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La rupture

Publié le dimanche 07 mai 2006
Italie : après les électionsAprès les élections générales des 9 et 10 avril, gagnées de peu par Romano Prodi, chef d'une coalition dont fait partie Refondation communiste (PRC), Le PRC regroupe en Italie une partie de l'ancien Parti Communiste Italien et d'autres organisations se réclamant du trotskysme. Projet Communiste, lié internationalement à l'organisation Politica Obrera d'Argentine, est l'un d'entre eux. Cette organisation, qui obtenait dans les élections internes au PRC 3 000 voix, s'est scindée en deux sur la question de la participation aux listes de Prodi. Les militants qui ont fondé le PC-ROL, dont six membres du Comité National du PRC et un des dirigeants de la Jeunesse Communiste, y étaient opposés, d'où leur rupture avec Politica Obrera. l'aile gauche de ce parti, Projet Communiste-Refonder l'Opposition des Travailleurs (PC-ROL), vient de rompre en s'engageant dans la voie de la construction d'un nouveau parti révolutionnaire de la classe ouvrière, lors d'une grande assemblée à Rome, le 22 avril. Entretien avec Valerio Torre, l'un des responsables nationaux de PC-ROL . La Commune : Pouvez-vous nous expliquer quelles sont les raisons de la rupture ?

Valerio Torre : Cela fait maintenant deux ans que les instances nationales de Projet Communiste sont le lieu d'une discussion très serrée sur le type de perspectives organisationnelles pour les marxistes révolutionnaires.

Ferrando et Grisolia [dirigeants historiques de Projet Communiste, NdlR] ont essayé de transformer le parti en une organisation laxiste, dans laquelle disparaissait la distinction entre militants et sympathisants, entre des positions politiques cohérentes et des positions opportunistes de toutes sortes. Leur objectif était de transformer Projet Communiste en une boutique dépourvue de réels contours politico-organisationnels, avec des instances nationales dirigeantes vidées de leur rôle et sans critères précis d'adhésion, ceci dans le but de s'assurer un pouvoir absolu et indiscutable. La grande majorité des responsables nationaux, des cadres, des militants les plus actifs et la quasi-totalité des jeunes se sont opposés à cette déviance des deux dirigeants.

Contre l'indépendance de classe

La candidature de Ferrando au Sénat a été la confirmation de toutes les raisons qui nous ont amenés à la rupture. Sa candidature est née et ensuite a été liquidée sous le signe de l'ambiguïté sur un point central : l'assurance de ce qu'il aurait voté la confiance au gouvernement Prodi comme condition à sa candidature. Dans chaque déclaration à la presse, il a toujours répondu de manière évasive, se retranchant derrière des formules ambiguës, sans lever les doutes sur sa volonté d'appliquer la discipline parlementaire en ce qui concerne le vote de confiance au gouvernement, une fois qu'il aurait été élu.

Ce qui est paradoxal et grotesque, c'est que, bien qu'il ait perdu sa place de candidat et se soit ainsi libéré de l'obligation de discipline, il a fait tout son possible pour avoir huit candidats parmi les siens sur les listes du PRC, en appelant à voter pour la coalition de l'" Union " et pour Prodi, en donnant des gages sur l'engagement militant de son groupe dans la campagne électorale. Qui plus est, il s'est opposé ouvertement à notre appel à ne donner aucun soutien, ni électoral, ni politique, au gouvernement de l'" Union " et à ne pas voter pour les listes du PRC.

L. C. : Quelle est l'orientation de Ferrando dans le PRC ?

V. T. : l'orientation de Ferrando est caractérisée par son désir d'être le leader charismatique d'une structure ultra-centralisée reposant sur une base acritique. À aucun moment l'activité politique de ses militants ne s'est déployée pour la construction du courant et d'un renforcement de ses cadres, elle a eu sa candidature comme objectif unique.

Centrisme réactionnaire

Le chemin qu'il emprunte aujourd'hui à l'occasion du débat sur le vote à l'intérieur de PRC est double : d'un côté, il cherche en vain à lancer une discussion sur les perspectives de Refondation Communiste après son entrée au gouvernement ; de l'autre il défend la position actuelle du PRC en prenant ses distances avec notre scission et revendique son appartenance au PRC contre toutes les interprétations journalistiques qui s'interrogent sur une possible rupture de sa part avec ce parti.

Toutefois, quelle que soit sa place, à l'intérieur ou en dehors de Refondation Communiste, notre caractérisation de son groupe ne change pas : indépendamment d'un repositionnement futur, il est et il restera un groupe de type centriste. Ceci en raison de la composition politique éclectique de sa base militante, dans laquelle se retrouvent tout et le contraire de tout, avec des positions totalement opposées sur les tâches à mener à bien dans les prochains mois, les perspectives tactiques et stratégiques et les organismes dirigeants.

Propos recueillis par Élie Cofinhal

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