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Grève de la faim des prisonniers palestiniens

Publié le vendredi 19 mai 2017

Marwan Barghouti a lancé une vaste grève de la faim des prisonniers palestiniens. Malgré les risques, leur mouvement est sans faille. Malgré les mensonges et manipulations du pouvoir sioniste, les grévistes et leurs familles accentuent la lutte. Ils étaient des milliers à commémorer le triste anniversaire de la Nakba 1 , début du calvaire du peuple palestinien.

Grève de la faim des prisonniers palestiniensMarwan Barghouti
(photo : Marco Longari/AFP/Getty Images)

La longue histoire de prisonniers palestiniens en grève de la faim, collective ou individuelle, est révélatrice de l’absence de garanties d’avoir un procès juste au sein du système des tribunaux militaires et civils de l’occupation sioniste et en conséquence de leur manque de confiance dans toute procédure judiciaire.

Une nouvelle grève de la faim massive

Les prisonniers palestiniens et ceux qui sont en détention administrative ont eu recours à des grèves de la faim dès 1968, en signe de protestation légitime et pacifique contre la politique de détention et contre les conditions cruelles de l’emprisonnement (usage du cachot, refus des visites de la famille, soins médicaux inadéquats, torture et autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants..)

Les revendications des grévistes de la faim sont d’ordre purement démocratique : ils demandent la fin du refus des visites familiales, le droit de poursuivre des études supérieures, de disposer de soins et traitements médicaux appropriés, la fin de l’isolement cellulaire et de la détention administrative - emprisonnement sans inculpation ni procès, et sans limite de temps - parmi d’autres revendications pour les droits fondamentaux.

La grève de tous les risques

Les participants de cette action, qui comprend actuellement quelque 1500 prisonniers palestiniens, ont refusé de manger et de prendre des vitamines depuis le début de la grève le 17 avril, ne consommant qu’un mélange de sel et d’eau comme moyen de subsistance. Tous ces militants ne sont pas sans connaître les risques d’une telle grève.

Aux grèves de la faim sont associés des risques pour la santé, tels que graves pertes de poids, faiblesse, de la fatigue, perte de sommeil, perte auditive, cécité, crises cardiaques, faiblesses rénales et d’autres organes.

Le dirigeant de la grève, Marwan Barghouti, a arrêté de boire de l’eau en réponse au refus persistant d’Israël de répondre aux revendications des grévistes de la faim. Une déclaration publiée par le « comité des médias » mis en place pour appuyer la grève a averti que les détenus grévistes sont « dans un état de santé critique » mais que « malgré cela, les grévistes ont envoyé de nombreux messages confirmant qu’ils continueront la grève jusqu’à ce que leurs demandes soient satisfaites ».

La répression sioniste continue

Tous les prisonniers participant à la grève ont été transférés depuis plusieurs dizaines de prisons israéliennes et concentrés dans les prisons de Beersheba, de Shatta et de Ramallah, respectivement au Sud, Nord et centre de l’État sioniste. Ces prisons ont toutes des hôpitaux de fortune installés et mis en place au début de la grève. Cette initiative a soulevé l’inquiétude que les grévistes, qui subissent de graves détériorations de leur santé, soient soumis en masse à l’alimentation forcée – en violation des normes internationales de l’éthique médicale et du droit international qui considèrent cette pratique comme inhumaine et même comme forme de torture. « Gavage forcé » qui a entraîné la mort de nombre de grévistes de la faim dans le monde et en Israël même. Dans le même temps, la manifestation de l’anniversaire de la Nakba à Ramallah a été sauvagement agressée par l’armée sioniste : onze Palestiniens blessés par des tirs de balles en caoutchouc.

Les sales manœuvres du pouvoir sioniste

Afin de discréditer le mouvement lancé par Marwan Barghouti, le régime d’apartheid met tout en place pour casser la grève de la faim. Depuis qu’il a lancé le mois dernier cette grève de la faim massive, les autorités israéliennes ont cherché à faire croire que le mouvement ne serait qu’une manœuvre politique de Marwan pour asseoir sa popularité.

Le ministre de la Sécurité Publique, Gilad Erdan, qui a appuyé la légalisation de l’alimentation forcée en 2015, a dit de Barghouti qu’il était « un meurtrier et un hypocrite ». « La grève de la faim des prisonniers palestiniens n’a rien à voir avec leurs conditions carcérales et tout à voir avec l’intérêt politique de Marwan Barghouti ». Comme tous les régimes dictatoriaux, Israël nie toutes responsabilités dans sa négation des droits démocratiques des prisonniers et de la population palestinienne.

Face au silence, la solidarité internationale se développe pour soutenir les prisonniers et leurs familles dans leur juste lutte. En France, la CGT a pris la défense des prisonniers 2 .


Francis Charpentier,
18 mai 2017


1. Nakba : De l’arabe yawm al-nakba (« le jour de la catastrophe »), désigne l’expulsion des Palestiniens, en 1948, de leurs villes et villages. La Nakba a eu lieu le 15 mai 1948.
2. http://www.cgt.fr/La-CGT-solidaire-des-prisonniers.html


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