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La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
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Un chaos orchestré

Publié le lundi 28 janvier 2008
KenyaLe 30 décembre 2007, le verdict des élections présidentielles truquées au Kenya donne la victoire à Mwaï Kibaki, Président depuis 2002 et incarnation du favoritisme ethnique. En effet, il est Kikuyu, et a truffé tous les postes à responsabilité de membres de son ethnie qui, avec 22 % des Kenyans, forme le groupe le plus nombreux. Les Kikuyus avaient accédé au pouvoir lors de l'indépendance, puis l'avaient perdu. Ce sont eux qui avaient formé les troupes de la lutte contre le colonialisme britannique entre 1952 et 1956, les fameux Mau-MauLe fondateur de ce mouvement, Jomo Kenyatta, fut le premier Président du Kenya, de l'indépendance en 1961 jusqu'à sa mort en 1978.Lui succéda le plus corrompu des chefs d'État kenyans, Daniel Arap Moi, un Kalenjin (regroupement de 17 sous-ethnies), qui pilla sans vergogne les ressources de l'État et fut contraint au départ par la colère montante des masses kenyanes contre les trucages électoraux qui lui permettaient de se maintenir au pouvoir. Kibaki, l'actuel Président, n'a dû sa première élection, non truquée, qu'à l'appui des Luos, deuxième ethnie du pays, à qui il avait promis le poste de Premier ministre, qui aurait dû être en 2002 Raïla Odinga, actuel leader de la Coalition orange, principale force d'opposition parlementaire. Non seulement Kibaki ne tint pas sa promesse, mais il renforça la corruption déjà si florissante et pratiqua le népotisme le plus éhonté. l'argent que rapportaient la canne à sucre, le café, le coton et le thé, principales ressources agricoles du Kenya avec les cultures florales, atterrit dans les poches de la mafia kikuyu.

Un État jusque là épargné

Le Kenya est considéré, tout étant relatif, comme le plus prospère des États d'Afrique orientale. Épargné par les troubles qui ravagent la Somalie, le Soudan, le Nord de l'Ouganda et plus loin le Congo, il apparaissait comme un îlot rassurant pour les investisseurs occidentaux, qui y ont développé en particulier le tourisme, aussi bien version safari que version balnéaire. Mais le Kenya, comme le reste de l'Afrique, n'a jamais eu de bourgeoisie solide. LA caractéristique de ces bourgeoisies compradores (complices de l'impérialisme) est leur extrême débilité et leur lien de sujétion très marqué avec le pouvoir en place. Il y a identification entre le pouvoir politique ethnicisé et la fraction de la bourgeoisie correspondant à cette ethnie. Dès lors, les ingrédients des affrontements interethniques révèlent les luttes intestines de la bourgeoisie pour accéder au gâteau central.

Élections truquées

De même, les partis, dans beaucoup de pays d'Afrique dont le Kenya, ont une base ethnique, parfois régionaliste. La majorité des Kenyans vit dans la misère. Instrumentaliser les plus pauvres, telle est la seule perspective politique qu'est capable d'avancer la bourgeoisie kenyane. Détourner les coups qui devraient être portés contre les exploiteurs vers les frères de misère au motif qu'ils sont Luo, Kikuyu, Kalenjin ou Masaï, etc., c'est l'enfance de l'art pour les démagogues. Il est de notoriété publique que de nombreux députés, du parti gouvernemental comme de la Coalition orange, entretiennent des milices ethniques. Le résultat truqué des élections a servi de détonateur à une crise qui couvait depuis longtemps. Trop de Kenyans qui espéraient que la Coalition orange l'emporterait (ce qu'elle a de toute évidence fait si on retire les suffrages trafiqués, de l'aveu même du président de la commission électorale nationale) ont vu leur espoir disparaître comme par magie dans le chapeau de M. Kibaki. Ce n'est pas aux Kikuyus de payer la note, quelle que soit leur orientation politique, souvent favorable au " président ". Il y a 900 victimes depuis le 30 décembre, du moins officiellement. Les massacres à la machette se sont multipliés, rappelant fâcheusement le génocide des Tutsis au Rwanda, mais, si l'instrument du crime est le même, la situation politique n'a rien à voir.

Et maintenant ?

Une seule solution : chasser l'imposteur. La Coalition orange a été élue, même Bush a dû faire marche arrière dans ses félicitations à Kibaki. Unité du peuple kenyan contre les suppôts du colonialisme version XXIe siècle. Que la grève générale des dockers et des ouvriers de Mombasa, le plus grand port d'Afrique de l'Est, paralyse le bras des truqueurs et des néo-racistes ! À bas le népotisme, kikuyu aujourd'hui, luo peut-être demain.

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