias sont remplis de descriptions sur la barbarie, tout à fait avérée, du groupe intitulé E.I. (Etat islamique) ou Daech, acronyme arabe. Ce groupe de fous furieux fanatiques d’Allah n’a rien à envier aux pires acteurs des guerres de Religions qui ont ensanglanté la France et l’Europe centrale au XVIe et XVIIe siècles. Mais il faut le dire d’emblée : ils ne sont en rien anachroniques, ils  sont le sous-produit macabre de la décomposition impérialiste elle-même. A l’heure où nous bouclons, le sort de Kobané n’est pas réglé. Mais quels que soient les prochains évènements, ils ne sauraient infirmer notre diagnostic.

Le peuple Kurde face à la barbarie

Ce sont les cercles dirigeants des différents émirats « de casino », Qatar, Koweït, Abu Dhabi, et le royaume wahhabite d’Arabie qui ont construit ces groupes terroristes d’obédiences diverses. Ils sont l’incarnation de la réaction la plus noire, à l’époque de l’impérialisme, lui-même qualifié de « réaction sur toute la ligne » par Lénine. En aucun cas ces manigances contre les peuples du Moyen Orient (et d’ailleurs) ne pourraient connaître un début de succès sans l’aval et la complicité des impérialismes majeurs pour qui, au-delà des déclarations hypocrites les posant en pseudo défenseurs de la civilisation des Lumières, etc, la guerre contre les peuples et les classes opprimées reste le souci principal, comme condition à la survie de leur système économique et de leur société générant la barbarie, dont Daech est un avatar sanglant.

Après les Arméniens, les Kurdes

En 2003 l’agression éhontée de Bush contre l’Irak a ouvert la boîte de Pandore de la désagrégation des Etats issus du partage par la Société des nations (SDN), ancêtre de l’ONU, en 1920 au traité de Sèvres, des ex-territoires non turcs de l’Empire ottoman défait en 1918. L’Irak et la Syrie respectivement sous mandat anglais (comme la Palestine et la Jordanie) et français (comme le Liban) ont été découpés de manière à ce que les millions de Kurdes (plus de 40 aujourd’hui) soient éclatés entre 4 Etats (Iran, Irak, Syrie, Turquie) après que le traité de Breteuil leur a laissé espérer l’indépendance vite retirée à Lausanne en 1923. Le gouvernement turc, membre de l’OTAN, membre de la coalition autour des Etats-Unis contre Daech, reste de l’autre côté de la frontière syrienne, en terre kurde des deux côtés de la frontière à 500m des lieux de massacres perpétrés par les fous de Dieu contre le peuple kurde de Syrie. Un dessin satirique paru dans la presse française montre des commentateurs à la frontière turco-syrienne dont l’un dit : « Les Turcs font des progrès. maintenant ils pratiquent le génocide par procuration » (référence au génocide des Arméniens en 1915 sans procuration). En effet, rien n’obsède plus Erdogan, mufti politicien de bazar, Bonaparte de souk, que de voir refleurir le PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan qui se réclame du marxisme, de part et d’autre des Kurdistans de Turquie et de Syrie. Il préfère voir les Kurdes exterminés par les nazis en djellaba qui assiègent Kobané et pour cela, empêche les Kurdes massés en Turquie de franchir la frontière pour secourir leurs frères.

Tous complices

Pour avoir un peu de recul, examinons le tableau des forces en présence : le bourreau du peuple syrien Assad, n’a jamais envoyé une bombe sur Daech. Le peuple syrien, quelle que soit la composante politique luttant contre Assad ne reçoit aucun soutien ni ravitaillement militaire sérieux des hypocrites de Washington, Londres et Paris, alors même que le dictateur de Damas lâche des bombes en barils sur Alep et les villes et villages contrôlés par les insurgés. Les fous du Califat ont pris en Irak sans coup férir Mossoul, deuxième ville du pays, désertée par l’armée officielle irakienne à majorité chiite qui craignait pour sa peau et a abandonné le formidable matériel de guerre fourni par Washington et dont l’E.I. se sert maintenant contre les Kurdes, les Yezidis, etc. Les Kurdes de Syrie et la branche syrienne du PKK ont sauvé, eux et eux seuls, les Yezidis dans les montagnes du Sinjar alors que les troupes de Daech voulaient les exterminer jusqu’au dernier car les Yezidis ne sont ni musulmans ni chrétiens mais zoroastriens, et donc hors religions du Livre. Mais comme Washington a placé le PKK en tête des organisations terroristes, aucun soutien militaire ne leur a été apporté. Il y a toujours collusion Obama-Erdogan sur le fond : pas de patrie pour les Kurdes (ni d’ailleurs pour les Palestiniens de par la collusion Obama-Netanyahou). Quant à Hollande, il apporte son petit couplet au discours d’Erdogan, qui réclame une zone tampon en Syrie le long de la frontière avec zone d’exclusion aérienne : ainsi les Syriens non massacrés seraient désarmés, permettant à l’oppresseur turc de parvenir à ses fins vis à vis du PKK ; et comme Assad et Poutine vont hurler au casus belli en cas d’interdiction de survol d’une partie du territoire syrien, aucun des gouvernements ne veut vraiment modifier le statu quo.

Le cynisme des impérialismes

Ce qui est particulièrement insupportable, outre le martyre du peuple syrien et de sa composante kurde, c’est de voir tous ces gouvernements cyniques se parer de la panoplie des chevaliers blancs défenseurs des Droits de l’Homme, essayant de faire croire à leurs peuples que des missiles vont anéantir Daech et que hormis Assad et l’E.I., il n’y a que d’honorables personnalités politiques avec qui il convient de négocier. Le tableau ne serait pas complet sans mentionner l’Iran, protecteur d’Assad via le Hezbollah libanais et les pasdarans (« gardiens de la révolutions chiite »). Le paradoxe est qu’Iran et Etats Unis se rapprochent par rapport à l’E.I. sunnite sous l’œil un peu inquiet d’Israël. Les ayatollahs ne veulent pas non plus que « leurs » Kurdes s’unissent à leurs frères. Quant au gouvernement autonome d’Irak il est bien trop occupé à compter les royalties du pétrole comme un vulgaire émir, et à faire de juteuses affaires avec Erdogan, son voisin du nord, plutôt que de prêter main forte aux Kurdes syriens.

Pour la clarté

Dans une situation relativement complexe à analyser, certains ont vite opéré des amalgames et des confusions. Comment peut-on demander aux impérialistes de ne pas être… impérialiste et de donner des armes aux Kurdes ou de bien vouloir rayer le PKK de liste noire des organisations terroristes. Il semble que la direction du NPA se soit emberlificotée dans ce type d’appel, si l’on en juge par la position officielle de ce parti. Ne voit-elle pas que face à l’E.I. Washington fait dans la dentelle en dosant les lâchers de bombes ? De même, les trotskystes que nous sommes n’amalgament pas l’Etat théocratique iranien et la révolution du peuple d’Iran de 1979 coiffée et cornaquée par les religieux, et nous ne saurions donc avoir la moindre complaisance avec les Ayatollahs qui, eux aussi, se liguent avec le « Grand Satan » contre les kurdes !

Oui il faut des armes pour les Kurdes mais le rôle de l’avant-garde n’est pas celui de courtier auprès des Etats-Unis et consorts ni de monsieur bons offices ! C’est au mouvement ouvrier et démocratique et à lui seul de venir en aide efficacement au peuple kurde lequel a le droit de se procurer les armes par tout moyen à sa convenance.

Bas les pattes devant le peuple syrien ! Droit inconditionnel du peuple kurde à se défendre ! Vive la résistance kurde et ses organisations !

A bas les barbares criminels d’E.I. et leurs sponsors des Emirats ! A bas Erdogan et son régime ! A bas Assad le boucher ! A bas l’impérialisme et ses alliés ! Troupes impérialistes hors du Moyen-Orient !

Mohand Kebaïli 17 octobre 2014

N.B. : à propos d’amalgames et de confusions, de quel droit et avec quels critères le gouvernement français peut-il mettre dans le même sac des fanatiques du Djihad et des jeunes issus de l’immigration qui s’engagent parce qu’ils sont indignés par l’attitude d’Assad et celle des gouvernements occidentaux ?


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